Publié par : renebenedetto | 1 août 2017

Les clovisses sont de retour dans l’étang. C’est le moment d’aller aux palourdes !

Les clovisses d’hier et les palourdes d’aujourd’hui.
J’ai connu l’étang de Berre avant 1966. Un étang d’une richesse exceptionnelle. Une richesse comme celle que les gens de l’étang de Thau ont su préserver, contre les agressions de l’industrie. Parmi les espèces marines qui vivaient dans notre étang, avant la mise en service de la centrale EDF de Saint- Chamas qui lui fut fatale, avant 1966, on trouvait des coquillages qu’on appelait « clovisses ».
Tout le monde sait que , aujourd’hui, on trouve dans l’étang, des coquillages enfouis dans le sable, siphonnant l’eau et filtrant le plancton dont ils se nourrissent. Comme les « clovisses d’antan. Mais on les appelle « palourdes »…Nouvelle espèce ou variété ? Non.
Le Larousse dit ; « Clovisse (n f du provençal « clauvisso » de « claus » qui se ferme). Mollusque bivalve comestible, aussi appelé « palourde ». Clovisse ou palourde c’est égal. Simple changement de nom. Me voilà rassuré. (Tant qu’on ne l’appelle pas « clam » ou autre barbarisme anglo-saxon…).

photo palourdes

Témoins précieux de l’efficacité de l’action associative indépendante.
Les clovisses sont donc de retour, dans cet étang d’où elles avaient totalement disparu. C’est le résultat de l’action des associations indépendantes – Coordination des Pêcheurs, L’Étang Nouveau – qui ont imposé une réduction des rejets EDF à un niveau qui s’avère donc compatible avec la reprise de la vie marine de l’étang, « clovisses » à l’appui. Témoins précieux.
Tout le monde constate cette renaissance et s’en réjouit. Sauf les élus. Ils persistent à dire que les réductions de rejets « n’ont servi strictement à rien ». Il est vrai qu’ils n’ont rien à voir avec cette évolution très positive, et refusent d’admettre l’évidence de l’efficacité de l’action associative.

L’exploitation des richesses de l’étang de Berre doit permettre leur pérennité, au profit de tous.
Les conditions de retour des palourdes dans l’étang sont particulièrement favorables : la production est très importante. Si importante qu’elle attise les convoitises d’individus sans scrupules, prêts à épuiser le gisement de palourdes, comme leurs semblables ont épuisé le gisement des anguilles dans les années 1970. Il ne faudrait pas que le laxisme des pouvoirs publics pour l’anguille, se reproduise aujourd’hui pour les clovisses, jusqu’à l’épuisement de la ressource.
L’exploitation par les professionnels sera bientôt ouverte. Pour le moment, du côté des pouvoirs publics, rien n’indique une volonté ferme, et les moyens, d’imposer une exploitation durable des palourdes de l’étang. Leur longue tolérance du dragage des moules dans le canal de Caronte, une catastrophe pour les fonds, fait craindre le pire. Quant aux moyens ils sont sans cesse réduits : Martigues avait un service des Affaires Maritimes ; il a fermé.
La vigilance citoyenne s’impose.

Si, lors d’une sortie au bord de l’étang , vous voyez un individu lourdement chargé de palourdes, vous lui montrez bien qu’il est repéré. En rentrant, vous faites un signalement au maire de votre commune. On n’est pas une « balance » quand on défend le bien commun.

*

Les clovisses sont de retour dans l’étang. C’est le moment d’aller aux palourdes.
S’ils ne l’ont pas encore fait pour les « « professionnels », les pouvoirs publics ont fixé les conditions de prélèvement pour les particuliers. Chacun peut ramasser 2 kg de clovisses par jour, la maille étant de 30 mm sur le grand axe des coquillages. Allez aux palourdes et restez dans ces quotas.

Préparatifs. Pour cette récolte prévoyez : un gant pour prélever la palourde dans le sable ; un filet-bourriche pour les stocker ; un bidon de 10 à 15 L pour l’eau de mer, que vous emporterez récolte faite. Les contrôles de la qualité des coquillages de l’étang garantissent qu’ils sont comestibles.

En action. Sur un fond sableux, dans 50 cm d’eau, et jusqu’à 2 m si vous plongez en apnée, vous repérez deux trous formés par les siphons de la clovisse filtrant l’eau nourricière. Vous plongez la main dans le sable. Avec un peu de pratique – vitesse et précision du coup de main – vous sortez la bête aux siphons. Fermée. Vous estimez sa taille : la maille ou pas ? Et jusqu’au quota.

A la maison. Vous rincez les palourdes au robinet. Vous les mettez dans une bassine avec l’eau de mer prélevée.
Mettez une bouteille d’eau congelée pour éviter que la température du bain ne monte. Garantie de survie des coquillages. Au calme, les palourdes ne vont pas tarder à reprendre leur activité. Vous verrez alors leurs siphons. Avec l’eau claire qu’ils filtrent, ils évacuent les quelques grains de sable qu’ils ont pu ingérer dans leur milieu. Les palourdes dégorgent et vous n’aurez pas ces grains de sable si désagréables quand vous les mangerez. Rejetez l’eau de bain des palourdes à l’étang.

