Le GIPREB assume de nouveau de nous avoir exclus (mais évolue)

En 2010, une page du site du GIPREB expliquait qu’il intégrait « tous les acteurs [de l’étang] » sauf notre association qui « avait choisi une démarche d’opposition ». Il était ajouté que notre association « défend des thèses sans fondements techniques qui ne résistent pas à une analyse sérieuse et paraissent relever d’une démarche politicienne ».

Cette page avait été assez vite retirée. Elle n’était plus accessible quand, en 2012, nous avions écrit un article à partir d’impressions d’écran de ces pages disparues du site du GIPREB afin qu’une trace existe de ce mensonge. En effet nous n’avions pas choisi de ne pas intégrer le GIPREB, nous y avions été refusés ! C’est plus qu’une nuance….

Depuis, aucune trace de notre association sur le site du GIPREB : nous n’existions pas pour eux…

Le nouveau site du GIPREB présente une nouvelle version de sa genèse et de ce péché originel qu’il semble de nouveau assumer… au moment où il abandonne son objectif de toujours.

Le nouveau site du GIPREB et son volet historique

Depuis quelques mois, le GIPREB a rénové son site Internet. Le fond n’a guère changé, mais nous apprécions quand même que les articles d’actualités (la partie « blog » pourrait-on dire) soient datés, ce qui constitue un progrès. En revanche il ne propose toujours que la dernière mesure de salinité en date, et pas la courbe historique, ce qui est un gros manque de l’avis de beaucoup de nos militants. Mais ce n’est pas le sujet de cet article.

Dans une partie de ce nouveau site, le GIPREB se présente. Dans cette présentation, il y a une partie historique, et à la fin de cette partie historique, un petit texte intitulé L’enfant du désaccord. C’est ce texte qui nous a fait réagir, car nous y sommes traités d’extrémistes.

Ce texte file une longue métaphore : le GIPREB est présenté comme l’enfant plus ou moins désiré de la relation difficile entre l’État (le père) et les collectivités locales (la mère). L’auteur, Elyane Galan, première directrice du GIPREB, indique à la fin de son texte que tous les personnages du texte peuvent être identifiés.

Un des paragraphes (le 7ème) traite de la « formation » du GIPREB (comme l’éducation d’un enfant). Tous les membres des 2 familles de la mère et du père sont invités à participer sauf le petit neveu extrémiste.

Comme aucune autre structure centrée sur l’étang que notre association n’a été maintenue écartée du GIPREB (La coordination des pêcheurs, la seule autre structure à laquelle on pourrait penser, était un organisme syndical qui ne pouvait entrer au GIPREB), notre association est donc qualifiée d’extrémiste dans le site du GIPREB.
C’est une justification nouvelle de notre éviction, jusque là on ne connaissait que

  • « démarche d’opposition [supposée] politicienne » (voir notre article de 2012 déjà cité en introduction)
  • « ils se réunissent dans une cabine téléphonique » (i.e ils sont si peu nombreux que c’est assez grand pour eux) : souvenir personnel de notre président René Benedetto.

Des extrémistes pas si seuls… et suivis par la Commission Européenne

Nous avons toujours pensé que c’est notre opposition au projet de « dérivation des eaux EDF vers la mer ou le Rhône » (projet à notre avis stupide, voir notre article de 2013) qui a motivé l’ostracisme à notre encontre : il s’agissait de présenter « un front uni » au sein du GIPREB pour ce projet…

Mais si nous étions à cette époque la seule association centrée sur la défense de l’étang qui soit opposée au projet de dérivation, nous étions loin d’en être les seuls opposants. En 2003, quand des projets concrets ont fuité dans la presse, nous avons pu vite bâtir un collectif d’opposition. Ce collectif, nommé Collectif Adam de Craponne, rassemblait entre autres les organismes suivants:

Ces structures ont accepté à cette occasion de suivre le petit neveu extrémiste pour éditer la plaquette de juin 2005 la Durance doit retrouver son cours naturel. Cette plaquette proposait de réduire les rejets EDF à 1,2 milliards de m3 par an, en prolongation logique des réductions de 1993 et 1995 qui n’avaient pas apporté d’amélioration suffisante à l’état écologique de l’étang.

Cette nouvelle réduction des rejets fut finalement entérinée fin 2005 à la fin des négociations qui ont suivi la condamnation de la France par l’Europe pour pollution de l’étang de Berre. Nous notons donc que fin 2005 la Commission Européenne et l’État ont suivi les propositions du petit neveu extrémiste !!

Le GIPREB n’a jamais admis d’opposition… mais a fini par reprendre ses idées

Depuis sa création, le GIPREB ne prêchait que la dérivation des rejets EDF : hors de ce projet, point de salut pour l’étang ! Depuis 2010 et son article retiré, notre nom n’a jamais été cité sur leur site Internet. Officiellement, il y avait unanimité totale pour la dérivation. Était-ce que cela n’allait pas dans le sens du projet de dérivation ? Le GIPREB a tardé à admettre les améliorations de l’état environnemental de l’étang entre 2006 et 2017 (notamment le retour des zostères naines) ce que nous lui avons reproché.

Brutalement l’été 2018 et sa crise ont semblé prouver que le fonctionnement actuel (et notamment le niveau des rejets EDF) n’est toujours pas suffisant pour sortir de l’état écologique assez dégradé dans lequel il était naguère et est peut être retombé à cette occasion. Cependant, après 18 ans et sans le début d’un financement pour le projet de dérivation (et avec une opposition qui existe toujours !) ce n’est pas ce projet que le GIPREB a proposé comme solution aux média : il propose désormais de réduire les rejets EDF à 600 millions de m3/an… en prolongation logique de la réduction de 2005!

Cette nouvelle position du GIPREB, que son président ou celui de la coordination L’Étang Marin justifient un peu différemment (voir cet article récent), ressemble bigrement à la position de 2005 du petit neveu extrémiste…

Conclusion

Ça fait drôle d’être de nouveau cité par le GIPREB, même de manière métaphorique comme le petit neveu extrémiste de la famille. On verra si cette partie de leur nouveau site Internet est finalement effacée, comme l’article de 2010 de l’ancien…

Mais ça nous avait fait encore plus drôle le voir proposer fin 2018 une nouvelle réduction des rejets EDF plutôt que la dérivation pour améliorer l’état écologique de l’étang et éviter les crises du type comme de celle de l’été 2018. Quelle évolution !!

A 18-19 ans le GIPREB ferait-il enfin sa crise d’adolescence, en tuant (métaphoriquement!) son père ? Nous savons tous que son père c’est M Andréoni, son éternel président et le plus acharné à défendre le projet de dérivation.

Le GIPREB n’est sans doute pas encore prêt à nous admettre à sa table (on en serait surpris !!), mais il est clair qu’il évolue. Certains enfants mettent du temps à devenir adultes…

Début février dernier (2019) nous avons rencontré la délégation tunisienne (qui a également rencontré le GIPREB) qui doit monter une structure opérationnelle de protection et de réhabilitation du lac de Bizerte. Nos conseils pour eux ont été « N’excluez aucune structure, nous sommes un caillou dans la chaussure du GIPREB » et « La première condition de la durabilité, c’est la démocratie !« .

Un commentaire

  1. excellent article, qui me conforte dans ma position à vos côtés,
    « ON LACHE RIEN ! »
    bonne soirée

    JC PUJOL

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s