Publié par : pascal bazile | 4 mai 2017

Création de l’association Delphinorove

Le projet Delphinorove, que nous soutenons depuis notre assemblée générale de 2011, pour l’avancée duquel plusieurs de nos adhérents ont beaucoup travaillé et sur lequel nous avons tant écrit que notre blog possède une catégorie spécifique, possède désormais son association porteuse.

L’assemblée générale constitutive de cette association s’est tenue le 25 avril dernier (2017) à Marignane. Deux administrateurs de notre association (Mireille Quintavalla et moi-même) et un ancien administrateur et adhérent (Bruno Guiraud) font partie du conseil d’administration de cette nouvelle association.

La présidence n’est pas tenue par Guy Imbert, initiateur du projet et qui a fait l’essentiel du travail jusqu’ici, mais par Pierre Boudard.

Nous reproduisons ci-dessous l’article paru dans La Provence le 29 avril 2017

La Provence E Goubert 29.04.2016 (top)

Nous rappelons encore une fois que le projet n’est en aucun cas celui de mettre des dauphins dans l’étang de Berre. Les pêcheurs y sont opposés et on les comprend. Au plus un groupe suivra-t-il le bateau depuis les Trois-Frères jusqu’à Port-de-Bouc, sans vagabondage, le jour où ce groupe paraîtra prêt pour un tour (et idéalement un lâcher) en mer…

Le but de l’association est de partir à la conquête des esprits, et de financements non publics. Elle possède désormais un film, qui sera présenté au prochain festival Galathéa à Hyères.

L’association souhaite aussi être reconnue comme un acteur de recherche participative (celle qui se fonde sur le recrutement opportuniste de compétences par adhésion à une éthique). En effet entre la modélisation thermique (l’hiver les dauphins auront besoin de la chaleur de l’eau pompée depuis l’Estaque…), l’analyse de la contamination du lieu, l’étude du biote, la géologie du substratum rocheux du canal, la pêche bordiguière, les risques infectieux croisés… les questions scientifiques que pose le projet ne manquent pas.
Et comme exemple, on peut citer la découverte dans le tunnel (coté Marseille) de nombreuses éponges siliceuses du genre Geodia, dont l’étude (et l’exploitation?) serait d’un grand intérêt, comme on peut le lire dans l’encart ci-dessous du journal La Provence du même jour.
La Provence 29 avril 2017 (bottom)
Nous souhaitons le plus grand (et rapide) succès à l’association Delphinorove que nous continuerons à assister autant que nous pourrons!

Le retour des zostères naines dans l’étang de Berre, sur lequel nous avons beaucoup écrit, n’est plus un débat. Le GIPREB le reconnaît désormais. Il y a une nouvelle discordance, qui concerne la limite de profondeur de cette colonisation : ils écrivent parfois 1,2m, parfois 2m et nous pensons qu’elle sera beaucoup plus basse (et donc acceptable) parce que la limite de 2m est déjà largement dépassée à Vitrolles (3,5m) et désormais atteinte au Ranquet à Istres. L’avenir dira qui a raison…

Cependant ce retour ne concerne encore que la zostère naine, la plus tolérante des 2 espèces de zostères.

Or l’autre espèce, la zostère marine est plus importante (elle semble accueillir plus de biodiversité) et quand on parle de zostère sans préciser, c’est de la zostère marine qu’on parle. Cette espèce est très suivie dans le monde et un réseau mondial de scientifique, le Zostera Expérimental Network (ZEN) a été formé il y a quelques années. En France, l’Unité Mixte de Recherche (UMR) MARBEC, (MARine Biodiversity, Exploitation and Conservation) de Montpellier, travaille sur ces plantes avec des chercheurs associés au ZEN.

Ce sont des chercheuses de ces organismes qui sont à l’origine de l’exposition « Zostères, des prairies sous la mer » qui sera présentée au musée de l’étang de Thau à Bouzigues, du 20 mai au 30 novembre 2017. Nous vous indiquons les liens suivants:

Nous n’avons évidemment pas vu cette exposition, mais nous sommes convaincus de sa qualité et de son intérêt. L’étang de Thau est souvent comparé à notre étang de Berre et leurs biodiversités devraient être comparables (d’où notre article de comparaison de 2014). L’étang de Thau possède un herbier mixte zostères (marines + naines) de 2500 ha alors que la surface totale de nos herbiers est peut-être de 10 ha (mais l’accroissement est sans doute exponentiel).

Nous avons contacté les responsables pour savoir si l’exposition de Thau pourrait venir sur l’étang de Berre. Ce ne serait pas avant 2018 mais l’idée a été positivement reçue. Cette exposition étant parfaitement officielle, ce travail serait plutôt celui du GIPREB. Espérons qu’il le fasse.

En attendant, on pourra la voir sur Thau du 20 mai au 30 novembre de cette année 2017.

Sur proposition de l’office du tourisme d’Istres, notre association organise une balade à la découverte de l’étang de Berre. Nous reviendrons sur l’histoire (mouvementée) de son écologie, mais un temps important de la balade sera consacrée à l’observation d’herbiers de zostères, signe indiscutable du renouveau depuis quelques années.

Cette balade se fera autour du quartier du Ranquet, un quartier étonnant d’Istres qui nous permettra d’aborder visuellement une grande partie des enjeux écologiques passés et présents.

