Publié par : pascal bazile | 3 septembre 2016

Comparaison n°7 : l’estuaire de la Rance

En 1966 furent mises en service par EDF la centrale de Saint-Chamas chez nous et l’usine marémotrice de la Rance en Bretagne. Dans les 2 cas il y a eu un bouleversement écologique des masses d’eau associées (étang de Berre et Durance pour nous, estuaire de la Rance pour les bretons) dénoncé par des oppositions plus ou moins soutenues par les autorités locales, avec en face EDF et ses gros moyens.

Suffisamment de points communs pour s’amuser à une nouvelle comparaison.

L’histoire de l’usine marémotrice de la Rance selon EDF

La Rance est une petite rivière qui se jette dans la Manche entre Saint-Malo et Dinard, juste à l’ouest de la baie du Mont-Saint-Michel.

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image tiré du site faiteslepleindavenir.com

La baie du Mont-Saint Michel et la côte d’Émeraude où se jette la Rance sont connues pour avoir les marées les plus importantes de France. La différence de hauteur entre la marée haute et la marée basse, le marnage, peut dépasser 13 m (voir ici le marnage du jour à St Malo). À la marée montante (le flot), l’océan entrait profondément dans l’estuaire de la rivière, pour en ressortir à la marée descendante (le jusant). On considère que l’effet des marées se faisait sentir jusqu’à Dinan, à 20 km dans les terres, et surtout que le volume d’eau entrant dans l’estuaire pouvait atteindre 180 millions de m3.
L’estuaire de la Rance possédant presque à son embouchure un goulet entre 2 masses rocheuses, EDF y a vu dans les années 1960 la possibilité d’un aménagement original : une centrale qui ferme l’estuaire et « fait travailler » l’eau à la marée montante et descendante,
soit un basculement toutes les 6 heures..

La puissance nominale de cette centrale « marémotrice » est de 250 MW (en comparaison, celle de Saint-Chamas est de 160 MW) mais elle ne fonctionne à cette puissance que si les marées sont suffisamment grandes, et pendant un temps imposé par la nature, qui dépend du coefficient de marée. La production est annoncée à 500 GWh/an (sur ce site) ce qui correspondrait à un fonctionnement de 2000 h/an et correspond vaguement aux 3,5% de la consommation bretonne annoncés par EDF. En comparaison, la production moyenne de l’usine de St Chamas avant sa limitation de 2005 était de 600 GWh soit 4000h de fonctionnement nominal.

D’un point de vue environnemental, les travaux de construction de l’usine ont isolé l’estuaire de la mer pendant 3 ans entre 1963 et 1966. La phase des travaux a donc été particulièrement destructrice de la faune et de la flore de l’estuaire. Ensuite il y a eu à la fois recolonisation naturelle partielle ainsi que des ensemencements volontaires « officiels » (notamment en coquille St Jacques). Le discours d’EDF est que le biotope actuel est certes différent du biotope originel, mais riche et parfaitement fonctionnel.

Globalement EDF présente cette usine comme une réussite technologique et un modèle de développement durable. L’usine possède un espace découverte et s’apprête à fêter ses 50 ans le 26 novembre prochain (en comparaison, on remarquera qu’aucune fête n’a eu lieu ou n’est prévue pour les 50 ans de l’usine de Saint-Chamas…).

EDF reconnaît un envasement de l’estuaire, mais le considère comme largement naturel, et prétend participer à des programmes d’études du phénomène d’envasement des estuaires bretons.

 

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Photo prise dans l' »espace découverte » de l’usine

Une association critique – Rance Environnement

L’association Rance Environnement, que nous avons rencontrée, est agréée environnement, comme nous le sommes, et a été créée peu de temps avant nous (1986 contre 1988).
Cette association propose une vision moins idyllique de la situation.
Les informations du reste de cet article sont issues de leurs documents (que nos lecteurs intéressés par le sujet sont invités à aller chercher sur leur site) et notamment de leur lettre d’août 2016 intitulée « l’envers du décor », qui propose une synthèse de leurs travaux à l’occasion du cinquantenaire de l’usine.

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Dominique de Beaucoudray, membre du CA de Rance Environnement

Notre discussion est partie de l’envasement de l’estuaire qui inquiète entre autre des plaisanciers comme M de Beaucoudray (ou sa ville, Plouër sur Rance, où se trouve un port de plaisance menacé d’envasement) mais plus généralement tous les amoureux de l’estuaire qu’ils ont pu réunir (plusieurs centaines d’adhérents…). Ils ne sont pas seuls et Rance Environnement a créé avec d’autres associations la COMMISSION ESTUAIRE RANCE qui intervient sur l’envasement et plus généralement sur la préservation de l’estuaire des impacts de l’usine marémotrice dans l’esprit du développement durable.

Mais avant de revenir sur ses impacts, il faut d’abords expliquer le fonctionnement réel de l’usine.

Le fonctionnement réel de l’usine

Contrairement à ce qu’annonce EDF,

  • l’usine fonctionne essentiellement aujourd’hui à la seule marée descendante et seulement rarement en « double effet »,
  • et EDF empêche largement l’estuaire de se vider (le niveau de l’estuaire ne descend plus sous 7 m).

Les courbes suivantes, dont nous ne doutons pas qu’elles sont représentatives, sont en effet édifiantes
courbe niveau

La courbe supérieure (celle du 11 mars 2016) représente un cas de forte marée. Quand la marée monte, le niveau monte à l’extérieur de la centrale (trait bleu) et quand il dépasse les 7 m, l’eau commence à rentrer à l’intérieur de l’estuaire (trait rouge) on voit que la courbe rouge monte aussi vite que la bleue : EDF ne turbine pas et préfère laisser rentrer le maximum d’eau sans la freiner. Quand la mer baisse, on voit que la courbe rouge baisse plus lentement que la bleue, le turbinage freine l’eau qui sort de l’estuaire.
Peut-être cette faible pente (donc un débit de sortie plus faible que le débit d’entrée) s’explique-t-il par le choix d’EDF de n’utiliser qu’une partie des 24 turbines du barrage. On dit que leur maintenance est coûteuse…
On remarque que le niveau dans l’estuaire n’est pas descendu en dessous de 7 m alors qu’il est descendu à 0 m à l’extérieur….

