Publié par : pascal bazile | 19 juillet 2017

La réjouissante tache de zostères marines de l’étang de Berre

Si les lecteurs de ce blog savent que les zostères naines recolonisent vite l’étang de Berre (voir par ex ici), il n’en est pas encore de même des zostères marines, l’autre espèce moins tolérante aux changements de conditions physiques.

Les zostères marines étaient fréquentes dans les herbiers de plusieurs milliers d’hectares qui ceinturaient presque totalement l’étang jusqu’à la mise en service de la centrale de Saint-Chamas en 1966. Dès 1972 on n’en trouvait plus (voir par ex cette vidéo tirée du colloque Lagun’r de 2011)

En 2009, le GIPREB a tenté des transplantations de zostères naines et marines, sur 6 stations réparties autour de l’étang. Cette expérience est relatée dans ce mémoire d’un étudiant en stage au GIPREB à cette époque.

Cette expérience a été plutôt présentée comme un échec, et le mémoire de l’étudiant précédemment cité se termine comme tant de rapport du GIPREB, par se lamenter de la situation et estimer nécessaire la réouverture du tunnel du Rove ou la dérivation.

Pourtant, outre que des taches de zostères naines actuelles nous semblent issues des plantations du GIPREB (anse de St Chamas, nord de Figuerolles…), une (au moins) des boutures de zostères marines a survécu et s’est développée.

En ce mois de juillet 2017, soit 8 ans après la plantation, la tache fait environ 3m x 4m, ce qui peut être considéré comme très encourageant.

Nous vous en proposons ci-dessous une vidéo et quelques photos…
Nous pouvons indiquer la localisation de cet herbier sur demande (nous pouvons dire qu’elle fait partie des herbiers « de l’embouchure de l’Arc), mais nous ne le publions pas pour le laisser tranquille.
Merci à la personne qui nous l’a indiquée.

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Au premier plan de la photo ci-dessus on voit les zostères marines, elles jouxtent des zostères naines (la séparation est visible sur la photo). Les autres taches au loin sont constituées de zostères naines

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Ci-dessus la main donne l’échelle de la largeur des feuilles (plus larges que celles des zostères naines).

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Plusieurs fois comme au centre de la photo ci-dessus, nous avons cru deviner des fleurs, mais cela demandera la confirmation de spécialistes…

Le GIPREB a t’il oublié cette tache?

Nous ne pouvons y croire. Cependant il n’en parle presque jamais. Même le plus récent rapport écologique, particulièrement gros (260 pages) car commun à EDF et destiné à son Conseil scientifique pour que ce dernier détermine si l’étang de Berre avait une chance d’atteindre le « bon état écologique » sur les bases actuelles avant 2027 règle l’affaire en une phrase : » l’unique transplant de Z. marina ayant survécu sur ce même site en 2013 voit sa taille diminuer (50cm) » (p83) ce qui est difficile à comprendre quand on sait l’importance des herbiers de magnoliophytes  comme critère. Ne sont ils pas retournés voir cette taches depuis 2013 ? Elle est pourtant située près de chez eux!! (A noter que, si on croit leur chiffre de 2013, la tache est passée de 0,25m2 à 12m2 en 4 ans, pas mal!!!

Nous accusons parfois le GIPREB d’être exagérément pessimiste dans ses présentations de la situation écologique actuelle pour justifier son éternel projet de dérivation des eaux EDF (qui doit tant faire rêver BTP et quelques élus amateurs de prestige…), ce cas ne va pas nous en dissuader…

Conclusion:

Notre association pense qu’il serait opportun de retenter une expérience de transplantation. Ce qui a réussi en 2009 (même avec une grosse mortalité) ne peut que mieux se passer en 2017, quand on voit le développement actuel des zostères naines.