DSCN2295

Nous reproduisons ci-dessous la description de la balade telle que définie avec l’office du Tourisme d’Istres. Le tarif est de 3€. Les réservations sont à prendre auprès de l’Office (04 42 81 76 00). La visite est limitée à 20 personnes. Départ plage du Ranquet (terrain de boules) 22 avril 2017 14h30. Cette expérience sera peut-être renouvelée en mai et juin.

L’étang de Berre avait naguère une biodiversité très faible mais une amélioration des conditions a permis un renouveau avec la réapparition d’espèces végétales et animales telles que les zostères et hippocampes.
L’association
L’Étang Nouveau propose de résumer cette histoire de pollution et de renaissance pendant une balade semi-terrestre et semi-aquatique (partie non obligatoire) dans le quartier du Ranquet.
Le clou de la sortie sera, pour les participants qui acceptent, de marcher dans l’eau et d’approcher un herbier de zostères et, si la visibilité le permet, de contempler et commenter la vie qui s’y développe.

Accueil des participants à la plage du Ranquet (précisément au terrain de boules à coté du bar « chez Aldo »)
Pour les participant intéressés par la partie « aquatique » :
L’association prévoit un bathyscope permettant de voir sous l’eau avec la tête à l’extérieur.
Prévoir au minimum
– maillot de bain
– chaussures pouvant aller dans l’eau
Nous recommandons à ceux qui le peuvent
– combinaison de planche à voile (la température de l’eau sera env de 15°C)
– masque de plongée (pour regarder dans l’eau en se penchant) car nous ne disposons que d’un seul bathyscope
– les participant souhaitant faire de l’apnée y sont invités (avec leur matériel et sous leur responsabilité)

Publié par : pascal bazile | 1 avril 2017

Serge Andréoni démissionne du GIPREB (Canular)

Rajout du 2 avril: cet article est évidemment un canular. Nous pensions avoir été très (trop) gros, mais certains s’y sont néanmoins laissés prendre. Ils en riront… plus tard! La photo est tirée du site Maritima.info (ici)

Ce matin à la mairie de Berre L’Étang, M Andréoni, président du GIPREB (Syndicat Mixte de « Gestion Intégrée, Prospective et Restauration de l’Étang de Berre ») a donné une conférence de presse où il a annoncé entre autres sa démission de la présidence de cet organisme.

M Andréoni (image d’archive)

Nous reproduisons ci-dessous les extraits qui nous intéressent et renvoyons nos lecteurs aux médias classiques pour y trouver l’intégralité de la conférence.

  • « J’ai décidé de démissionner de la présidence du GIPREB »
  • « Depuis sa fondation en 2000 comme GIP ou sa transformation en 2012 comme syndicat mixte, cet organisme n’a pas été efficace. Sa révision à l’occasion de la création de la métropole Aix-Marseille Provence sera une bonne chose. Il serait sage d’en revoir totalement la structure et la gouvernance. Je laisse le soin à mon successeur, qui n’est pas désigné, le soin de préparer cet après-GIPREB. »
  • « Nous devons bien reconnaître que l’avancée essentielle pour notre étang a été acquise grâce à la condamnation de la France par la Cour de Justice Européenne, procédure initiée par la regrettée Coordination des Pêcheurs, organisme que nous avions eu le tort de ne pas intégrer au GIPREB à sa création. Leur solution de réduction des rejets a été imposée en 2005 contre notre volonté, mais après beaucoup d’observateurs, nos scientifiques doivent aujourd’hui admettre que l’amélioration écologique de notre étang est réelle: les fameuses zostères reviennent vite tout autour de l’étang et il est bien possible que l’amélioration se propage au centre de l’étang dans les années à venir. A trop tarder à reconnaître cette amélioration, même notre expertise scientifique a fini par être questionnée. »
  • « La solution que nous préconisions alors, la dérivation totale des rejets EDF jusqu’au Rhône, en plus d’être excessivement coûteuse, n’était pas nécessaire. Ce projet, que peu au sein même du GIPREB osaient encore défendre ou même citer officiellement, doit être clairement abandonné. »
  • « Dans le même esprit j’en ai peur, la lettre que nous avons envoyée il y a quelques jours à Mme la ministre Ségolène Royal, et qui a pour objet de demander l’augmentation à 10m³/s le débit à pomper à travers le bouchon du Rove, risque de repousser aux Calendes Grecques un chantier qui mériterait de démarrer maintenant avec le budget disponible. A être excessif, le GIPREB n’a jamais mené de chantier et nous aurons eu ce défaut jusqu’au bout.»
  • « Nous devons reconnaître que l’association L’Étang Nouveau avait globalement raison dans son combat contre nous et continue de faire un excellent travail. Elle est également beaucoup plus active que les associations que nous avons intégrées au GIPREB. Sans doute nos collègues du SMAVD seraient-ils inspirés de davantage les écouter et de mener l’étude de transformation de la chaîne hydroélectrique de Durance en chaîne à Pompage-Turbinage qu’ils demandent avec une constance qui force le respect. »
  • «Je dois finir en exprimant mon admiration à M Guy Imbert, mon vieil opposant. Son projet de centre de réinsertion de dauphins dans le canal du Rove mérite un soutien officiel de la structure métropolitaine qui nous succédera. Ce fut une erreur de plus du GIPREB de mépriser ce projet.»
Publié par : pascal bazile | 11 mars 2017

