La marée verte de Berre L’Etang

Le samedi 2 mars dernier (2019), des adhérents de la commune de Berre-L’Étang nous ont transmis les photos suivantes d’une marée verte survenue dans l’étang de Vaïne (la partie nord-est semi-fermée de l’étang de Berre).

Selon notre propre analyse, les algues de cette marée sont essentiellement des cladophores, mais il avait aussi beaucoup de gracilaires (les algues de notre agar-agar). Cette marée verte était donc en fait rouge-verte.

Que dire de cette marée verte?

On va se concentrer davantage sur les cladophores que sur les gracilaires (peut-être à tort).

Les cladophores sont des algues filamenteuses très légères. Quand elles sont vivantes, en pleine eau, on voit un « pompon » vert cotonneux (voir infra). Si elles sont remontées à la surface, c’est probablement parce qu’elles étaient déjà en décomposition et donc pleines de gaz qui les ont soulevées lentement, mais sûrement.

Les blooms de cladophores, en eaux douces ou en eaux saumâtres (notre cas) semblent assez mystérieux. Certains ont été liés aux apports de phosphore (lac Michigan) mais dans de nombreux endroits ils sont un problème dont on cherche les causes (voir cette annonce du National Trust anglais pour recruter un chercheur sur le sujet). La presse relate parfois des blooms en lagune méditerranéenne (par ex dans les anciens salins de la ville espagnole de Calp en juillet 2013). Dans l’étang de Berre, cette algue est très présente mais son développement arrivait en général plus tard dans l’année, comme en témoigne notre article de 2011, et notre autre de fin mai 2017, dont nous reproduisons une photo ci-dessous (les cladophores ont poussé sur des zostères naines, en épiphyte).

Si on veut chercher des causes immédiates, les hypothèses les plus logiques du bloom pourraient être

  • un relargage de nitrates ou de phosphore d’une station d’épuration (la STEP de la commune de Berre L’Etang n’est pas loin au sud, celle du site pétrochimique pas bien loin au nord, mais ce dernier n’est plus que l’ombre de ce qu’il fut naguère encore) mais nous n’avons aucune information en ce sens
  • le réchauffement rapide des eaux en ce printemps précoce, et la suite du dur été 2018 qui a tué beaucoup d’organismes du fond de l’étang et donc mené au relargage de beaucoup de nutriments. Nous aurions tendance à privilégier cette seconde hypothèse

Une algue qui fait « phosphorer »

Pour finir sur une note positive, on pourra noter que la structure extrêmement fine (à énorme surface spécifique d’échange) de cette algue a poussé des chercheurs suédois à imaginer des batteries fines à partir de la cellulose de ces algues (voir cet article).

Nous n’avons malheureusement pas entendu parler de chercheurs locaux qui travailleraient sur le sujet, mais l’article dit que les chercheurs qualifient ces batteries de « très faciles à faire ». On va essayer au lycée Latécoère et si on y arrive, on vous dira !

Il semble que les chercheurs suédois aient utilisé des feuilles de papier de cladophore pour leur batteries. De fait, cette algue a la particularité de sécher en formant un papier naturel (voir les photos ci-dessous, prises une semaine environ après la marée verte). Encore fallait il penser à utiliser pour des batteries !!

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