Publié par : pascal bazile | 17 juillet 2017

LVDE va guider le « Fermes d’Avenir Tour » autour de Miramas

nota: Cet article est commun au blog des Vélos des Etangs (LVDE) et à celui de L’Étang Nouveau (L’EN), les 2 associations dans lesquelles le rédacteur de cet article est impliqué.logoFAT

Le Ferme d’Avenir Tour (FAT) est un tour de France cycliste qui permet aux participants de visiter des exploitations agricoles qui se sont lancées dans l’agroécologie ou des entreprises locales impliquées dans l’écologie en général. Il ressemble à l’Altertour à la première édition duquel quelques membres de L’EN avait participé en 2008 et que L’EN avait accueilli en 2011 au domaine de Sulauze.

Les différences (avec les premiers Altertours en tous cas) c’est que

  • les participants restent 3 jours à rayonner à partir d’un endroit, avant de partir au suivant.
  • Il est plus long, puisqu’il dure 3 mois (il a commencé mi-juin à Metz et finira mi septembre à Tour). Vous pouvez voir le programme directement sur cette page.
  • le soir il y a parfois des concerts (mais aussi des conférences sérieuses!)

LVDE va guider le FAT les mardi, mercredi et jeudi 18, 19 et 20 juillet 2017. Le camp de base est situé au château de Cabasse à Miramas.

jour

Visites et parcours

Accompagnateurs
LVDE

18 juillet Phytorem (épuration de l’eau ou du sol par bambous – Miramas)

Moulin de St Joseph (Grans)

Carole Faudon (élevage caprin – Eyguières)

parcours : openrunner n°7627048

Pascal Bazile
Bruno Guiraud

Isabelle Delvart
(APROVEL)

19 juillet la Source de Garouvin (permaculture – Miramas)

Bioval (maraîchage – Entressen)

Remy Tronc (maraîchage en agroforesterie – Eyguières)

parcours : openrunner n°7631079

Raymond Rosello

Raymond Chanelière

Bruno Guiraud

20 juillet Christophe Taton (vignes et oliviers – Lançon)

La Grange du Clos Ambroise (éco-lieu artistique – Miramas)

parcours : openrunner n°7630397

Jean-Luc Hanrard

Raymond Rosello

Bruno Guiraud

Jusqu’au dernier moment il semble possible de s’inscrire pour une visite ou participer aux événements du soir. On peut s’inscrire ici (mais ce n’est pas obligatoire).

A noter que le mardi soir, il y aura un concert de Caravan Namasté, un groupe local qui s’est bien battu contre la digue de Cheval Blanc et l’urbanisation et l’artificialisation du quartier de la Voguette à Cavaillon (voir cet article).
Quand on n’aura plus de terres arables, ce sera plus dur de faire de l’agroécologie…

Publié par : pascal bazile | 16 juillet 2017

Le survey des zostères par drone

Notre association s’intéresse depuis quelques années au retour des zostères dans l’étang de Berre. L’identification se fait en plongeant, mais la plongée ne permet pas d’estimer l’accroissement éventuel.
Pour cela, l’utilisation de drone nous paraissait une bonne idée, d’où la campagne objet du présent document. Cet essai est très concluant, l’utilisation de drone n’est pas autorisée sur une large partie de l’étang, ce qui pourra limiter l’utilisation de cet outil à quelques herbiers… à moins d’autorisation spécifique ?

Les herbiers de zostères intéressants selon notre association :

carte des herbiers

nom

Taille estimée et remarques

A Bassin de délimonage EDF Plusieurs hectares, mais accroissement futur peut-être limité par des contraintes hydrodynamiques fortes
B Anse de St Chamas / Petite Camargue Une quinzaine de taches dont la plus grande (100m2) est supposée issue des transplantations de 2009
C Ranquet Une vingtaine de tache à partir de 3 taches découvertes en 2012 à l’extrémité nord, progression vers le sud depuis, et vers le nord tout récemment
D Figuerolles Une trentaine de taches découvertes en 2016, et supposée très récentes pour la plupart. Progression estimée très rapide
E Vitrolles-Marettes Plusieurs hectares, long herbier découvert en 2012 au nord de la plage des Marettes et qui s’étend rapidement au nord au sud et en profondeur (4m par endroits)
F Pointe de Berre Grand herbier suivi par le GIPREB
G Salins de Berre Grand herbier suivi par le GIPREB, progression supposée importante
H Beaurivage Une quinzaine de taches découvertes en 2015