La courbe inférieure (celle du 1er avril 2016) représente un cas de faible marée, il n’est pas clair qu’EDF turbine dans ce cas. Il semble qu’il faille 4m minimum entre les 2 côtés du barrage pour qu’il soit intéressant de turbiner et cette condition n’était pas réalisée ce jour-là.

L’envasement

Rance Environnement considère que le fonctionnement de l’usine fait se déposer dans l’estuaire 50 000 m3 par an de sédiments (essentiellement venus de la mer) pour un total de 2,5 millions de m3 accumulés depuis la mise en route de l’usine. Le chiffre de 50 000 m3 est une estimation basse tirée des nombreuses études faites soit par EDF soit par le ministère de l’environnement. Et toutes les méthodes d’évaluation dont ils disposent sont cohérentes pour dire que seulement 20% de ces sédiments se seraient déposés dans l’estuaire s’il n’y avait pas l’usine, et que donc 80% sont de la responsabilité d’EDF.

Cette position semble parfaitement logique au vu du fonctionnement actuel de l’usine (et depuis combien de temps fonctionne-t-elle ainsi?). Imaginons que le flot (la marée montante) soit chargé de sédiments (hypothèse crédible pour quiconque s’est un jour baigné dans la Manche…), il entre rapidement dans l’estuaire en y amenant ces sédiments. En revanche EDF fait ressortir cette eau à un débit moindre, la vitesse est moindre et une décantation d’une grande partie des sédiments est plus que vraisemblable.

Rance Environnement émet les cartes ci-dessous pour illustrer le comblement de l’estuaire (extrait de leur lettre d’août 2016 déjà citée)

comblement estuaire

Pourquoi EDF maintient-il le niveau de l’estuaire à 7m ? Une explication possible est que s’il le laissait descendre plus bas l’envasement serait un peu trop visible et les bateaux ne pourraient plus passer. EDF ne semble pas communiquer sur ce point, donc nous n’avons pas trouvé sa justification. Mais si c’est le cas, ça veut dire que l’envasement limite déjà la production (et que ça ne risque pas de s’arranger…).

Un changement de biocénose de plus en plus discuté

Le tableau suivant n’est pas celui de Rance-Environnement. Il a été construit à partir de quelques discussions locales. Il est sans doute très inexact mais il présente l’« impression générale » de quelques usagers sur ce qui a largement disparu et ce qui est apparu.

Avant le barrage

Actuellement

phanérogames

herbiers peu connus

1 herbier de zostères marines réapparu vers 2000 et en croissance lente (colonisé à partir de l’herbier de Dinard, qui après des années difficiles se porte bien)
+ Nombreux herbiers de zostères naines en croissance rapide

mollusques

praires
ormeaux
bigorneaux

dominance de la palourde japonaise (qui semble bien apprécier les granulométries faibles)
coquilles saint-Jacques (suite ensemencement)
seiches

crustacés

Tourteaux
Crabes verts et rouges
crevettes grises

Araignées, étrilles
crevettes rouges (bouquets)
homards (sans doute grâce à la « réserve » totalement interdite de pêche ou de navigation située de chaque coté des turbines)

poissons

Gros migrateurs
(saumons, anguilles)
poissons plats (turbots, plies…)

petits poissons qui passent dans les turbines

On comprend que EDF communique sur la « nouvelle diversité » de l’estuaire, mais changement il y a eu.

Rance Environnement n’a pas encore beaucoup utilisé l’argument du changement de biotope ou de biocénose. Néanmoins, depuis le lancement du classement en Natura 2000 de l’estuaire en 2008, une de leurs remarques a été que le classement ne visait pas un habitat naturel, mais un habitat modifié et instable. Cette remarque n’a pas été prise en compte dans les documents de classement, ce qui les gêne.
Depuis la mise en application du DOCOB (le document d’objectifs de la zone natura 2000) en 2012, Rance Environnement demande une évaluation de l’incidence des pseudo-marées qu’ils appellent les « marées EDF » sur les habitats. En réponse à cette demande, une concertation a été lancée avec tous les usagers en vue d’aboutir à un référentiel des marées. Mais pour eux EDF joue des désaccords entre usagers pour faire traîner et continuer à exploiter le barrage comme ils le souhaitent.

Ce que demande Rance Environnement et où en est le combat

Rance Environnement demande essentiellement un curage des fonds de l’estuaire. Ils se désolent que les curages prévus dans le contrat de baie passé n’aient pas été faits. Ils espèrent un nouvel accord… mais sont échaudés.
Leur discours est que le kWh de la centrale est suffisamment bon marché pour que EDF puisse financer cela. Selon eux, le rajout du curage de l’estuaire ferait passer le coût du MWh de l’usine de la Rance de 46 à 50€, à comparer au coût officiel du MWh nucléaire (50€ aussi, mais comme on le sait ce prix n’intègre ni la gestion des déchets ni le démantèlement des centrales) et à ceux de l’éolien terrestre (82 €) , offshore (220 €) ou du photovoltaïque (plus de 230€).
Elle espère un plan de curage sur 25 ans (25 ans est ce qui reste de concession de l’usine qui est de 75 ans comme pour nos usines de la chaîne de Durance) et c’est la position de l’association officielle CŒUR Émeraude (l’équivalent du GIPREB dont ils font partie et qui semble n’avoir exclu aucune association…) et même de la région Bretagne. En face il y a l’État français et EDF. Les discussions semblent traîner avec les habituelles études à répétitions.