Intervention aux « 3 jours de l’eau » Miramas 23 mars 2017

A l’invitation du Campus de Fontlongue pour leur « 3 jours de l’eau », notre association assurera une conférence/débat d’une heure à l’auditorium de la médiathèque de Miramas sur le thème :

La chaîne hydroélectrique de Durance,
de Serre-Ponçon à Saint-Chamas,
impact écologique et potentialité d’évolution

Lieu  : auditorium de la médiathèque de Miramas
Date et heure  : jeudi 23 mars 18h30 – 20h00 (la médiathèque est habituellement fermée le jeudi mais sera ouverte pour cela)

L’auditorium est petit (64 places) et 40 places sont réservées aux étudiants et professeurs des BTS organisateurs ou partenaires. Seules 24 places sont donc ouvertes au public, sur réservation en téléphonant à M Jean François Malecki, de la médiathèque au 04.90.58.53.53 poste 2729.

Le Campus de Fontlongue et les 3 jours de l’eau

Fontlongue est un Lycée d’Enseignement Agricole Professionnel (LEAP) qui accueille une section BTSA Gestion et Maîtrise de l’Eau (Gem’eau)

C’est plus particulièrement cette section qui organise, avec des partenaires, les 3 jours de l’eau (voir ici sur leur site) à l’occasion de la journée mondiale de l’eau des Nations Unies (cette année le 22 mars).

Le programme complet des 3 jours de l’eau 2017 (où apparaît évidemment notre intervention) est téléchargeable ici : les 3 Jours de l’Eau-programme Fontlongue 2017

Publié par : pascal bazile | 25 février 2017

Faut-il pomper à travers le bouchon du tunnel du Rove?

La réouverture du tunnel du Rove (le pompage d’eau de mer à travers le bouchon de son effondrement) est un serpent de mer de la politique écologique de l’étang de Berre. Des prises de parole à haut niveau laissent imaginer que cette histoire arrive prochainement à son terme. Il n’y a aucune certitude à cela mais c’est l’occasion de faire le point sur ce sujet.

Petite présentation du canal et du tunnel du Rove

Le canal du Rove a été construit au début du XXe siècle. Il faisait partie du « canal de Marseille au Rhône » dont le but était de permettre à des péniches fluviales d’aller du port de Marseille (alors situé à la Joliette) au Rhône en évitant la mer (avec ses vagues) et le delta du Rhône (avec ses bancs de sable).
Son originalité est de traverser la chaîne de la Nerthe par un tunnel de 7 km de long. Le canal part ainsi de l’Estaque directement dans le tunnel, qui passe sous la ville de Gignac avant de déboucher à Marignane. Le canal continue alors par une tranchée jusqu’à la rive sud de l’étang de Bolmon puis celle de l’étang de Berre.

vue-aerienne-large-annotee

Le tunnel est pharaonique. Sa partie émergée est une demi-cylindre de 22 m de diamètre (11m sous la voûte) ce qui en fait un des tunnels les plus larges du monde. Il y a des 2 côtés des voies de 2m de large, sa largeur navigable était de 18m, permettant à 2 péniches de se croiser… Le gros du chantier débuté en 1911 et fini en 1926 a notamment été fait pendant la première  guerre mondiale, par des ouvriers immigrés, espagnols notamment, avec des marteaux-piqueurs (pas de tunneliers à cette époque…).

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

interieur-tunnelLe tunnel s’est effondré en 1963 à l’endroit d’une poche de roche moins stable (repérée dès la construction ! + voir localisation sur la première image). Il n’a pas été reconstruit car il avait perdu son utilité avec le déplacement du port de Marseille à Fos-sur-Mer.

État écologique actuel

Depuis l’effondrement de 1963, le canal est constitué de 2 bras morts qui ne communiquent plus entre eux (l’éboulement a eu lieu sur 200m env et depuis les travaux de consolidation, il y a désormais 400m entre la fin d’un bras et la fin de l’autre).

Le bras sud (qui part de la rade de Marseille et fait 5km de long dans le tunnel) est constitué d’eau étonnamment claire toute l’année. Elle est manifestement pauvre en nutriments et en plancton, et donc loin de souffrir d’eutrophisation. Nous n’en parlerons pas davantage.

Le bras nord (qui a 2km sous le tunnel et 10 km en aérien) est dans un état bien différent : son eau est généralement trouble, souvent verte ou jaunâtre, comme l’étang de Bolmon sur la photo aérienne (la même que précédemment, grossie, elle date de mars 2016).

vue-aerienne

On voit en effet que l’étang de Berre et l’étang de Bolmon ont des couleurs bien différentes: l’étang de Berre est bleu, alors que l’étang de Bolmon est vert. Cela vient un peu du fait qu’ils ont des profondeurs différentes, mais surtout que l’étang de Bolmon souffre d’eutrophisation (trop de nutriment et développement massif de phytoplancton) alors que l’étang de Berre va clairement beaucoup mieux.

L’eutrophisation du Bolmon vient largement du fait qu’il reçoit les effluents de la station d’épuration de Marignane et la rivière Cadière et que c’est trop à digérer pour lui.