Au fourneau. Voici comment cuisiner des pâtes aux palourdes.
Faites ouvrir vos coquillages 2 kg. Séparez chair et coquilles pour les 3/4 ; gardez le reste avec coquille. Réservez l’eau rendue.
Faites revenir ail et persil hachés dans de l’huile d’olive. Versez les coquillages. Ajoutez 10 cl de vin blanc. Laissez réduire 2 minutes. Versez 10 cl de crème fraîche en mélangeant.
Faites cuire les pâtes à part, (spaghetti conseillés) dans l’eau de cuisson des palourdes et le complément nécessaire.
Quand les pâtes sont cuites, mélangez avec les palourdes préparées.
Consommez avec un vin blanc sec très frais.

Signé Clovis RB.

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Responses

  1. Le retour de la palourde, la professionnalisation de cette pèche, les quotas, le braconnage….. l’histoire est déjà connue d’avance !
    ça va se passer exactement comme à Port Saint Louis du Rhône, dans la anse de Carteau et la Gracieuse.

    – Ils vont donner l’autorisation aux pêcheurs professionnels de revendre de la palourdes, mais jamais eux ne se mettront à l’eau pour les ramasser ! Non c’est pas assez rentable à la main. Et puis l’étang n’est pas tous les jours à 26 degrés.

    Alors comment faire ?

    – Ils vont utiliser « des suceuses » faites maison, avec de grosse pompe fonctionnant au carburant.
    Ces manœuvres vont se faire du bateau ou en plongée, le but étant d’en faire plusieurs centaines de kilos car on ne se mouille pas pour 10 kilos……

    – il va se mettre en place un réseau de « Cloveurs » c’est le nom donné à ceux de Port Saint Louis quand il y avait encore de quoi ramasser. Ca confirme bien ce que dit votre article, que la Clovisse est bien la palourde, car celui qui la ramasse s’appelle le Cloveurs !
    Maintenant on peut parler de palourde et de Braco.

    Qui sont ces braco et comment opèrent t’ils ?

    Ce sont bien souvent des jeunes qu’ils veulent se faire 4 sous entre 2 missions d’intérim ou pour se payer la bouteille en boite.
    Il y a aussi le chômeur qui n’en à pas assez avec les Aides de retour à l’emploi.
    Dans les années 80 sur PSL il y avait les familles entières d’Asiatique (réfugiés politiques) qui ont également faits beaucoup de mal. Peut être sont ils encore à l’affut ? Je ne pense pas, car ils ont pour la plupart vite trouvés une stabilité à force de travail.

    Equipé d’un grand tuba rallongé avec un tube soit iro ou au mieux transparent (la loi dit 35 cm) vous ne le verrez quasiment pas, car ils sont plombés à outrance pour bien rester au fond, avec ou sans palmes. Ils vont ramasser 30, 40 kg voire plus…. Comme ils le savent très bien  » pas vu, pas pris » !

    S’ils entendent un bateau, ils sortent la tête pour regarder. Au cas ou ce serait les gendarmes maritimes, ils vident vite leur gros filet ou le coupent. Quelques coups de pied ou de palmes dans le tas de palourdes et hop le tour est joué.

    Pour la sortie de l’eau, le filet reste dans l’eau proche du bord, le braco sort de l’eau les mains vides, promène le long de la plage, fume une clope, enlève son haut de combi, va poser ses plombs à la voiture etc…. bref manœuvre de diversion pour surtout regarder que les maritimes ne soient pas cachés derrière une voiture, un buisson, un mur etc…

    C’est bon la voie est libre vite il charge dans la voiture ou il reviendra plus tard.

    Ensuite direction soit chez le mareyeur qu’il connaît un peu qui lui reprendra dans les 4 € le kilo ou direction chez le professionnel (qui n’est toujours pas mouillé et à qui ont à donné l’autorisation de vente) lui déposer le filet soit dans son camion, bateau ou au fond de l’impasse. Un petit texto et la boucle est bouclée. Les palourdes sont dans des mains de pro et elles sont devenues légales !!!(ben oui M. Le Gendarme, regardez ma combinaison est encore mouillée au fond du camion)

    voilà comment va se vider l’étang…. comme s’est vidé Carteau !

    Je me permets donc de reprendre une partie de votre article « vous faites un signalement au maire « .
    Non, si vous apercevez ce manège vous appelez directement les affaires maritimes de Martigues au 04 42 05 05 85 qui en journée vous répondront ou vous basculera sur les portables d’astreinte s’ils sont en patrouille, de jour comme de nuit.
    S’ils ne sont pas dispo, il reste également les autorités locales comme la gendarmerie ou les municipales, qui eux ne pourront pas verbaliser ce délit maritime, mais pourront dresser un constat des faits.

    En attendant profitez bien de ramasser vos 2 kilos pour faire des spaghettis car dans quelques années elles vous laisseront un gout de sable…

    Un utilisateur de l’étang.

  2. Juste un petit correctif pour le dernier article paru.
    Et non les clovisses ne sont pas de retour et la pullulation actuelle n’est pas un nouveau signe de restauration naturelle. C’est une nouvelle fois pour l’étang une invasion biologique (signe d’un écosystème très vulnérable à ce type de phénomène). L’espèce en question est la palourde japonaise Ruditapes philippinarum (Adams & Reeve, 1850).
    Ceci dit elle est très bonne.


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