A noter qu’une méthode pour retirer régulièrement des sédiments sans trop d’impact sur les fonds semble avoir été trouvée en Rance. Il s’agit de créer des pièges à sédiments de 3m de profondeur, pas trop loin des chenaux naturels et connectés à ces chenaux. Les nouveaux sédiments iront combler ce trou où on reviendra les aspirer (il semble qu’il vaille mieux travailler par aspiration qu’à la pelle mécanique). Ainsi on ménage les fonds de l’estuaire en dehors de ces pièges.

Comparaison 1 – L’argument financier et l’arme du Droit

Que ce soit pour les usines de Saint-Chamas et de Salon de Provence (pour sauver l’étang de Berre) ou pour la totalité de la chaîne hydroélectrique de Durance, L’Étang Nouveau n’a jamais utilisé l’argument de la grande rentabilité des usines hydroélectriques (c’est de loin le MWh le moins cher à produire, encore plus pour nous que sur la Rance) mais au vu de la difficulté de Rance Environnement à obtenir satisfaction, cet argument ne semble guère avoir porté… Il est vrai que si la rentabilité est beaucoup plus faible qu’annoncé officiellement (production plus faible et faite pas toujours en heure pleine) cet argument s’affaiblit d’autant.

La situation sur l’étang de Berre a été largement résolue par un texte de l’ONU (la convention de Barcelone sur la Méditerranée) grâce à des personnes qui ont su l’utiliser jusqu’à faire condamner la France (seul moyen de faire plier EDF…) et une mobilisation populaire claire quoique divisée.
Sur la Durance nous n’avons pas encore trouvé de texte comparable (la DCE en 2021 ? ) et la mobilisation populaire manque encore. Si la crue de 1994 a fait changer le discours sur la « Durance maîtrisée », l’aménagement global est encore présenté comme une réussite pour la gestion de l’eau agricole et potable, et le problème du transit des sédiments est toujours largement nié ou sous-estimé (les bassins de délimonage et les 69 seuils peuvent déborder de sédiments, et la Camargue reculer – sans oublier les  60 000t qui finissent encore chaque année dans l’étang – ça ne semble pas un problème…)

Sur la Rance ils n’ont pas non plus trouvé de texte juridique adéquat. La gestion des sédiments pose un problème qui semble évident. Les associations semblent avoir les pouvoirs publics locaux de leur côté. Mais la discussion avec l’État sera sans doute difficile en ces temps de difficultés financières. Le fait que la Bretagne soit, comme PACA, une presqu’île dans le réseau électrique français, largement dépendante des régions voisines (et de leur centrales nucléaires) pour son alimentation, n’aidera pas.

Ils espèrent pouvoir utiliser les engagements liés à Natura 2000, éventuellement dans un cadre juridique si les démarches politiques actuelles ne mènent à rien. S’ils devaient en arriver là, ce serait intéressant pour nous de suivre cette affaire, car si l’étang de Berre n’est pas classé natura 2000, la Durance l’est, et présente le même caractère « fortement modifié par EDF » que l’estuaire de la Rance… Pour l’étang de Berre, dans la situation actuelle le biotope ne sera pas comparable à ce qu’il était avant 1966, mais nous acceptons cet « étang nouveau » si la biodiversité atteint un niveau suffisant et… en attendant une modification sur la Durance.

Comparaison 2 – corriger les « monuments nationaux » d’EDF pour les pérenniser

Encore plus que la chaîne hydroélectrique de Durance (à l’exception de Serre-Ponçon), et beaucoup plus que l’usine de Saint-Chamas (sauf du temps du discours de la « Durance domptée » ), l’usine marémotrice de la Rance est un monument national. Toute critique doit d’abord casser au moins un peu le mythe d’une réalisation exemplaire. Mais pour eux comme pour nous, il s’agit d’améliorer et non d’arrêter.

Rance Environnement demande un curage des fonds, et sans doute au bout de ce curage un fonctionnement de l’estuaire plus proche de son fonctionnement naturel, mais sans remettre en cause l’usine. Le curage de l’estuaire peut même être imaginé comme un moyen de pérenniser l’usine. Il s’agit de « sauver l’identité et les usages maritimes de l’estuaire » ET de « sauver la production d’une énergie renouvelable ». Il est vrai que le curage régulier de l’estuaire semble raisonnable (même si un mauvais curage peut être un problème en soi). En tous cas tant d’argent public a été dépensé pour désenvaser le Mont-Saint-Michel voisin que les riverains de la Rance ne comprennent guère que rien ne soit fait pour eux…

La position de L’Étang Nouveau n’est somme toute pas si différente pour la Durance, où notre proposition de transformer la chaîne de Durance en chaîne de STEP permettrait, pensons-nous, de garder l’équipement actuel avec toutes ses qualités, mais en en corrigeant les défauts.

Et notre position sur la situation actuelle de l’étang de Berre n’est pas si différente, puisque la seule limitation de son emploi sans arrêt complet, solution que nous préconisions et qui a été retenue en 2005, permet une amélioration nette de l’écologie de l’étang (zostères, palourdes…), sans doute à un niveau acceptable.

Mais sur la Rance comme sur la Durance, reste à convaincre EDF et l’État (c’est largement la même chose, l’État considérant en général les ingénieurs d’EDF comme des experts impartiaux…). Or EDF a beau être une société publique (possédée à 85% par l’État), on ne voit guère de différence avec une société privée, la rentabilité à court terme prime, et les impacts sur l’environnement sont largement niés, à coup d’études faites par des chercheurs dont elle recrutera une partie… Les actuelles difficultés financières d’EDF (certains parlent de faillite, c’est sans doute excessif, mais EDF ne sera plus à l’avenir la poule aux œufs d’or qu’elle fut, au moins n’a-t-elle plus aucune chance d’être privatisée comme le furent les très rentables sociétés d’autoroute …) ne rendront pas les discussions plus faciles.