Les zones autorisées pour le vol de drones :
L’image ci-dessous est extraite du site Géoportail. Nous avons rajouté sur l’image les lettres correspondant à nos herbiers.

zone autorisée survol avec herbiers

Les couleurs indiquent les hauteurs maximales pour le vol :

hauteurs autorisees vol drone
On constate que

  • les herbiers C, G et F sont interdits de survol
  • les herbiers E et H ne peuvent être survolés que jusqu’à une hauteur de 30m, sans doute un peu juste pour suivre les grands herbiers
  • les herbiers A, B et D peuvent être survolés à une hauteur de 60m

Pour notre première campagne, limitée dans le temps, nous avons choisi de suivre les herbiers :

  • A – bassin de délimonage de la centrale EDF de St Chamas
  • D – plage de Figuerolles (St-Mitre-les-Remparts et Martigues)

Ce choix nous permettait plus de jeu en hauteur, et des conditions de transparence de l’eau souvent très différentes entre sud et nord de l’étang.

Résultats de la campagne :
Plage de Figuerolles (zone D)
Nous y sommes allés le 9 juillet vers 18h00.
Photo1 : les taches du sud de la plage

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Photo 2 : les taches du centre

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Photo 3  : les taches de la « plage des naturistes » (le nord de la grande plage)

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Conclusion sur cette zone : les taches sont nombreuses. Celles du sud ont clairement grandi depuis l’an dernier, mais on en saura plus l’an prochain quand on refera une campagne !

Bassin de délimonage de la centrale EDF (zone A)
Nous y sommes allés le 9 juillet vers 12h00 (il avait un peu plu le matin) et le 10 juillet vers 9h00.
Photo 4 : une vue globale prise au dessus de la centrale

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Photo 5 : une autre vue globale

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Photo 6 : une vue plus rapprochée du centre de l’herbier

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Photo 7 : une autre

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Photo 8 : une photo des taches de la partie ouest

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Photo 9 : seconde photo de l’herbier de l’ouest

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Conclusion sur cette zone : l’herbier est toujours grand mais il est difficile de savoir s’il s’accroît, on en saura plus à la prochaine campagne. L’eau est clairement plus opaque qu’au sud, mais malgré la (petite) pluie de la veille, on voyait quand même bien les herbiers. Ces herbiers ne sont plus en taches rondes, mais plutôt fractales et sont clairement plus anciens que les taches rondes (Figuerolles).

Aparté : le panache de l’épi
Les photos du matin du 9 juillet ont fait apparaître un panache d’eau boueuse qui semble sortir de l’épi. On peut suspecter un rejet non conforme de la STEP de St Chamas, ou des eaux pluviales (mais il ne pleuvait pas si fort que ça…)

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Conclusion :
Pour suivre le développement des herbiers de zostères, un drone est un outil très intéressant, peut-être aussi pour découvrir ou suivre d’autres phénomènes (les rejets « sauvages », l’hydrodynamisme de l’étang en général…).
Il faudrait savoir si des autorisations exceptionnelles peuvent être délivrées pour les zones interdites de survol en général ou très limitées en hauteur (30m).

Le sauvetage de la plage de Martigues-Ferrières du comblement (!) est une victoire que notre association a remportée largement seule et dont nous pouvons être fiers.

Une telle victoire mérite d’être fêtée, avec tous ceux qui le souhaitent… pour peu qu’ils soient au courant!
Nous avions proposé de fêter cette victoire le 24 juin dernier (voir l’ article écrit à cette occasion, plus complet que le présent article et qui relate en gros toute l’histoire du combat) mais un problème de communication a empêché beaucoup de militants d’être informés. Ça nous a laissé sur notre fin et nous renouvelons donc l’action festive en question.

