L’étang qui mousse

Rajout de nov 2016 : L’association des Amis de l’étang de l’Olivier a traité également d’un problème similaire (voir ici), parvenant à la même conclusion…

Le jeudi 10 décembre (2015), une ligne de mousse jaunâtre a pu être observée sur l’étang. Ce phénomène semble arriver plusieurs fois par an, parfois avec plus d’ampleur que ce jour-là (certains de l’association se souviennent d’une réunion d’Eco-Relais au Jaï un jour de mistral avec cette mousse en quantité impressionnante). L’article qui suit présente un constat ponctuel (à renouveler), propose quelques réponses et une méthode pour en savoir plus, en espérant motiver des lecteurs à collaborer.

Ce qui a été constaté ce jeudi 10 décembre 2015

Sur la première photo, on voit que la surface de l’eau présente 2 zones assez différentes. La photo a été prise d’Istres, en regardant la centrale EDF de Saint-Chamas. Ce n’est pas visible sur une photo, mais la masse d’eau plus claire progressait. Il est possible, voire probable, que la masse d’eau plus claire avait pour origine la centrale.

Sur la seconde photo, on voit clairement qu’à la limite des 2 masses d’eau, il y a une ligne de mousse blanchâtre. On découvre aussi qu’une ligne plus ancienne a atteint la rive.

Les photos suivantes s’attachent à la ligne de mousse plus ancienne qui avait atteint la rive.

Cette mousse a grossièrement la couleur et la consistance de la mousse de bière. Elle ressemblait fort à celle de ces ces vidéos de 1997 prises sur la côte camarguaise (magie d’Internet…) où ce phénomène semble donc également se produire.

Interprétation

Il semble que les molécules qui forment ces mousses sont appelées mucilages. Ces molécules, souvent des polysaccharides ou des glycoprotéines, brassées dans l’air par l’action des vagues (ou d’une seule vague comme ce jeudi?) peuvent former un gel ou une mousse assez stable. Du mucilage peut être produit par différents micro- et macroorganismes.

Si le phénomène que nous observons périodiquement dans l’étang est le même que celui qui a été étudié dans la mer du Nord, alors le coupable serait l’algue planctonique Phaeocystis. Cette algue peut se développer violemment (blooms), s’enrober de mucus et former des colonies qui s’accumulent (en formant des mousses) lorsqu’elles sont brassées ou agglomérées par les vagues. Même si ce phénomène a été étudié, il semble receler encore beaucoup de questions, notamment sur ses causes.

Si Phaeocystis n’est pas en cause pour les mousses de l’étang de Berre (en supposant qu’elles soient toujours du même type), alors le phénomène est encore plus mystérieux (pour nous en tous cas).

Étudier le phénomène par la science collaborative

Pour vérifier que nos mousses sont bien constituées de Phaeocystis, il suffirait vraisemblablement de

  • prendre un échantillon de mousse
  • le placer sur un microscope pouvant prendre des photos numériques (il en existe désormais de très bon marché, comme par ex celui-ci, qui était utilisé par Pierre Mollo, un spécialiste du plancton, et nous pouvons imaginer que beaucoup d’écoles, de collèges ou de lycée en possèdent des équivalents)
  • envoyer la photo à un des scientifiques qui a étudié le problème en mer du Nord. Par Internet il n’est pas trop difficile de les identifier et d’envoyer ladite photo.

A priori tout cela ne serait pas difficile, mais il faut surtout… être prêt lorsque le phénomène se reproduira (nous-mêmes essaierons de l’être!).

On parle parfois de science collaborative quand un organisme public demande l’aide de la population, comme ce fut le cas pour le GIPREB pour les zostères en 2014, ou comme fonctionne le Medobs-sub dont nous avons parlé dans notre précédent article. Mais on peut tout à fait imaginer que les démarches viennent des particuliers comme nous le suggérons dans le présent article. Si les conclusions d’une telle démarche sont publiées sur Internet (nous proposons de le faire pour tout ce qui concerne l’étang de Berre ou la Durance!) et font progresser tout le monde, nous aurions alors une démarche de science collaborative venant de la base (« bottom-up » en nouveau français!).

C’est une démarche individuelle que nous appelons évidemment de nos vœux. L’étang de Berre change vite et trop peu de biologistes officiels se penchent sur lui à notre avis…

 

 

 

 

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