Publié par : pascal bazile | 29 avril 2016

Le potentiel du pompage-turbinage

Transformer la chaîne hydroélectrique de la Durance en chaîne à centrales à pompage-turbinage est un vieux projet de l’association, dont nous avons souvent parlé dans ce blog (par ex là). Ce sujet n’a jamais fait l’objet d’un article spécifique, mais on rattrapera ce manque bientôt (rajout du 30 avril 2016 : c’est fait et c’est l’article suivant).

Cette transformation en pompage-turbinage permettrait selon nos réflexions une amélioration considérable de l’état de la rivière, mais nous sommes conscients que les lourds investissements qu’elle induit ne seront engagés que s’ils sont rentables. Le problème est qu’en France le pompage-turbinage n’est aujourd’hui pas rentable, aucune des conditions de la conclusion du rapport Dambrine de 2006 concernant cette technologie:

  • prix du baril de pétrole à 40€,
  • prix de la tonne de CO2 à 27€,
  • baisse du coût du transport de l’électricité de 15€/kW/an

n’étant actuellement remplie (seule la première l’a jamais été).

Mais peut-être cette situation est elle en train de changer. La Commission Européenne a en effet voulu savoir quel était l’avenir et le gisement du pompage-turbinage (et il n’y a pas de fumées sans feu). Ce rapport a été repris par le blog de Cédric Philibert, puis la revue S!lence dans son numéro d’avril, que nous reproduisons ci-dessous.

article sur STEP s!lence-1article sur STEP s!lence-2

En résumé, l’étude faite pour la Commission Européenne conclut qu’il y a un potentiel énorme de nouvelles centrales à pompage-turbinage (comptées en capacité de stockage, ce serait en France de 4090 GWh pour 184 GWh installé actuellement, soit 20 fois plus)

  • en reliant entre eux des barrages existants pas trop éloignés (moins de 20km)
  • en créant de nouvelles retenues de taille limitée (100 000 m3 peuvent suffire selon l’étude, ce qui est largement plus petit que les biefs de la chaîne de Durance) en respectant les règles démocratiques (pour éviter de nouveaux Sivens, même si ce n’était pas le même but…)

Nous reproduisons ci-dessous une figure du potentiel de Pompage-turbinage en Europe. La France a le 4ème gisement raisonnablement réalisable (moins de 20 km) après l’Espagne, la Norvège et le Royaume-Uni (on voit aussi qu’actuellement c’est l’Espagne qui possède le plus de centrales à pompage-turbinage).

PSP-Potential1.png

Conclusion:

L’étude faite par la Commission Européenne arrive à une conclusion qui nous renforce dans nos convictions: le pompage-turbinage est parfaitement réalisable et maîtrisé et un gros gisement existe, mais actuellement les conditions légales et fiscales de sa rentabilité ne sont pas réunies (une partie des centrales à pompage-turbinage actuelles ont été conçues au moment du choc pétrolier de 1973).

Certains militants de notre association ajouteront que les partis actuellement au pouvoir imposent un dogme ultralibéral qui bloque la situation, mais que ces partis ont aussi de plus en plus de mal à convaincre et à gagner les élections…

Mais si la France veut tenir ses engagement de développement de l’électricité d’origine renouvelable, il faudra développer le pompage-turbinage, car c’est encore aujourd’hui, malgré toutes les recherches, la façon la plus logique (et la plus propre) de stocker l’électricité.

Et pour la Durance, on en reparle dans un prochain article…

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Responses

  1. Article brillant (à cause de l’électricité, bien sûr), explicite, et donnant de l’espoir d’aboutir… Merci Pascal.

    Fernand


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