Il s’agit

  • de se réjouir ensemble pour ceux qui ont participé au combat… et tous ceux qui veulent nous rencontrer à cette occasion
  • militer un peu sur la plage par distribution du tract la plage retrouvée été 2017 – Copie (ce qu’on n’avait pas le 24 juin…) qui rappelle la difficulté et la longueur de beaucoup de combats écologiques. En l’occurrence entre l’annonce du projet de comblement de la plage de Ferrières par la mairie en 1992 et sa réouverture à la baignade en 2017, il s’est écoulé… 25 ans !

Pour finir, nous vous proposons une carte tirée d’un document EDF de 1960. Il est évident que le trait de côte a beaucoup évolué et que Martigues a beaucoup comblé son littoral pour s’agrandir. L’épisode de la plage de Ferrières a simplement montré que cette époque était terminée…

 

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google earth comparaison martigues 1960- 2017 reduit

 

 

 

Publié par : pascal bazile | 11 juillet 2017

Retour sur l’action « Grand Saut Durance » 2017

Le millésime 2017 de notre action sur la Durance désormais nommée « Grand Saut pour une Durance Vivante » a été plutôt un succès:

  • la mobilisation, décevante au vue de nos efforts, a été malgré tout plus forte que les 2 dernières années, nous avons notamment apprécié la venue des militants de DDARD (Développement Durable Alpilles Rhône Durance) association locale
  • nos relations avec la préfecture se sont arrangées : au prix d’un engagement à ne pas encourager la baignade, notre manifestation n’a pas été interdite et nous n’avons pas eu les gendarmes (nous progressons!)
  • le stand, finalement placé près de la route, était bien visible depuis la route, il a vu passer quelques riverains dont un a adhéré. La piscine vide symbole de la Durance interdite de baignade a interpellé comme prévu.
    Nota : Évidemment cette partie de la Durance est tout autant fréquentée par les (jeunes) baigneurs locaux qui se moquent bien des augmentations de débits, comme en témoigne la photo en fin d’article (photo prise une 1/2 h après le rassemblement, au moment de la prise d’échantillon d’eau pour analyse bactériologique) …
  • la visite ethno-naturaliste avec Claude Siméon de Flore et Vie (merci à lui!!) a été suivie par une quinzaine de personnes, qu’elle a emmenées du stand jusqu’au seuil de Callet où a eu lieu à midi le rassemblement avec photo.
  • pour la première fois un journaliste est venu (France Bleu Vaucluse), cette radio semble considérer la Durance comme un sujet à traiter en profondeur et sur la Durée, ce qui fait plaisir. Cet article a été publié sur leur site Internet.

baigneurs au seuil de Callet (sans lien avec notre action)

Une discussion a porté sur la pertinence de la date de début juillet pour cette action, la chaleur locale faisant peur à de nombreux militants, et les vacances en démobilisant d’autres.
Une idée a été de la déplacer lors de la Journée du Patrimoine (mi-septembre), pourquoi pas ?…

Nous indiquerons ici les résultats de l’analyse bactériologique en cours.

Rajout du 24 juin 10h30 : suite à appel désespéré (!) de martégaux qui avaient diffusé l’information, nous maintenons (!) le rassemblement. On sera le nombre qu’on sera mais ce sera sympathique de toutes façons!

Rajout du 23 juin : l’association est manifestement plus douée pour les actions pendant les problèmes que après ou pour les réjouissances! Notre invitation a eu peu de retour et nous annulons donc le rassemblement (nous espérons que vous aurez cette info à temps). On a gagné. C’est bien. Et on passe à autre chose…

panoramique

En 2008, notre association a sauvé la plage de Martigues-Ferrières du comblement par une action juridique et des « pique-niques- baignades » hebdomadaires sur le site.