Une dernière comparaison pourra faire sourire ou pleurer : apparemment un contrat de baie ou d’étang n’est pas engageant pour ses signataires. Sur la Rance le curage prévu au dernier contrat de baie n’a pas été effectué, et sur l’étang de Berre la réouverture du tunnel du Rove ne sera certainement pas faite…

Publié par : pascal bazile | 23 juillet 2016

Les aménagements éphémères des plages sauvages

Un article (presque) sans paroles.

Les photos ont été prises à Istres, mais de tels tableaux existent évidemment ailleurs autour de l’étang. On en rajoutera si on en prend d’autres…

Les riverains d’un étang dont la biodiversité a été ravagée pour quelques MW de + savent ce que veut dire éphémère…

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Istres Varage juillet 2016

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Istres Varage juillet 2016

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Istres Monteau mai 2013

 

 

 

 

Publié par : pascal bazile | 11 juillet 2016

Après le Big Jump Durance 2016

Le Big Jump Durance 2016 cette année à Cheval-Blanc n’a été ni « big » ni vraiment « jump ». A cause de l’interdiction municipale, que beaucoup de riverains ont comprise comme une annulation de la manifestation, très peu des riverains locaux que nous attendions sont passés. Nous nous sommes retrouvés essentiellement entre militants de longue date ayant compris qu’on « adaptait mais maintenait ».

On s’y prendra différemment en 2017, mais au moins l’administration locale prend-elle peu à peu conscience de l’opération, en comprenant que ce n’est pas une manifestation sportive, mais militante écologiste, et que les risques que nous y prenons, qu’ils soient physiques ou même administratifs, sont très limités et conscients (croyons-nous !).

Pour éviter une verbalisation, nous nous sommes postés non pas en bord de Durance mais au centre du village, entre l’église et une (bonne) boulangerie. Ce lieu stratégique où nous sommes restés de 10h à midi nous a permis d’informer beaucoup d’habitants et de touristes sur le projet local de digue et l’état général de la Durance, et même de faire quelques adhésions !
Nota: les panneaux de 1m x 1m explicatifs de l’opération Big Jump qu’on aperçoit sur la photo sont reproduits en fin d’article.

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En fin de matinée, quelques uns d’entre nous sont allés à la rivière, en optant pour le pont de Mallemort comme l’an dernier pour contourner l’interdiction municipale sur Cheval-Blanc.
Nous y sommes restés le temps d’une baignade militante, de quelques photos également militantes…DSCN1414

..mais aussi et surtout pour prendre un échantillon d’eau pour analyse bactériologique.
L’échantillon a été pris en gros au milieu de la rivière et en retournant le flacon à 30cm en dessous de la surface, selon la norme expliquée par le laboratoire.

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L’échantillon a été analysé (laboratoire Enixus à Martigues), les résultats ont été les suivants:

Bactérie recherchée

Escherichia coli

Entérocoques intestinaux

Nombre trouvé

127 UFC / 100mL

< 15 UFC / 100mL

Interprétation selon norme (voir ici)

Moyen

Bon

Panneaux explicatifs de l’opération Big Jump:

3 de ces panneaux sont anciens, 2 sont neufs suite au passage  « post 2015 », qui était la deadline officielle pour que toutes les masses d’eau atteignent le bon état écologique selon la Directive Cadre sur l’Eau de 2000.  Ces panneaux nous ont été envoyés par l’association SOS Loire Vivante/ERN, qui est le coordinateur européen de l’opération Big Jump (nous ne sommes qu' »organisateur local » comme l’indique une de nos banderoles).

L’opération Big Jump a désormais son site Internet dédié et SOS Loire Vivante a fait un communiqué de presse intéressant pour le Big Jump 2016, notamment en ce qui concerne les « baignades en milieu naturel » (fréquents en Durance durant l’été).

Pour la Durance, une dérogation a été demandée par l’administration française et sa deadline en tant que « masse d’eau fortement modifiée » est 2027. Nous sommes heureux qu’un SAGE Durance soit depuis peu en écriture (finalisation prévue en 2018) mais il nous semble évident que cette rivière n’aura pas atteint  pas le bon état écologique à cette date…

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Publié par : pascal bazile | 9 juillet 2016

Précisions sur le Big Jump Durance 2016

Nous écrivons un nouvel article plutôt qu’une adaptation du précédent sur le sujet pour que les 200 abonnés soient au courant de l’évolution du Big Jump Durance 2016 prévu demain.

Le maire de Cheval Blanc n’a pas autorisé notre rassemblement en bord de Durance. Il est donc possible que des gendarmes nous interdisent l’accès à ce site. Nous devrons peut-être adapter notre rassemblement.

La position du maire, de la sous-préfecture d’Apt et du SMAVD:

Globalement, le maire est responsable sur sa commune. Le rassemblement que nous avons prévu se trouve en aval du déversoir de Mallemort. Nous savons, et les lecteurs de ce blog également, que si EDF fait passer l’ouverture de ce déversoir de 0 à 100% le débit de la rivière augmente de 250m3/s.

Une telle augmentation est effectivement potentiellement dangereuse. Le maire n’a pas donné son autorisation pour cette raison, relayé par le SMAVD, puis par la sous-préfecture d’Apt (voir ce courrier résumant bien la situation: 20160708154746348). Notre responsabilité en cas de problème sera clairement retenue.

Le maire nous a rappelé également l’interdiction de la visite du chantier de la digue, lieu privé (comme beaucoup de chantier).

Risque et but du Big Jump Durance

Évacuons d’abord les incompréhensions dues au terme « Big Jump ». Ce terme semble laisser penser qu’un gros groupe de personnes va se baigner, qu’il s’agit d’une manifestation à risque (on saute d’où? d’un pont?) et éventuellement sportive.