On voit que le canal du Rove a sur la photo une couleur verte comparable à celle de l’étang de Bolmon: il souffre également d’eutrophisation. Il faut dire que l’eau du Bolmon se déverse dans ce canal (et peut-être y a-t-il d’autres effluents « sauvages »). Il est néanmoins souvent moins coloré, mais le 23 février 2017 (date de la photo ci-dessous) on voit que le canal (à gauche) est nettement plus coloré et trouble que l’étang de Berre (à droite).

eau-canal-et-etang

Sur la photo suivante (prise 2 jours plus tard) le canal est plus bleu que l’étang de Bolmon et presque aussi bleu que l’étang de Berre…

canal-et-bolmon

L’anse de la Mède (en bas à gauche de la photo précédente) est moins colorée que le canal, l’eutrophisation y est moins nette. C’est par cet anse que l’eau sort du canal et rejoint l’étang de Berre.

Bref l’ensemble constitué de l’étang de Bolmon, du canal du Rove et de l’anse de la Mède constitue de fait un système d’épuration par lagunage des eaux de la Cadière et de la STEP de Marignane, avant rejet dans l’étang de Berre. Le parallèle avec une image aérienne de station d’épuration par lagunage comme ci-dessous celle de Rochefort (image tirée de ce site) est frappant.

lagunage-rochefort

Faut-il pomper de l’eau de mer à travers le bouchon du tunnel du Rove?

Si on souhaite améliorer l’état écologique du canal du Rove, le mieux serait de réduire à la source la quantité d’effluents qui arrive dans l’étang de Bolmon, en améliorant les performances de la STEP de Marignane ou de celles qui se déversent dans la Cadière.

Si on pompe de l’eau de mer (pauvre en nutriment mais pleine d’oxygène) à travers le bouchon de l’effondrement du tunnel, on diluera la pollution et on l’entraînera vers l’étang de Berre. Or officiellement (selon le GIPREB, nous sommes moins négatifs…) l’étang de Berre souffre encore d’eutrophisation ! Ce serait donc a priori négatif d’effectuer le pompage. Mais l’apport d’oxygène permettra peut-être une auto-épuration plus rapide… Cela dit à notre avis l’étang de Berre ne souffre plus d’eutrophisation, et surtout pas en partie sud.

Officiellement, le pompage d’eau de mer à travers le bouchon a pour but de remonter la salinité de l’étang de Berre, mais les débits annoncés (entre 5 et 20 m3/s, et sans doute plutôt 5 m3/s ce qui serait sans doute mieux du fait des polluants supposés au fond et qu’il serait souhaitable de ne pas trop remuer) n’auront sans doute aucun impact de ce point de vue (même si 5m3/s sur l’année font 160 millions de m3/an, soit l’équivalent de la rivière Arc).

Enfin s’il s’agit de recoloniser l’étang de Berre par des espèces marines, le pompage sera sans doute une bonne chose.

Il le sera peut-être. Peut-être aussi par l’apport d’oxygène, puisque le GIPREB continue à mesurer des périodes d’anoxie de ces parties profondes, notamment en été (en supposant que tout l’oxygène ne soit pas consommé pour la dépollution des effluents venant du Bolmon…)

Conclusion

Le pompage d’eau de mer à travers le bouchon de l’effondrement du tunnel du Rove ne devrait pas faire de mal à l’étang de Berre, même si une partie de la pollution organique de l’étang de Bolmon devrait s’y retrouver envoyée.
On peut imaginer que ça lui ferait du bien, mais sans doute plus par ensemencement d’organismes marins ou par apport d’oxygène l’été que par apport de sel.
Mais c’est au canal du Rove lui-même que ça fera le plus de bien. Il devrait y perdre sa couleur verte et gagner en transparence (avec toute l’amélioration de biotope qui s’en suivra), ce que tous les riverains et les promeneurs apprécieront !

Rajout du 5 mai 2017 : réuni le 5 avril 2017, et suite à discussion sur le choix public à faire de pomper 4, 10 ou 20 m³/s, notre conseil d’administration s’est dit favorable à une expérimentation à 4 m³/s (sans passer par le Bolmon). Cette option, la plus conservative écologiquement (mais les risques à pomper davantage sont réels, en terme d’entraînement de pollution et de perturbation du milieu) a l’avantage de s’approcher du budget prévu au contrat d’étang.

Une rencontre récente avec le délégué PACA du Conservatoire du Littoral nous a permis de faire un point sur la politique de cet organisme sur l’étang de Berre.

Le raté de la falaise de Monteau en 2011/2013 (où un ensemble de 9 hectares appartenant au ministère de la Défense a été vendu à un particulier malgré l’accord cadre entre l’État et le Conservatoire du Littoral, voir notre article de l’époque) nous était en effet resté en travers de la gorge et nous n’aimerions vraiment pas qu’un tel raté se reproduise…

Les leçons du raté de la Falaise de Monteau

Le transfert de propriété au Conservatoire n’a pas eu lieu parce que :

  1. ces terrains du Ministère de la Défense dépendaient d’un bureau de Lyon qui n’était pas habitué à prévenir le Conservatoire (et n’a pas craché sur les 750 000 euros?)
  2. cette zone n’avait pas été placée dans la zone d’intervention du Conservatoire
  3. aucun vote du Conseil Municipal de la ville (Istres en l’occurrence) n’avait eu lieu pour permettre à ce terrain de passer en « périmètre autorisé » (ce qui permet au Conservatoire d’avoir l’aval préalable de son Conseil d’Administration et d’être plus réactif)

Si on ne peut guère faire grand chose sur le point 1. Les points 2 et 3 sont plus facilement maîtrisables.