L’article de journal ci-dessous rappellera quelques souvenirs aux militants de l’époque:

article 2008 hautarticle 2008 bas

Après 9 ans (!) de tergiversations diverses (voir nos nombreux articles sur le sujet), cette plage a été officiellement ouverte à la baignade il y a quelques jours. 2 guinguettes ont même été ouvertes qui rendent le lieu particulièrement convivial (voir cet article de maritima.info). Elle n’apparaît pas encore dans la page du site du GIPREB de la qualité des eaux de baignade des plages, mais ça ne devrait pas tarder

Pour fêter cette victoire qui prouve que la mobilisation paye plus souvent qu’on ne croit (citons notre victoire l’an dernier contre le Ball-Trap de Cabannes… qu’on n’a même pas fêtée!!), nous invitons nos militants et sympathisants, ceux qui ont connu ce combat et les autres, à un dernier

Pique-nique (tiré du sac) + baignade
samedi 24 juin (2017), midi

Ci-dessous une autre photo de 2008. C’était un « combat » plutôt agréable!!

baignade 31 aout 6

 

 

Rappel, pour les détails pratique de l’édition 2017 : Big Jump Durance 2017 rev 2

Rajout du 5 juillet : les 3 documents suivants émis par le Collectif L’eau Vive pour une Durance Vivante (avec notamment la composition du collectif) liés à la manifestation:

Comme chaque année depuis 2013, nous vous invitons à un rassemblement pour demander que la Durance respecte la Directive Cadre sur l’Eau.

Comme chaque année cette action, qui entre dans le cadre de l’action européenne « Big Jump », aura lieu le second dimanche de juillet , c’est à dire le dimanche 9 juillet

Cette année, nous avons décidé de faire ce rassemblement près de la confluence, juste au sud d’Avignon, et notamment près du seuil de Callet, seuil de 4,5m qui bloque toute remontée de poisson migrateur.

Pour rendre cette matinée intéressante et conviviale, nous proposons aux participants le programme suivant:

  • un stand pour nous retrouver, informer le public et les média éventuels, sera installé légèrement en aval du pont de Rognonas, en rive droite, de 9h à 12h (les voitures n’y ont pas accès)
  • le rassemblement principal (photos…) sera fait à 10h près du seuil de Callet, à 1km en amont du stand (attention, parking difficile)
  • entre 10h30 et 12h une sortie naturaliste sera assurée par Claude Siméon, de l’association Flore et Vie
  • entre 10h30 et 12h les cyclistes (amenez vos vélos!) pourront faire une balade à vélo en rive droite jusqu’au pont de la RN7 ou vers la confluence. Cette balade quasiment sans voiture (sauf le 1er km, cas vers la RN7) permet notamment de voir différents seuils posant problème.
  • à 11h30 au stand, une conférence de presse sera tenue par le collectif L’Eau Vive / pour une Durance plus sûre et plus vivante

Toutes ces informations (et bien d’autres!!) sont détaillées dans les documents ci-après:

Soyons nombreux pour motiver les pouvoirs publics à sauver la Durance !!!

Amenez votre repas (tiré du sac) et un vélo si vous souhaitez faire la balade cycliste

Nota: Un Big Jump SANS Baignade

Comme indiqué dans le doc pdf « Big Jump Durance (général) », en aval du déversoir de Mallemort, la Durance actuelle est particulièrement dangereuse car le débit peut très rapidement varier de quelques 10 m3/s à 260 m3/s.
Callet se trouvant en aval de Mallemort, le Big Jump Durance 2017 n’inclut aucune
baignade.
Toute baignade d’un participant de notre Big Jump sera considérée comme sauvage et
faite sous la seule responsabilité du baigneur. Elle n’est pas encouragée.
Publié par : pascal bazile | 17 juin 2017

La Bléone et la dynamique sédimentaire des rivières

Cet article, un peu général sur les problèmes que posent les seuils des rivières, est écrit

  • en prélude à l’article à venir sur notre « Grand Saut pour une Durance Vivante » 2017 (notre action dans le cadre de l’opération internationale « Big Jump ») qui se passera le 9 juillet prochain près de seuils importants de la Durance,
  • du fait d’un cas concret : des travaux d’abaissement/arasement de seuils sur la Bléone sont actuellement en cours d’enquête publique.