Le terme « Big Jump » n’est pas de notre fait, nous avons pris le mouvement en marche. Ce terme a l’avantage d’être simple pour toute l’Europe. Et il s’agit de se baigner… si possible. Le but est de demander aux élus plus d’efforts pour que la rivière locale respecte les termes de la DCE. Il est donc assez général que les rivières retenues pour les Big Jumps ne respectent pas la DCE, voire même n’aient pas les qualités bactériologiques pour être baignables.

C’est sans doute le cas de la Durance. La seule analyse que nous avons faite (à la Roque d’Anthéron pour le Big Jump Durance 2013) était mauvaise. Nous avons prévu de prendre un échantillon pour analyse ce dimanche, mais nous n’aurons les résultats que quelques jours plus tard. Le premier risque des baigneurs en Durance est d’abord sanitaire.

Dans le cas de la (très) basse-Durance, il se rajoute donc le cas d’une brutale hausse de débit lié au déversoir de Mallemort. Nous ne sous-estimons pas ce risque, néanmoins il est limité dans le cas d’un baigneur qui se baignerait à l’endroit de notre Big Jump 2016: l’endroit choisi ne ressemble guère à un canyon et la distance au déversoir fait que la hausse du débit n’y provoquera pas de vague insurmontable pour un nageur même moyen, qui au pire rejoindra la rive un peu en aval. Nous connaissons suffisamment le cas des chasseurs de Noves de janvier 2014 pour savoir qu’il s’est passé en hiver et que le Big Jump a lieu en été, ce qui fait une différence pour la température de l’eau, même venant du canal… Sans encourager ni surtout organiser de baignade, le rôle de notre association, et du Big Jump Durance, est d’informer sur tout cela, et de chercher des solutions raisonnables (voir les suggestions du collectif pour une Durance + sûre et + vivante).

De ce point de vue, c’est la situation « normale » qui nous intéresse. Il était totalement exclus de notre part, comme imaginé par le SMAVD, d’établir une convention avec EDF pour éviter les lâchers d’eau sur une fenêtre de temps donnée, comme aurait pu le faire une association sportive par exemple.

Notre Big Jump Durance n’est en aucun cas une manifestation sportive, ne sera pas (sauf grosse et bonne surprise pour nous…) un gros rassemblement (on sera content si on est 30…) et se limite à un rassemblement au bord de l’eau, des photos, un stand d’information, un pique-nique et… de la vigilance sur les risques.

Les maires sont désormais largement responsables des accidents qui ont lieu dans l’espace public de leur commune. Cette évolution relativement récente a eu sans doute de bon coté pour les protections collectives et les informations. Elle a cependant son revers: beaucoup d’activités sont désormais interdites par les maires.

En ce qui concerne la Durance, notre discours est que le sacrifice de cette rivière à la production électrique et les restrictions associées des usages récréatifs de la rivière (pêche, baignades, promenade…) ne poussent pas les autorités à améliorer sa situation sanitaire ou écologique. Nous pensons en particulier que les rejets d’eaux non conformes sont nombreux en Durance et en particulier en Basse-Durance, ce que l’analyse d’eau prévue tentera de rappeler.

Le but de notre Big Jump est de rappeler que les usages récréatifs sont restés nombreux sur la Durance* et que plutôt que de les interdire ou de les déconseiller, le respect de la DCE serait le meilleur moyen d’en limiter les risques… Tout le monde y gagnera, les riverains (et les élus volontaires…) et la nature, et sans doute aussi EDF ou Lafarge.

* la meilleure démonstration en a été faite l’an dernier à Mallemort où toute la journée, alors que nous étions bloqués par les gendarmes, des riverains se sont succédé pour se baigner dans la Durance, plus près encore du déversoir que l’endroit que nous avions retenu… (voir cet article)

Le Big Jump Durance 2016 et le chantier de la digue des Iscles de Milan

Le choix de Cheval-Blanc pour le Big Jump Durance 2016 n’a pas été fait sur des critères de fréquentation récréatives (comme en 2013 à La Roque d’Anthéron et 2014 à Lauris) ni sur un point noir de l’aménagement actuel de la Durance (comme le déversoir ou le barrage de Mallemort en 2015 ou le seuil de Callet qui a été imaginé comme lieu possible) mais sur la proximité avec des combats locaux annexes (la digue des Iscles de Milan et le stand de tir en l’occurrence). Notre but est de soutenir ces combats et d’y gagner des soutiens à notre cause plus générale.

L’Étang Nouveau a une culture légitimiste: mobilisation, médiatisation, action en justice… mais en aucun cas de sabotage ou autre. Nous respectons la loi et, à part les « piques-niques baignades » à Martigues-Férrières en 2007 et plus récemment les Big-Jump Durance, nous respectons même les arrêtés municipaux!

La « visite » du chantier de la digue a pour but de montrer la démesure du chantier et d’en dénoncer les vrais buts selon nous, la spéculation sur le foncier, et son corollaire, la disparition de l’espace rural. Rien de plus. Rien de moins.

 

 

 

 

 

Publié par : pascal bazile | 5 juillet 2016

La dynamique des herbiers de zostères avec Google Earth

Vivre avec son temps permet de rester jeune… et parfois de gagner en efficacité !!
Le suivi des zostères de l’étang de Berre, qui nous demandait des trésors d’imagination à base de coupe-branche bricolé ou de recherche de point de haut dégagé, peut être fait (en partie) confortablement depuis son ordinateur, via Google Earth…

Certes avoir plongé sur place nous permet d’affirmer qu’une tache vue sur une image Google Earth est bien une tache de zostères. De ce point de vue, notre travail passé n’a pas été inutile. Il sera bien allégé et deviendra bien plus efficace depuis la découverte de la fonction « historique » de Google Earth (merci Jean-Pierre!)….