La nouvelle carte des zones d’Intervention et de vigilance du Conservatoire du Littoral sur l’étang de Berre

On peut voir ces zones dans le document : strategie-paca-etang-de-berre-conservatoire-littoral (qu’on retrouvera ici à la source pour les futures mises à jour).

Sur le scan ci-dessous (extrait du document précité), on distingue, entre autres, les zones de vigilance (en jaune), les zones d’intervention (en orange) , les périmètres autorisés (ceinturé violet), et les acquisitions (violet).

zoom-etang-de-berre-conservatoire-littoral

Nous n’avons qu’une très mauvaise (et petite) carte de la stratégie de 2011, ci-dessous, mais on y distingue quand même quelques changements de couleur (à l’époque les zones d’intervention étaient en rosé foncé et les zones de vigilance en rose clair):

carte-interet-conservatoire-littoral-2011

On note donc plusieurs changements dans le bon sens, notamment:

  • l’acquisition des marais de Tête Noire (Rognac)
  • le passage en zone d’intervention des salins du Lion, de Berre ou des terrains du domaine de Monteau à Istres qui appartenaient à l’État (ministères de la Défense et de l’Agriculture)
  • le passage en périmètre autorisé d’au moins une partie de Varage à Istres

Passer la plage et la roselière de Istres-Monteau en périmètre autorisé

Nous terminons cet article en revenant à la plage de Monteau à Istres. Lors des dernières élections municipales (2014), nous avions fait un point sur les plans des différentes listes pour cette plage (et la roselière située derrière) et nous en avions fait un article.

L’équipe qui a été élue (celle de M Bernardini, actuel maire) souhaitait « aménager la plage en plage d’agrément ». Nous ne savons pas si c’est toujours leur idée, mais en tout cas la plage n’est pas passée en périmètre autorisé, contrairement (et de manière assez surprenante) à celle de Varage.

Nous souhaitons toujours que cette plage et sa roselière passent en périmètre autorisé, pour les raisons listées dans notre article de 2014.

Le chercheur Guillaume Marchessaux nous a contacté pour que nous diffusions son expérience de science participative, ce que nous faisons volontiers.

Son objet d’étude, ce sont les méduses (et autres cnidaires/cténaires) de l’étang de Berre. Il a préparé une fiche de relevé qu’il invite ceux qui observeraient des méduses dans l’étang à remplir et à lui renvoyer. Cette fiche est ici : fiche-meduses-science-participative

La fiche se limite à 3 types de « méduses » (photos issues des fiches Doris en lien) :

aurelia_aurita-11_image600

mnemiopsis_leidyi-cm81_image600

gonionemus_vertens_vm_34913_1_image1200

Nous avions déjà parlé des 2 premières dans un article en 2013. Elles ne sont donc pas nouvelles pour nous et pour les usagers de l’étang en général. A priori leur nombre n’augmente pas (au contraire ?) mais cette étude permettra de dépasser cette impression.

Gonionemus vertens est une nouveauté pour nous. Sa fiche Doris permet de mieux la connaître et donc mieux la repérer : elle est petite (2,5 cm de diamètre), son corps présente une croix brune, elle a des tentacules (présentés comme urticants) assez longs et qui possèdent une ventouse  lui permettant de s’accrocher à des algues ou des posidonies (en mer), d’où son nom commun de « méduse adhésive ».

Étonnamment, la fiche ne propose pas une case « autre méduse », or cette vidéo (à partir de photos) de Aline Espana (pêcheur à Berre) datant d’août 2016 montre bien qu’on peut rencontrer dans l’étang des méduses d’un autre type que les 3 types de la fiche proposée par le chercheur. Mais une étude doit bien limiter son objet…

Les fiches remplies (et autres questions) sont à envoyer directement au chercheur : guillaume.marchessaux@mio.osupytheas.fr

Publié par : pascal bazile | 7 janvier 2017

La Directive Cadre sur l’Eau, l’étang de Berre et la Durance

La Directive Cadre sur l’Eau (DCE) est une directive européenne qui date de 2000. la loi française y a été adaptée par la LEMA (Loi sur l’Eau et les Milieux Aquatiques) en 2004.
La DCE fixait essentiellement l’objectif suivant : toutes les « masses d’eau naturelles» (MEN) devaient atteindre le bon état écologique avant 2015. Les masses d’eau sont les cours d’eau, les plans d’eau, les eaux côtières, les nappes phréatiques…
Logiquement la DCE définissait aussi les masses d’eau artificielles (MEA) et les masses d’eau fortement modifiées (MEFM) pour lesquelles les objectifs ou les délais pouvaient être différents.
Une directive européenne est engageante. Un état qui n’atteint pas ses objectifs est passible de pénalités financières (amende et/ou astreinte temporelle). Par ex la France a été condamnée deux fois au titre de la directive nitrate de 1991 pour certaines zones de Bretagne, même si les pénalités sont rares dans les faits (le contentieux des nitrates bretons a été récemment clos sans que la France ait jamais payé de pénalité).
Le but de cet article est de faire le point sur la DCE vis à vis des deux « masses d’eau » dont s’occupe notre association : l’étang de Berre et la Durance.