Une occasion pour parler un peu de la Bléone, avant d’élargir.

La Bléone

La Bléone est un affluent de la Durance en rive gauche. Elle traverse la ville de Digne et se jette dans la Durance juste entre Château-Arnoux-Saint-Auban et Les Mées.
Depuis plusieurs années, la qualité de l’eau de cette rivière s’améliore et l’apron du Rhône (petit poisson endémique du bassin du Rhône et considéré comme bon indicateur de qualité des eaux) est en phase de recolonisation à partir des parties hautes de la rivière (source AAPPMA Bléone).
La continuité écologique avec la Durance est cependant quasi annulée par le barrage de Malijai. Ce barrage a pour fonction de détourner les eaux de la Bléone vers le canal EDF. Il a été logiquement construit à la côte du canal EDF local. Le lit aval de la Bléone passe sous le canal EDF.

barrage malijai ensemble reduit annoté

Le barrage de Malijai constitue une discontinuité majeure, à la fois pour les limons qui descendent mal (mais les sédiments « voyagent » surtout lors des crues, et le barrage est alors ouvert en général), mais surtout pour les poissons qui ont du mal à le remonter. Le tronçon local de la Durance possède des truites fario sauvages (repérées régulièrement lors des pêches électriques de suivi de la contamination au mercure de cette partie de la Durance – source AAPPMA Bléone) qui ne remontent pas en Bléone alors que ce serait logique… L’intérêt de détourner cette eau (quelques m³/s…) pour la turbiner au prix d’une telle discontinuité est régulièrement discuté car ce détournement pourrait valoir à la France une condamnation au titre de la DCE.

Mais la Bléone possède bien d’autres seuils, plus petits mais ayant également un impact écologique. C’est le cas à Digne où 4 seuils font actuellement l’objet d’un projet d’arasement ou d’abaissement, ce qui est une bonne nouvelle.

Le projet d’arasement ou d’abaissement de 4 seuils à Digne

Ce projet est actuellement en phase d’enquête publique (voir ici sur le site de la préfecture). Nous en avons tiré le « résumé non technique » : SMAB -Travaux seuils – Pièce 1 – Resume

Il concerne 4 seuils, dont 2 seraient arasés, et 2 abaissés.

 image ci-dessus  : carte extraite du résumé de l’enquête publique

Ces seuils ont été construits suite à des extractions de granulats entre 1970 et 2000. Le lit du fleuve a été peu à peu abaissé et les conséquences imprévues ont été nombreuses: le grand pont de Digne s’est affaissé, les prises d’eau des agriculteurs se sont trouvées parfois à 1m 80 au dessus du lit, de nombreux adoux ont disparu et le collecteur principal d’égout enfoui à sa construction sous le lit de la rivière a été mis au jour et emporté par une crue, les digues en enrochement se sont trouvés déchaussées au dessus du lit (source AAPPMA Bléone). Pour protéger les ouvrages on a alors mis en place des seuils transversaux et là d’autres problèmes sont apparus (voir chapitre suivant), d’autant que des extractions de gravier ont parfois été autorisées en aval des seuils…
Depuis 1994, les extraction de granulats en lit mineur des rivières sont interdits et les concessions n’ont pas été renouvelées. On peut imaginer que les souilles d’extraction se comblent depuis cette date, mais celles-ci étaient parfois profondes… et le temps qu’elles soient comblées qui peut être de plusieurs dizaines d’années, elles captent les sédiments.