Ce fameux logiciel en ligne possède en effet une fonction qui permet d’afficher des vues aériennes anciennes exactement équivalente en cadrage à différentes dates (4 ou 5 dates en moyenne). On peut ainsi voir si une évolution a eu lieu, en tenant compte évidemment de la saison.
Les images Google Earth pour les zostères de l’étang sont plus ou moins nettes, en fonction du vent et des vagues, ou de la limpidité de l’eau. Mais on en trouve souvent 2 ou 3 parfaitement lisibles, et leur discours est particulièrement clair : le retour est net, et s’accélère ces dernières années.

Les zostères du bassin de délimonage de la centrale de Saint-Chamas

Commençons par une photo récente et générale (juin 2015) on distingue 2 herbiers, un au nord (qui dessine une sorte de triangle, que nous avions vu mais pas aussi nettement) l’autre au sud-ouest (que nous n’avions pas suivi)
bassin de délimonage 2015
Si on zoome sur chacun de des 2 herbiers et qu’on remonte le temps, n peut voir comment ils se sont développés.
Voici le nord du bassin en août 2007
zoom nord bassin aout 2007
le même en juin 2015
zoom nord bassin juin 2015

L’herbier du sud-ouest du bassin de délimonage en août 2007
zoom sud ouest bassin aout 2007
le même en juin 2015
zoom sud ouest bassin juin 2015

L’herbier de la pointe de Berre.
Notre blog n’a jamais trop parlé de cet herbier, parce que le GIPREB le faisait. Cet organisme ne nous a jamais répondu quand on lui a demandé l’accès à ses photos aériennes, mais il nous sera inutile de renouveler notre demande…
en décembre 2003
décembre 2003
en décembre 2008
décembre 2008
et en août 2014
août 2014

L’herbier de Vitrolles
On peut encore faire de même avec l’herbier de Vitrolles, juste au nord de la plage.
On peut voir qu’entre 2014 et 2015, il a commencé à coloniser la plage (ce qu’il a continué à faire en 2016)
L’herbier (ou plutôt son absence) en décembre 2008
marettes nord dec 2008
Le même en août 2014
marettes nord aout 2014
et en juin 2015
marettes nord juin 2015

Ailleurs dans l’étang
Mais on peut évidemment scruter des coins de l’étang où nous ne sommes jamais allés, par exemple ce coin entre Vitrolles et Rognac (que vous retrouverez facilement par les coordonnées). Nous estimons la probabilité que ces taches soient des zostères à 99,9%…
en août 2007
rognac-vitrolles août 2007
en août 2014
rognac-vitrolles août 2014
en juin 2015
rognac-vitrolles juin 2015

Conclusion
Les zostères sont un paramètre de suivi de la biologie de l’étang particulièrement intéressant parce qu’il est facile à contrôler sur place…et désormais depuis chez soi en allant sur Google Earth. Nous invitons ainsi nos lecteurs à se faire leur propre opinion sur le retour de ces plantes dans l’étang de Berre.

Le retour des zostères dans l’étang est désormais rapide en certains points et des taches sont apparues ces toutes dernières années sur tout le pourtour (l’ouest n’est pas en reste, il y a des taches tout le long de la plage de Figuerolles par exemple).

Or ces plantes sont considérées comme « ingénieur d’écosystème »: elle le transforme en l’améliorant (en l’oxygénant, en accélérant la décantation des sédiments, entre autres…) et attirent ainsi de nouvelles espèces…

Les chercheurs ont à leur disposition un outil extraordinaire pour décrire ce retour si important et réjouissant.

 

Publié par : pascal bazile | 27 juin 2016

Big Jump Durance 2016 – 10 juillet Cheval-Blanc 10h00

Depuis 2013, notre association organise sur la Durance une opération Big Jump (« Grand Saut » en français…). Ceux qui ne connaissent pas l’opération Big Jump ou pourquoi nous l’organisons dans la Durance trouveront tous les détails en fin d’article.

big-jump-logo-site

Détails du Big Jump Durance 2016

Il aura lieu cette année près du pont de chemin de fer au-dessus de la Durance entre Cheval-Blanc et Orgon. Et pour la première fois, nous ne le ferons pas à 15h comme le reste de l’Europe, mais à 10h00. En effet 15h00 n’est pas vraiment adapté au climat méditerranéen… Nous serons sur place de 9h00 à 12h00.

lieu BJ 2016

Si le soleil tape fort, ce qui est fréquent dans la région en été, nous pourrons nous protéger sous le pont de chemin de fer.

IMG_2988

Pour accéder à ce lieu depuis l’église de Cheval-Blanc, il faut suivre le canal St Julien vers Cavaillon, et tourner à gauche (en passant de la canal) pour aller vers le syndicat des eaux. On arrive au bâtiment du syndicat des eaux après être passé sous les voies de TER. A ce moment il suffit de tourner à droite vers la Durance en suivant la ligne d’Orgon.

vue aérienne annotée

Notre Big Jump est essentiellement un rassemblement en bord de rivière, entre 9h00 et 12h00, avec stand (qui sera peut-être délocalisé en ville pour avoir plus de passage) et discussion, pique-nique…

A 10h00:

  • Ceux qui souhaitent se mettre à l’eau (baignade, kayak…) pourront se réunir pour le faire à 10h00, moment des photos.
  • On prendra aussi 1 ou 2 échantillons d’eau pour analyse : on saura quelques jours après quels risques sanitaires (en plus des éventuelles interdiction administratives) les courageux baigneurs ont pris !!!

Des visites des sites suivants sont prévues ensuite (amenez vos VTT si possible):

  • un stand de tir situé dans le lit majeur de la Durance (donc inondable en temps de crue) et juste à coté d’un champ de captage d’eau potable
  • le chantier de la « digue des iscles de Cheval-Blanc » contre la DUP de laquelle nous avons fait un recours, et contre le chantier de laquelle nous envisageons de faire un recours en référé.

