Publié par : pascal bazile | 9 juillet 2016

Précisions sur le Big Jump Durance 2016

Nous écrivons un nouvel article plutôt qu’une adaptation du précédent sur le sujet pour que les 200 abonnés soient au courant de l’évolution du Big Jump Durance 2016 prévu demain.

Le maire de Cheval Blanc n’a pas autorisé notre rassemblement en bord de Durance. Il est donc possible que des gendarmes nous interdisent l’accès à ce site. Nous devrons peut-être adapter notre rassemblement.

La position du maire, de la sous-préfecture d’Apt et du SMAVD:

Globalement, le maire est responsable sur sa commune. Le rassemblement que nous avons prévu se trouve en aval du déversoir de Mallemort. Nous savons, et les lecteurs de ce blog également, que si EDF fait passer l’ouverture de ce déversoir de 0 à 100% le débit de la rivière augmente de 250m3/s.

Une telle augmentation est effectivement potentiellement dangereuse. Le maire n’a pas donné son autorisation pour cette raison, relayé par le SMAVD, puis par la sous-préfecture d’Apt (voir ce courrier résumant bien la situation: 20160708154746348). Notre responsabilité en cas de problème sera clairement retenue.

Le maire nous a rappelé également l’interdiction de la visite du chantier de la digue, lieu privé (comme beaucoup de chantier).

Risque et but du Big Jump Durance

Évacuons d’abord les incompréhensions dues au terme « Big Jump ». Ce terme semble laisser penser qu’un gros groupe de personnes va se baigner, qu’il s’agit d’une manifestation à risque (on saute d’où? d’un pont?) et éventuellement sportive.

Le terme « Big Jump » n’est pas de notre fait, nous avons pris le mouvement en marche. Ce terme a l’avantage d’être simple pour toute l’Europe. Et il s’agit de se baigner… si possible. Le but est de demander aux élus plus d’efforts pour que la rivière locale respecte les termes de la DCE. Il est donc assez général que les rivières retenues pour les Big Jumps ne respectent pas la DCE, voire même n’aient pas les qualités bactériologiques pour être baignables.

C’est sans doute le cas de la Durance. La seule analyse que nous avons faite (à la Roque d’Anthéron pour le Big Jump Durance 2013) était mauvaise. Nous avons prévu de prendre un échantillon pour analyse ce dimanche, mais nous n’aurons les résultats que quelques jours plus tard. Le premier risque des baigneurs en Durance est d’abord sanitaire.

Dans le cas de la (très) basse-Durance, il se rajoute donc le cas d’une brutale hausse de débit lié au déversoir de Mallemort. Nous ne sous-estimons pas ce risque, néanmoins il est limité dans le cas d’un baigneur qui se baignerait à l’endroit de notre Big Jump 2016: l’endroit choisi ne ressemble guère à un canyon et la distance au déversoir fait que la hausse du débit n’y provoquera pas de vague insurmontable pour un nageur même moyen, qui au pire rejoindra la rive un peu en aval. Nous connaissons suffisamment le cas des chasseurs de Noves de janvier 2014 pour savoir qu’il s’est passé en hiver et que le Big Jump a lieu en été, ce qui fait une différence pour la température de l’eau, même venant du canal… Sans encourager ni surtout organiser de baignade, le rôle de notre association, et du Big Jump Durance, est d’informer sur tout cela, et de chercher des solutions raisonnables (voir les suggestions du collectif pour une Durance + sûre et + vivante).

De ce point de vue, c’est la situation « normale » qui nous intéresse. Il était totalement exclus de notre part, comme imaginé par le SMAVD, d’établir une convention avec EDF pour éviter les lâchers d’eau sur une fenêtre de temps donnée, comme aurait pu le faire une association sportive par exemple.

Notre Big Jump Durance n’est en aucun cas une manifestation sportive, ne sera pas (sauf grosse et bonne surprise pour nous…) un gros rassemblement (on sera content si on est 30…) et se limite à un rassemblement au bord de l’eau, des photos, un stand d’information, un pique-nique et… de la vigilance sur les risques.

Les maires sont désormais largement responsables des accidents qui ont lieu dans l’espace public de leur commune. Cette évolution relativement récente a eu sans doute de bon coté pour les protections collectives et les informations. Elle a cependant son revers: beaucoup d’activités sont désormais interdites par les maires.

En ce qui concerne la Durance, notre discours est que le sacrifice de cette rivière à la production électrique et les restrictions associées des usages récréatifs de la rivière (pêche, baignades, promenade…) ne poussent pas les autorités à améliorer sa situation sanitaire ou écologique. Nous pensons en particulier que les rejets d’eaux non conformes sont nombreux en Durance et en particulier en Basse-Durance, ce que l’analyse d’eau prévue tentera de rappeler.

Le but de notre Big Jump est de rappeler que les usages récréatifs sont restés nombreux sur la Durance* et que plutôt que de les interdire ou de les déconseiller, le respect de la DCE serait le meilleur moyen d’en limiter les risques… Tout le monde y gagnera, les riverains (et les élus volontaires…) et la nature, et sans doute aussi EDF ou Lafarge.

* la meilleure démonstration en a été faite l’an dernier à Mallemort où toute la journée, alors que nous étions bloqués par les gendarmes, des riverains se sont succédé pour se baigner dans la Durance, plus près encore du déversoir que l’endroit que nous avions retenu… (voir cet article)

Le Big Jump Durance 2016 et le chantier de la digue des Iscles de Milan

Le choix de Cheval-Blanc pour le Big Jump Durance 2016 n’a pas été fait sur des critères de fréquentation récréatives (comme en 2013 à La Roque d’Anthéron et 2014 à Lauris) ni sur un point noir de l’aménagement actuel de la Durance (comme le déversoir ou le barrage de Mallemort en 2015 ou le seuil de Callet qui a été imaginé comme lieu possible) mais sur la proximité avec des combats locaux annexes (la digue des Iscles de Milan et le stand de tir en l’occurrence). Notre but est de soutenir ces combats et d’y gagner des soutiens à notre cause plus générale.

L’Étang Nouveau a une culture légitimiste: mobilisation, médiatisation, action en justice… mais en aucun cas de sabotage ou autre. Nous respectons la loi et, à part les « piques-niques baignades » à Martigues-Férrières en 2007 et plus récemment les Big-Jump Durance, nous respectons même les arrêtés municipaux!

La « visite » du chantier de la digue a pour but de montrer la démesure du chantier et d’en dénoncer les vrais buts selon nous, la spéculation sur le foncier, et son corollaire, la disparition de l’espace rural. Rien de plus. Rien de moins.

 

 

 

 

 

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