Seuils de rivières et dynamique sédimentaires
Pour comprendre l’intérêt et les défauts des seuils construits sur les rivières, on peut les comparer aux digues qu’on a construit sur les (grandes) plages de bord de mer quand on a remarqué qu’elles reculaient.
Comme expliqué dans un article précédent, le sable d’une (grande) plage n’est pas fixe, il a été amené par un courant côtier (et plus ou moins directement depuis l’embouchure d’un fleuve) et partira tôt ou tard vers l’aval, mais sera remplacé par du sable nouveau venu de l’amont.
Si la plage recule avec le temps, c’est qu’il y a simplement plus de sable qui s’en va que de sable qui arrive (et inversement).
Quand une plage recule localement, la tentation est grande de construire un épi transversal pour retenir le sable. Cela peut effectivement améliorer la situation de manière locale, mais évidemment la plage risque de reculer plus vite en aval de cet épi, puisque dans cette partie, le sable continuera de s’en aller vers l’aval, alors que l’épi empêchera les nouveaux apports. Les communes « en aval » n’ont alors d’autre choix que de construire elles aussi des épis, et ainsi de suite.
C’est ainsi que quelques grandes plages « touristiques » ont pu se couvrir d’épis alors qu’on sacrifiait d’autres endroits qui ont reculé d’autant plus vite.

côte luc sur mer recadree annotée

image ci-dessus : côte de Luc/mer (Calvados),
la partie droite a fortement reculé en 30 ans (souvenir personnel)

côte Grau du Roy recadree

image ci-dessus : côte du Grau du Roy (Gard)

Le fond d’une rivière se comporte de manière assez comparable. Il est constitué de sédiments plus ou moins gros qui se déplacent plus ou moins vite selon la vitesse de l’eau. Mais globalement le fond reste constant par compensation des départs et des apports.

Si à un endroit on voit le fond (et la surface de l’eau) baisser, c’est souvent que les apports depuis l’amont ont faibli, par exemple à cause d’une extraction de granulats. Comme pour une plage, la solution locale est alors de construire un seuil, qui va éviter le départ des sédiments en aval et maintiendra un niveau d’eau (et des nappes phréatiques associées) devenu artificiel.

Évidemment, en aval de ce seuil, la situation empire : le fond s’abaisse encore plus vite et les rives s’érodent, et on construit un autre seuil, et ainsi de suite…
Pratiquement on crée alors un fond de la rivière en escalier, alors qu’il était auparavant en pente (plus ou moins) régulière. On transforme la rivière en une succession de lacs larges et peu profonds, avec une eau plus chaude et peu oxygénée, la rivière passe alors de « 1ère catégorie » (eau vive) à « 2ème catégorie » et les poissons, notamment, ne sont plus les mêmes…

effet des seuils transversaux

effets des seuils transversaux
(image tirée du résumé de l’Enquête Publique citée)

Une préoccupation récente des services d’aménagement

Globalement, les écologistes ne peuvent que se réjouir de travaux d’arasement ou d’abaissement de seuils, qui ne peuvent que rapprocher la rivière de son état naturel, et de ses équilibres trop longtemps perturbés (pour peu que les causes des déséquilibres aient disparu).

Les aménageurs intègrent peu à peu les besoins de la nature dans leur réflexions :

  • le contrat de rivière Bléone intègre donc quelques arasement de seuil, le SMAB est donc plutôt en pointe comme aménageur.
  • l’ARPE PACA et le SABA propose le 26 juin prochain (2017) une journée technique sur les « continuités écologiques des cours d’eau ». C’est un lundi donc ça ne s’adresse guère aux militants associatifs, mais peut-être que certains pourront s’y rendre. Et ça rassure un peu de voir les aménageurs se former sur ce thème…
    journée ARPE continuité écologique

On attend des mesures concrètes sur des seuils de la Durance. Il n’y avait rien de tel au contrat 2008 -2014, espérons que le SAGE Durance actuellement en écriture soit plus ambitieux sur ce point… Motiver nos aménageurs dans ce sens sera un des buts de notre action « Grand Saut pour une Durance Vivante (2017) » (article et invitation à venir).

Publié par : pascal bazile | 29 mai 2017

Exposition et conférence à Châteauneuf-les-Martigues

Notre exposition étang de Berre, le retour des zostères (voir ici quand elle était à Istres) est actuellement exposée (du 29 mai au 10 juin 2017) à la médiathèque de Châteauneuf-les-Martigues (pôle culturel Jean-Claude Izzo).
Elle est exposée dans le cadre de la semaine du Développement Durable.