DSCN1299

L’opération Big Jump et l’objectif du bon état écologique

L’opération Big Jump (voir ici) se passe idéalement sur le maximum de rivières et plans d’eau européens le même jour et à la même heure. Cette année c’est le 10 juillet. Il s’agit de se réunir en bord de rivière le plus nombreux possible, et idéalement de se baigner, pour inciter les élus et autres responsables administratifs à faire respecter l’objectif de la Directive Cadre sur l’Eau (DCE). Cet objectif peut se résumer à atteindre le « bon état écologique ». Pour une rivière, ce bon état écologique est atteint si la masse d’eau est en bon état chimique ET en bon état biologique (avec à chaque fois un certain nombre de critères assez précis), et aussi si des critères d’hydromorphologie sont respectés.

Lors de son vote en 2000, l’objectif affiché de la DCE était qu’en 2015 le fameux bon état écologique soit atteint pour toutes les masses d’eau ! Mais au niveau européen, le taux de 50% était à peine atteint (voir cet article). La France reconnaissait être seulement à 45 % en 2009 et nos lecteurs savent qu’en ce domaine, les évolutions sont lentes… En PACA on est à 62%

La Durance sera-t-elle en bon état écologique en 2021?

En tant que masse d’eau « fortement modifiée » notre administration a négocié pour la Durance une dérogation pour repousser sa date d’atteinte du « bon état écologique » à 2021. Dans le contrat de rivière 2008-2014, l’essentiel du budget (180 millions € quand même) était affecté à des travaux de restauration de digues ou de création de nouvelles et non à la restauration écologique de la rivière. Si un SAGE est actuellement en écriture, il n’y a pas à notre connaissance d’études en cours pour remettre plus d’eau dans la rivière qu’actuellement. Il est très facile d’en déduire que le bon état écologique de la rivière ne sera pas atteint:

  • le nombre de seuils restera énorme (68!) et on ne les équipe pas (ou guère) de passes à poissons
  • l’accaparement de l’eau par EDF durera au moins le temps des concessions de 75 (!) ans des différentes centrales hydrauliques de la chaîne. On en aura encore pour 20 ans au moins (25 ans pour celle de Saint-Chamas…)
  • la transformation de la chaîne hydroélectrique en STEP (Pourquoi étudier la faisabilité d’une STEP Durance rev21) que nous aimerions voir étudier, n’est même pas discutée

Le contrat de rivière suivant (2016-2022?) est sans doute suspendu au futur SAGE de la Durance, actuellement en écriture et prévu pour… 2018, et nous ne pouvons qu’espérer que les discussions y soient vives pour que l’état de la Durance s’améliore un jour.

Mais d’ores et déjà nous savons que le combat pour une Durance en bon état écologique sera long et nous pouvons prévoir des « Big Jumps Durance » pendant quelques années, entre autres actions bien sûr…

Le Big Jump est aussi l’occasion de parler de problèmes plus ponctuels ou locaux concernant la rivière. Tout riverain mécontent ou témoin d’une situation inacceptable est invité à venir nous en parler…

Publié par : pascal bazile | 26 juin 2016

Soutien à l’ADER – Tarascon lundi 27 juin 2016 9h

Ce n’est pas notre but premier (qui est l’étang de Berre et la Durance) mais la défense de l’espace rural (contre l’urbanisation et la spéculation…) fait partie de notre objet.
De ce fait, nous connaissons bien l’ADER et notamment l’un de ses coprésidents, Philippe Chansigaud.

image001

Depuis quelques années déjà, l’ADER se bat entre autres contre une construction exécutée par une SCI (représentée par Inès de la Fressange…) qu’elle juge illégale. Et cette illégalité a été reconnue par plusieurs jugements. On imaginera facilement la situation tendue avec la mairie qui a autorisé les permis de construire…

Dernièrement Philippe a distribué des tracts pour communiquer sur cette affaire. Or distribuer des tracts sur la voie publique est interdit par arrêté municipal depuis l’instauration de l’état d’urgence… Philippe se retrouve convoqué au commissariat pour ça.

Tout l’histoire, avec ce dernier épisode, est résumée plus complètement dans ce document de l’ADER: Alerte OPJ-ADER-Fressange

Philippe est donc de ceux dont nous apprécions les combats.
Tous ceux qui souhaitent le soutenir peuvent venir devant le commissariat de Tarascon demain 9h.

L’ADER en quelques liens

Les relations tendues avec les mairies des alentours de Tarascon (entre autres…) ne sont pas d’hier, voir cet article du RAVI qui date de 2012: L’ADER ne ment pas.

Voir aussi ce bon article de Agir pour la Crau : On adhère à l’ADER (L’Étang Nouveau avait cosigné la lettre au préfet).

A noter que la femme de Philippe, avocate, travaille pour L’Étang Nouveau pour l’affaire de la Voguette, et qu’ils étaient tous deux venus à notre Big Jump 2015 sur la Durance qu’EDF avait souhaité empêcher.

 

Publié par : pascal bazile | 19 juin 2016

L’étang qui pétille

Aujourd’hui un article scientifico-énigmatique. Étudier la nature est en effet souvent plus  source de questions que de réponses. Dans ce type d’article, notre ambition est de progresser dans notre compréhension de l’étang, et parfois on récupère des images selon le cas belles, amusantes, inquiétantes…

L’oxygène (?) du Ranquet

Une récente plongée dans le nord du Ranquet (Istres) nous a réservé une belle surprise : les zostères, les algues « pompons rouges » (sans doute Callithamnion corymbosum) et les pontes de vers (en train de sortir) étaient recouvertes de petites bulles parfois encore accrochées, mais s’échappant aussi vers la surface.

On avait l’impression de plonger dans une grande coupe de champagne.