Les documents de référence pour l’étang de Berre et de la Durance

C’était à chacun des pays membres de l’Union de faire la liste de ses masses d’eau, d’en proposer un classement (MEN, MEFM et MEA) et de définir les critères précis que chaque masse d’eau devait respecter pour atteindre le bon état écologique ou autre selon le classement. L’administration européenne devait valider le classement et pouvait le contester. Il y a eu, et il y a encore pour les MEFM, négociation entre les états et la Commission Européenne.
Le classement est fait
par grand bassin hydrographique. Le notre est « Rhône Méditerranée Corse » (RMC). Sur ces grands bassins, la France a commencé par écrire des SDAGE (Schéma Directeur de Gestion et d’Aménagement des Eaux), documents assez généraux. Le premier SDAGE RMC a été écrit en 2009, il a été révisé en décembre 2015. Les administrations chargées d’établir les SDAGE sont les « agences de l’eau », organismes qui sont aussi (et surtout) des organismes financiers, chargés de collecter les taxes liées aux pollutions aquatiques et de redistribuer cet argent sur des projets de protection ou de dépollation.
Les agences de l’eau sont donc les organismes chargés de la bonne application de la DCE/LEMA.
Après l’émission du SDAGE, par masse d’eau et selon le classement et les objectifs à atteindre, il y a eu localement un SAGE ou seulement un Contrat (contrat de rivière, contrat de baie…). Les SAGE sont engageants (opposables juridiquement) alors que les Contrats ne le sont pas.

L’étang de Berre et la Durance n’ont pour l’instant fait l’objet que de contrats, mais un SAGE Durance est actuellement en écriture.

Le cas de l’étang de Berre

L’administration l’a bizarrement scindé en 2 parties : le Grand Étang et l’étang de Vaïne (et Bolmon constitue une 3ème partie).

  • Le Grand Étang a été classé comme Masse d’Eau Naturelle (MEN)
  • l’étang de Vaïne a été classé MEFM.

Le Grand Étang doit donc clairement atteindre le Bon État Écologique. Néanmoins comme il avait été « historiquement modifié », la date limite d’atteindre le bon état écologique avait été repoussée à 2021 (voir cet article du GIPREB, sans date comme d’habitude) mais l’échéance qu’on trouve désormais est 2027, nous supposons qu’il y a eu modification.

Le GIPREB a récemment consulté son Conseil Scientifique pour savoir si l’étang de Berre avait des chances d’atteindre le bon état écologique avant 2027. Les avis du Conseil Scientifique ne sont pas publics, mais il nous semble clair que l’avis émis a été négatif ou au moins « pessimiste ». On peut s’en rendre compte dans cet article récent du « blog » du GIPREB, article qui est à la base du présent article.

Pour les critères précis du bon état écologique retenus pour l’étang de Berre, nous renvoyons au point que nous avions fait fin 2014, pour notre colloque de l’anniversaire des 10 ans de la condamnation (voir cet article), mais en gros 2 critères posent question et sont présentés comme bloquant par le GIPREB:

  • les zostères (les macrophytes en général)

  • et la faune benthique.

Il faut tout de suite écrire ici que notre association n’est aussi pessimiste sur la situation écologique de l’étang:

  • le retour rapide (sans doute exponentiel) des zostères (naines) et singulièrement dans l’étang de Vaïne (nous avons beaucoup parlé des zostères dans ce blog, voir ces articles).

  • la multiplication et le fleurissement des ruppies au Ranquet (Istres),

  • et le signalement de plus en plus fréquent d’oursins, d’aplysies ou même d’hippocampes

nous laissent penser que l’atteinte du bon état écologique sur les bases actuelles (de fonctionnement de la centrale EDF de St Chamas) est possible.

En ce qui concerne la faune benthique, notre position est moins affirmée, mais globalement nous pensons que les crises d’anoxie devraient se raréfier avec le retour des zostères et la production d’oxygène associée, et que la faune benthique s’améliorera à son tour, mais nous aimerions surtout disposer des résultats et de la méthodologie du GIPREB…

Nous ne doutons pas des compétences des membres du Conseil Scientifique qui sont à l’origine de l’avis pessimiste, par contre nous ne sommes pas sûrs que les infos dont ils disposent soient si bonnes que cela. Nous pensons que le GIPREB a un problème méthodologique par rapport à la façon dont la vie reconquiert l’étang et qu’il serait sans doute temps d’en changer (article à venir !).

Mais l’essentiel n’est pas là. L’article du GIPREB mérite une lecture attentive, car il laisse supposer les discussions « juridico-administratives » actuelles et passées suivantes:

  • l’État français a souhaité évaluer suffisamment tôt s’il risque des pénalités pour l’étang de Berre et a demandé au GIPREB son avis, via l’agence de l’eau RMC.

  • Le GIPREB s’est tourné vers son Conseil Scientifique. Et a transmis l’avis pessimiste de ce dernier.

  • Des discussions qui ont suivi, l’état France a imaginé de proposer à l’Europe de baisser les objectifs (sans doute en changeant le classement du Grand Étang de MEN à MEFM) un article de la DCE (le 4.5) le lui permet, en le justifiant évidemment.

  • le GIPREB s’offusque officiellement de cette position possible de la France et présente la sienne : si l’objectif de bon état écologique ne peut être atteint sur la base actuelle, nous devons non pas changer nos objectifs, mais changer le « fonctionnement actuel » de l’étang, c’est à dire réduire encore les rejets de St Chamas (ou les annuler par dérivation).