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Nous assurerons également une conférence écologie de l’étang de Berre, l’amélioration actuelle est elle limitée? le jeudi 8 juin 2017 à 18h00, au cinéma Marcel Pagnol.
Elle est officiellement (sous un titre un peu différent) annoncée ici sur le site de la médiathèque.
Pour cette conférence, nous avons préparé cette affiche:

affiche

 

Venez nombreux!

Publié par : pascal bazile | 28 mai 2017

Impressions d’étang (et base de données iconographique)

Cet article est parti d’une émotion esthétique, motivé par des photos prises récemment au large de Vitrolles (plage des Marettes). Ces photos nous ont fait penser à des tableaux impressionnistes. On vous les laisse apprécier et, éventuellement, lire ci-dessous ce qu’elles nous ont inspiré.

Explication naturaliste des photos précédentes:

On y repère, entre autres:

  • des zostères naines (qui poussent autour de la plage des Marettes depuis plusieurs années et y atteignent des profondeurs de 4m. Après avoir poussé autour, elles ont désormais conquis toute la plage, l’expansion exponentielle se poursuit…)
  • des cladophores (algues vertes), qui poussent sur les zostères (algues épiphytes) et montent chercher la lumière
  • parfois des boules de chaetomorphes (algues vertes « spaghetti »)

Cette partie de l’étang ressemble de plus en plus à l’étang de l’Estomac. Il ne manque (presque) plus que les mini étoiles de mer et les acétabulaires pour s’y croire…

Sinon, ces photos ont conduit aux réflexions suivantes:

  • L’étang peut déjà être beau à photographier. Il pourrait donner déjà lieu à un concours de photos sous-marines. Nous suggérons cette idée aux autorités…
  • La seconde idée est que l’étang évolue décidément très vite, et qu’un catalogue de photographies serait utile aux chercheurs, pour reconstruire la façon dont l’étang s’est fait recoloniser. Le GIPREB, ou ce qui lui succédera, pourrait demander aux photographes amateurs qui fréquentent l’étang ou aux chasseurs sous-marins qui filment leur chasse et qui inconsciemment filment régulièrement l’état de l’étang, de lui communiquer les photos et vidéos intéressantes et construire une base de données documentaire.

Les photos de l’article montrent en effet sans doute un état assez éphémère de l’étang: l’an dernier il n’y avait pas tant de cladophores à cet endroit, elles se sont développées car des zostères y ont poussé l’année précédente.

Notre « impression » est donc que l’étang évolue vite année après année, en se repeuplant, et que les photos ci-dessus montrent en quelque sorte un étang jeune, comme une forêt après un incendie ou des rives de rivière après une grosse crue. Et que l’état actuel ne durera pas. D’où l’intérêt d’une base de données photographiques.

Pour en convaincre nos lecteurs, nous rajoutons la photo ci-dessous, d’une zostère poussant à 2m de profondeur au large de la côte rocheuse d’Istres, à 500 m au nord de l’herbier du Ranquet (et de tout autre herbier…). Elle est toute récente (et notamment sans épiphytes encore…). Nous essaierons de suivre ce site plusieurs années…

Le GIPREB lui-même, outre le fait d’admettre timidement le retour des zostères, reconnaît l’arrivée des algues Gracilaria vermiculophylla (une espèce exotique), voir ici. Mais bizarrement il n’en propose aucune photo sur son site, comme si le public n’était ni digne de savoir, ni capable de participer au suivi, ce que nous ne comprenons pas.
La photo suivante représente une gracilaire plus jaune que la Gracilaria gracilis que nous avons photographiée jusqu’ici (et qu’on voit notamment à la fin de notre article sur l’agar), nous supposons qu’il s’agit de Gracilaria vermiculophylla. 

Une base de données iconographique (publique) de l’étang serait bien utile… et serait sans doute aussi une mine de jolies images!
Puissent les autorités compétentes trouver cette idée pertinente…

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