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Quelques dizaines de mètres au sud, dans les herbiers plus récents mais moins denses et surtout dans l’eau quelques degrés plus froide, on n’observait pas le phénomène.

Notre explication serait la suivante. Plus une eau s’échauffe, moins elle peut absorber de gaz et notamment d’oxygène (15mg/L à 0°C, 8 mg/L à 30°C). La courbe est connue et nous l’avons déjà diffusée (voir cet article). Le nord de l’anse du Ranquet était ce jour-là sensiblement plus chaud que les jours précédents, et en plus le soleil y donnait bien, ce qui fait que les zostères et les algues devaient être en pleine photosynthèse. L’eau serait passée en sursaturation en oxygène et s’est mise à pétiller comme une bouteille de champagne ou de limonade qu’on aurait débouchée (dans ce cas c’est du gaz carbonique qui sort, à cause d’une brutale baisse de pression, mais c’est le même phénomène physique de sursaturation).

Pour en être sûr une expérience simple serait possible : récupérer via un gros entonnoir suffisamment de gaz pour remplir un tube à essai, sortir avec le tube à essais (bouché), puis mettre le feu à une brindille quelques secondes, souffler pour éteindre la flamme et introduire la brindille rougeoyante dans le tube à essai : si la flamme repart, c’est que le tube à essai est plein d’oxygène pur !

Nous tenterons cette expérience à l’occasion, mais si un lecteur peut confirmer ou informer notre hypothèse, on est preneur !

Le biogaz (?) de la Romaniquette

Quelques jours plus tôt, lors d’une plongée au nord de la plage de la Romaniquette (Istres aussi), nous étions tombés sur une production de bulles fort différente : elles sortaient du fond, en des points précis. La visibilité n’était pas bonne mais ces points étaient assez nombreux et nous en avons vu une quinzaine sans chercher.

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Ce phénomène apparaissait dans une zone limitée, proche de l’embouchure (par une chute) du canal de Craponne.

Notre interprétation est moins positive que pour le Ranquet : le sédiment de cette zone serait anoxique et il s’y produirait des fermentations avec dégagement de biogaz (méthane essentiellement) qui s’échapperait en points précis (des canaux dans le sédiment).

Pour être sûr que c’est du biogaz, une expérience simple serait possible : récupérer via un gros entonnoir suffisamment de gaz pour remplir un tube à essai, sortir le tube à essai plein de gaz. Le vider à l’envers (le méthane est plus léger que l’air, mais on ne verra rien de toute façon…) dans un récipient plein d’air (« vide » en langage courant), et choisi de façon que son volume soit 10 fois plus grand que celui du tube à essai. Approcher une flamme, si ça explose (du bruit mais pas de risque vu les masses en jeu…) c’est du biogaz ! Plus facile (mais moins drôle), approcher une flamme du tube à essai plein de gaz, si ça fait « pouf » c’est que c’est un gaz combustible (du méthane en grande partie). On peut aussi tenter de sentir le gaz du tube : le méthane n’a pas d’odeur, mais s’il y a des traces de H2S ou de mercaptan (CH3SH) fréquentes dans le biogaz, ces gaz sont faciles à identifier (odeur d’œuf pourri), ces gaz sont toxiques à haute dose, mais là c’est pour le bien de la science !

D’où viendrait dans ce cas la matière organique qui fermente ? Peut-être le sédiment de cette zone, en face de l’ancienne station d’épuration en était-il particulièrement riche et il en reste toujours après 15 (?) ans. Peut-être aussi  cette matière organique vient-elle de riverains indélicats du canal de Craponne. Peut-être y aurait-il une explication naturelle, mais nous y croyons moins.

Là encore, si un lecteur peut nous éclairer de ses connaissances, nous sommes preneurs.

Conclusion

Ainsi va l’étang de Berre, qui peut proposer en quelques jours et en des lieux très proches, des situations très positives… et d’autres moins.

Nous restons cependant beaucoup plus optimistes que le GIPREB sur l’évolution de l’état écologique de l’étang (le bilan 2015 du GIPREB vient enfin de sortir) notamment sur les zostères, seul point où nous pouvons objectivement comparer nos observations et les leurs.

Publié par : pascal bazile | 11 juin 2016

Nos stands du samedi 18 juin: Martigues et St Martin de Crau

Le mois de juin est propice aux manifestations. Nous avons été invités à 2 d’entre elles ce même samedi 18 juin 2016:

Vous pourrez donc nos rencontrer dans ces 2 endroits!

alternatiba 2016 recto

alternatiba 2016 verso

Publié par : pascal bazile | 1 juin 2016

Arrêté préfectoral de fermeture pour le Ball-Trap de Cabannes

Le ball-trap de Cabannes a beaucoup pollué la Durance: nous en avions fait un article sur ce blog, puis porté plainte.

Ce 26 mai (2016) l’arrêté préfectoral ci-joint a été publié au Recueil des Actes Administratifs : Arrêté du 27 mai 2016.

Cet arrêté

  • interdit les activités de tir de manière définitive sur le site.

Il met également en demeure le Cabannes Ball-Trap, dans un délai de 6 mois

  • d’enlever les remblais et les ouvrages en béton (constatés dans un rapport officiel cité)
  • de nettoyer le lit majeur, le lit mineur de la Durance et les atterrissements situés au droit du ball-trap, de tous les déchets d’assiettes de tirs orange fluo et de leurs éclats, des bourres de plastique et des plombs abandonnés.

Une décision administrative très favorable à la Durance, à ses riverains et ses amoureux dont nous sommes.

Cette histoire est sans doute encore loin d’être finie,

  • l’arrêté sera-t-il attaqué par le club ?
  • le club aura-t-il les moyens de payer les travaux demandés ? Que se passera-t-il sinon ?
  • que se passera-t-il si le club est dissous ?

Mais cet arrêté constitue sans nul doute une avancée majeure, dont nous ne pouvons que nous réjouir !

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