Lire de la part du GIPREB qu’une réduction supplémentaire des rejets est une solution possible est une évolution notable qui rapproche (un peu!) cet organisme de la position de notre association.

Que peut et doit faire notre association pour l’étang de Berre sur la base de ce qui précède ?

  • Éventuellement s’associer au GIPREB (!!!) pour se battre pour garder le classement « Masse d’Eau Naturelle ») du Grand Étang s’il était remis en cause et éventuellement demander une réduction supplémentaire des rejets EDF dans l’étang (mais toujours combattre la dérivation)

  • accélérer l’amélioration actuelle par des réintroductions si nous y sommes autorisés (mais a priori, l’état devrait favorablement accueillir de tels projets)

Le GIPREB devrait être dissout fin 2017 et ses missions reprises par la Métropole. Si c’est via une structure dédiée, nous ferons une demande pour y être représentés, mais trop d’espoir. Nous espérons (sans trop y croire encore) que le dialogue sera meilleur et que nous pourrons disposer de plus de données…

Le cas de la Durance

Pour la Durance, nos information viennent essentiellement du document SDAGE RMC, en effet

  • notre association n’a pas (non plus) de représentation officielle dans les structures officielles de gestion de la Durance
  • le site Internet du SMAVD n’est plus à jour depuis longtemps (le dernier article semble dater de sept 2014, et le site indique encore M Comte comme président !!), et si vous voulez ne rien savoir sur la Durance et la politique de sa gestion, nous vous invitons à le visiter…

Ce que nous savons, c’est que

  • la Durance a été globalement classée MEFM et que les échéances de bon potentiel écologique et de bon état chimique ont été fixée à 2027. Selon les tronçons, les raisons invoquées sont la faisabilité technique (FT), les conditions naturelles (CN), les coûts disproportionnés (CD) et souvent les 3 à la fois.
  • les affluents (à part le Verdon) ont en large majorité été classés MEN
  • un SAGE est en écriture pour 2018 mais jusqu’ici il n’y avait qu’un contrat de rivière. Ce contrat (pas plus que le SDAGE RMC de l’époque ou actuel) ne remettait en aucune façon l’aménagement actuel de la rivière.

Nous ne savons pas exactement en quoi consiste le « bon potentiel écologique » que doit atteindre la Durance, il semble que le classement MEFM n’ait fait que repousser la date limite d’atteinte du bon état écologique, sans modification d’objectif.

La limite de 2027 est encore dans 10 ans, mais il nous semble évident que le bon état écologique ne sera pas atteint, pour les raisons qui font que notre association écologique s’intéresse à la Durance :

  • les poissons migrateurs ne remontent pas.
  • Les aloses s’arrêtent au seuil de Callet (le seuil n°66, le 3ème en remontant depuis la confluence avec le Rhône).
  • Une passe à anguille qui ne débouche sur rien a été installée au barrage de Mallemort, mais ils n’ont pas du voir beaucoup d’anguille (mourir) dedans…
    Nota : Nous confirmons souhaiter faire le « Big Jump Durance 2107 » près du seuil de Callet…
  • même si les migrateurs remontaient, comme le transit des sédiments est faible (il n’est réalisé concrètement que lors des grandes (mais rares) crues d’automne sur lesquelles l’aménagement « EDF » n’a aucune incidence, comme on l’a vu en 1994 (3000 m³/s à Mallemort) ou cette année 2016 (1500 m³/s)), le fond de la rivière s’envase et ne convient plus comme frayère pour de nombreux poissons. EDF peut (et même doit désormais) réaliser des « chasses » de ses retenues pour essayer de « nettoyer » les fonds des sédiments, mais c’est très local et cosmétique, nous doutons de l’efficacité…
  • Or le transit des sédiments est faible pour car l’eau de la Durance est largement captée pour l’hydroélectricité à Serre-Ponçon et la rivière ne retrouve cette eau qu’en maigre partie à Mallemort. Le débit réservé a été longtemps inférieur au seuil légal de 1/20ème du module (il a longtemps été de 4 m³/s à l’embouchure pour un module d’env 200 m³/s) mais il aurait été remonté à 9 m³/s (et comme pour l’étang de Berre, on doit faire confiance à EDF sur ce point…)
  • Également, la rivière possède 68 seuils qui sont autant de discontinuité écologiques
  • en aval du déversoir de Mallemort, le débit est erratique entre 9 m³/s et 250 m³/s comme le montre cette courbe pas récente mais qui reste toujours actuelle.

debits-bonpas

  • la qualité bactériologique présentée comme insuffisante dans le contrat de rivière n’empêche pas les riverains de profiter de la rivière (mais protège les élus…) mais limite le développement touristique (ce qui n’est pas forcément mauvais, le tourisme pouvant être très destructeur).

L’état chimique nous est largement inconnu, mais le SDAGE ou le Contrat Durance l’indique comme « globalement bon », sauf sur les tronçons Escale-Cadarache (à cause des industries de St Auban, notamment les rejets de mercure d’Arkema) et Bonpas-Rhône.

On peut supposer que le SAGE Durance aura pour objet d’atteindre le bon état écologique (ou le bon potentiel). On peut aussi craindre qu’il n’ y parvienne pas, sauf si l’aménagement global de la Durance est totalement revu, ce que le SDAGE RMC ne laisse pas supposer.

