Pour un contrôle sanitaire des zones de baignade de la Durance

Le 8 juillet prochain nous organiserons notre 6ème rassemblement « Grand Saut pour la Durance ». Il aura lieu à Lauris comme en 2014, voir l’article précédent.
Cette expérience nous a appris que la baignade en Durance est très populaire les beaux jours venus… mais que contrairement à beaucoup de rivières, on n’y pratique aucun contrôle sanitaire.
Cette situation mériterait un changement que nous avons décidé de demander par une pétition.

Des contrôles sanitaires en Durance… seulement dans des plans d’eau annexe

Si on visite la page du site Internet du Ministère des affaires sociales et de la Santé consacrée à la qualité des eaux de baignade, on remarquera qu’il n’y a que quelques points sur la Durance… ou plutôt près d’elle.
On peut faire la liste de ces points, elle parle d’elle-même:

Un coup d’oeil sur le cas de la rivière Ardèche (par exemple ce site de baignade de Vallon pont d’Arc) montre que les contrôles sanitaires dans les rivières sont possibles

Or nous avons vu des baigneurs « sauvages » en quantité importante à

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et en moindre nombre mais quand même fréquents à

La responsabilité d’EDF vis à vis des lâchers d’eau

Nos lecteurs le savent bien : la Durance a été durement aménagée avec dérivation de l’essentiel de son eau. Donc il ne reste dans le lit naturel qu’un « débit réservé » de quelques m3/s. c’est dans cette eau que se baignent les baigneurs.

Il peut arriver qu’EDF doivent lâcher de l’eau dans le lit naturel. De nombreux panneaux explicatifs l’indiquent:

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Ces dernières années, de tels lâchers d’eau ont provoqué 2 incidents:

  • en janvier 2014 à Noves, 2 chasseurs ont du être secourus par des pompiers (avec de gros moyens) après s’être retrouvés isolés sur une iscle de la Durance par une brusque montée des eaux due à EDF. Cet événement est à l’origine du Collectif pour une Durance + sûre et + vivante » que nous avons initié et qui regroupe 17 associations, notamment de chasse.
  • en mars 2018 à Villelaure, une femme et son fils se sont également retrouvé isolés sur une iscle et n’ont regagné la rive qu’avec l’aide des sapeurs pompiers.

On remarquera que ces 2 incidents ont eu lieu en hiver. En été, l’eau est plus chaude et donc finalement moins dangereuse :

  • En hiver quand l’eau est glacée, une hausse du niveau de l’eau, disons 30 cm, qui isole un promeneur sur une iscle, c’est dangereux : on ne voit plus le fond de l’eau et on hésite à franchir un bras de rivière pas forcément profond mais avec un courant et des galets qui risquent de vous faire tomber dans l’eau
  • la même hausse de 30 cm qui intervient alors qu’on est en train de se baigner, ce n’est pas très dangereux : on nage perpendiculairement au courant et on retrouvera la rive tôt ou tard, un peu en aval mais sans plus. Un baigneur sans être très bon nageur, s’en sortira.

Il est évident que la plupart des baigneurs de la Durance sont conscients des risques de montée des eaux et se baignent en connaissance de cause et considèrent le risque faible pour eux en regard du plaisir à se baigner.

Le contrôle sanitaire, une information relative mais importante

Dans une rivière, l’eau qu’on a contrôlé à un jour J n’est pas celle dans laquelle le baigneur se baigne le jour J+1, J+3 ou J+ 7, surtout s’il y a eu un orage entretemps, ou au contraire juste avant la mesure. Bonne ou mauvaise, l’information est relative. En revanche, si toutes les mesures faites l’année précédente sont bonnes, ou au contraire mauvaises, on a une meilleure idée.

Sur l’étang de Berre, sur les plages où l’eau est contrôlée, des panneaux rappellent les tendances des mesures des années précédentes:

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De telles mesures régulières permettrait de traquer les rejets sauvages d’eau souillée.

Une responsabilité globale des maires vis à vis de la baignade… et un investissement rentable par une bonne communication

Si la baignade est régulièrement pratiquée sur un site de sa commune, la responsabilité du maire est engagée. Cette fiche guide du maire police de baignade émise par l’assureur Groupama le rappelle bien.

Pour la qualité de l’eau, on peut faire confiance à la « sagesse collective » :  si des gens prennent l’habitude de se baigner en aval d’un rejet d’eau souillée, d’autres gens leur diront et la fréquentation s’arrêtera. Si la fréquentation d’un site est haute, la probabilité que la qualité de l’eau soit bonne paraît importante.

Raison de plus pour les maires confrontés à une baignade « sauvage » importante de faire les mesures de qualité sanitaire et d’afficher fièrement les résultats.

Si un maire est inquiet pour la sécurité (noyade, blessures…), nous savons sur l’étang de Berre qu’une cabane de chantier et 2 sauveteurs payés 3 mois (du 15 juin au 15 septembre), ou seulement les weeks-ends d’été, sont largement rentabilisés par une bonne communication qui parfois se fait toute seule : voir ici une page de Trip Advisor pour la plage du Ranquet à Istres, ouverte en 2009.

Un investissement rentable

  • très sûrement pour La Roque d’Anthéron vue la fréquentation actuelle (avant communication)
  • peut-être aussi pour Lauris
  • et d’autres que nous ne connaissons pas ? (écrivez-nous pour nous les indiquer !!)
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Un commentaire

  1. Bonjour Pascal
    L’année dernière pendant le Big Jump il me semble que tu avais prélevé de l’eau afin de procéder à des analyses concernant des traces d’éventuelle pollution à moins que j’ai mal lu .
    Si c’est le cas , que disent les analyses .
    Cordialement AFFRE Jean Claude .

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