Notre position sur la Durance

Pour ceux qui ne connaissent pas la position de l’association sur la Durance, ce diaporama la résume: Pourquoi étudier la faisabilité d’une STEP Durance rev22.
La STEP n’est qu’une idée, assez décoiffante nous en convenons, mais c’est la seule qui réponde à la taille du problème et qui résiste au temps et aux questions. Elle avait convaincu la commission Balland (des inspecteurs généraux quand même), voir p 21 de leur rapport de 2002 qui en estimé l’étude pertinente. Malheureusement ce rapport a est enterré : nos brillants élus locaux (et EDF?) auxquels il ne plaisait sans doute pas ont commandé une autre étude « le Plan Durance Multi-usage ». Cette étude à peine postérieure, d’un niveau bien moindre à notre avis, fait désormais référence. Ainsi enterre-t-on les rapports qui dérangent…

Il faut indiquer à nos lecteurs les moins avertis que l’eau rejetée au déversoir de Mallemort est celle qui ne peut plus être déversée dans l’étang de Berre. Les situations écologiques de l’étang de Berre et de la Durance sont extrêmement liés (voir le schéma suivant déjà donné dans notre article sur les problèmes de la basse Durance)

schema-basse-durance

Les rejets à Mallemort sont importants depuis 2006 mais ils n’ont jamais été « pensés », la situation actuelle a depuis 2006 été considérée comme provisoire par toutes les parties:

  • le GIPREB et le SMAVD ont toujours considérés que l’amélioration de l’étang de Berre ne pouvait venir que par un prolongement des canaux EDF jusqu’au Rhône ou la mer (leur fameuse « dérivation »). Pour l’étang de Berre ça améliorerait certes la situation, mais pour la Durance ce serait la pérennisation du débit réservé actuel et du mauvais fonctionnement actuel. Notre association s’oppose à cette position dont nous avons écrit tout le mal que nous en pensions.
  • l’état espérait que le niveau actuel des rejets dans l’étang de Berre améliorerait la situation. Nous espérons qu’il ne changera pas d’idée sur la « dérivation » mais nous ignorons par contre comment il pense améliorer la situation Durance et singulièrement les rejets erratiques à l’aval de Mallemort. Il doit faire un travail technique que pour l’instant, à notre connaissance, il n’a pas fait.

Nous aimerions bien être associé à l’écriture du SAGE Durance, mais nous craignons de n’être pas retenus… Si nous ne pouvons participer à la CLE qui prépare le SAGE Durance, il ne nous restera que notre soft power habituel (blog, alertes média, rassemblements populaires…) et éventuellement la justice

  • sur le texte du SAGE (en 2018…) s’il est attaquable vis à vis des engagements de la DCE et/ou sur les éventuelles justifications de la France aura présentées pour baisser les objectifs de la DCE pour la Durance,
  • ou sur l’état écologique (en 2027…) si les objectifs écologiques ne sont pas atteints.

Notre association n’est (malheureusement) pas prête de s’autodissoudre pour avoir atteint son objectif…

Que peut et doit faire aujourd’huin notre association pour la Durance sur la base de ce qui précède ?

  • Tout faire pour que les objectifs de la DCE sur la Durance restent bien le bon état écologique et (ce qui est lié) convaincre l’État de lancer une vraie étude de modification de l’aménagement hydroélectrique de la Durance qui permette d’atteindre ce bon état écologique.

  • Continuer de convaincre et de mobiliser la population, notamment les riverains de la Durance, de se battre pour l’idée précédente!

Les lecteurs qui souhaitent rejoindre ces nobles combats sont toujours les bienvenus, contactez-nous !!!

Publié par : pascal bazile | 5 novembre 2016

Assemblée Générale 2016, Martigues 19 novembre 2016

L’Assemblée Générale Ordinaire (AGO) 2016 de l’association aura lieu

le samedi 19 novembre 2016
Salle Dufy, hôtel de ville de Martigues
à partir de 15h00.

A 15 h, avant l’AG proprement dite et à la demande de l’association, M Gaby Charroux, député-maire de Martigues présentera la demande de classement de l’étang de Berre au titre de Patrimoine Mondial de l’Humanité, auprès de l’Unesco. L’Étang Nouveau soutient officiellement cette demande. Vous pouvez le faire aussi sur ce site.

L’ordre du jour de l’AG est le suivant:

  • Rapport moral (voir ici :mot-du-president-rapport-moral-2016 )
  • Rapport d’Activité (voir ici la forme synthétique proposée au vote : rapport-activites-2016-rev-bproposition) qui sera détaillé par projets « positifs » (Durance, zostères de Berre, Delphinorove…), actions en défense (ball-trap de Cabannes, digue des iscles de Milan à Cheval-Blanc, eau potable à Alleins…) et problèmes actuels… par les administrateurs ayant travaillé sur les dits dossiers
  • Rapport financier 2016 et prévisionnel 2017.
  • Élection annuelle du Conseil d’Administration

Les adhérents ont reçu leur convocation par mail ou courrier.
Comme tous les ans, l’entrée est libre et tous les intéressés peuvent assister à l’AG. Ne prennent cependant part aux votes que les adhérents à jour de leur cotisation.
Les absents peuvent donner leur pouvoir et penser à renouveler leur adhésion (pouvoir-de-representation-et-bulletin-readhesion-ag-en-2016 ).

L’AG (et la taille de la salle Dufy) nous permettra aussi de présenter à l’assistance

Venez nombreux !

Older Posts »

Catégories