Publié par : pascal bazile | 14 septembre 2015

Contre le projet de digue de Cavaillon… et pour soutenir Caravane Namasté

Nous vous avons déjà parlé du projet d’urbanisation de la zone de la Voguette entre Cavaillon et Cheval-Blanc (article ici et ici) et de la digue le long de la Durance qui est censé le rendre possible.

projet voguette mars 2014

Le PLU de Cavaillon en révision et la DUP de la digue

Le PLU (Plan Local d’Urbanisme) de Cavaillon est en révision. Une réunion publique a eu lieu le 16 juillet dernier (2015). Les 2 pages tirées du magazine autopromotionel local (PAGE 1 PLU CAVAILLON, PAGE 2 PLU CAVAILLON) parlent du projet de digue sans cacher que son rôle est de permettre l’urbanisation.
Selon notre interprétation des textes d’urbanisme, une digue ne peut en aucun cas rendre constructibles des terrains inondables : ils restent inconstructibles!!
Officiellement la digue doit protéger la voie ferrée (pas la voie TGV, l’autre), mais elle semble bien chère (1M€, chiffrage contrat de rivière) pour un risque bien rare (crue à 6500m3/s). Si la Durance a une telle crue, bien d’autres problèmes surgiront que l’annulation de quelques TER et une éventuelle remise en état de cette voie ferrée. Et la crue de 1994, pourtant à 3000m3/s n’a guère eu d’impact à ce niveau à notre connaissance.
Rappelons que la Durance est une des rivières les plus endiguées de France, avec 3 km de digues par km de rivière. Un tel paradoxe est en effet possible en ajoutant aux digues de rive (parallèles au cours) des digues en épi (perpendiculaires au cours) censée centrer le lit !!! Les digues sont pour nous des fausses solutions avec des vrais désavantages même au moment de la crue:

  • si la digue tient, la rivière ne peut plus s’étaler et le courant est accéléré localement et c’est d’autant plus dangereux pour les communes situées en aval qui voient arriver une crue plus rapide et plus forte qu’avant
  • si la digue cède, l’eau s’engouffre, et la digue fait barrage lors de la décrue.

Le contrat de rivière 2008-2014 reconnaissait qu’il y avait trop de digue sur la rivière, et préconisait d’en réduire le nombre ou au moins la hauteur. Des budgets étaient néanmoins prévus pour la sécurisation des captages d’eau potable locaux et de la ligne SNCF, en visant de résister à une crue de 6500m3/s. Mais la justification par l’urbanisation/spéculation de la Voguette est beaucoup plus crédible, c’est la vraie raison. En tous cas la commune, qui doit financer les travaux à hauteur de 30%, peut chercher à les rentabiliser.

La préfecture a récemment signé la Déclaration d’Utilité Publique (DUP) de la digue de « sécurisation de la ligne SNCF ». En théorie, on pourrait imaginer que les travaux débutent en ce mois de septembre. Notre association, en association avec des riverains, envisage d’attaquer juridiquement cette DUP.

Cette digue ne se justifie pas selon L’Etang Nouveau. Elle est symptomatique de l’aménagement actuel de la Durance, dont nous demandons la refonte globale (plus d’eau dans la rivière, crues moyennes régulières etc…). Et en aucun cas elle ne peut rendre les terres de La Voguette constructibles.

Le groupe de musique Caravane Namasté et la ferme des Terres Promises

De l’avis de nos adhérents qui ont eu la chance de l’écouter, le groupe Caravane Namasté a un bon niveau musical (les écouter ici sur Soundcloud, les regarder ici sur Youtube).

L’association L’Étang Nouveau connaît en effet ce groupe parce qu’il est très impliqué dans le combat pour sauver de l’urbanisation (et d’une supposée spéculation d’Immochan, au moins au début ) les 100 ha de La Voguette, et les garder en agriculture.

Rappelons que la disparition des terres agricoles est un problème qui touche toute la France, et les préfectures ont théoriquement le devoir de limiter les projets d’extension des villes. Mais les villes françaises ont pris l’habitude de boucler leur budget par des projets d’urbanisme. La différence de prix entre un terrain agricole et un terrain constructible est telle que les différents acteurs s’y retrouvent : l’ex-agriculteur qui vend la terre, le promoteur qui l’achète et la ville qui se débrouille pour toucher au passage. Les générations futures, qui n’auront pas forcément les moyens d’acheter comme nous des légumes d’Espagne ou du Maroc, ne s’y retrouvent pas, ni les nappes phréatiques et l’environnement en général. Tout les élus sont en général d’accord pour dire qu’il faut protéger les terres fertiles… sauf sur leur commune. Une variante du syndrome NIMBY en quelque sorte.

Depuis avril dernier (2015) Thomas Viens (chanteur et compositeur du groupe) et quelques autres jeunes aussi pauvres et sans emploi que lui se sont installés sur les terres de la Voguette, en occupant une ferme qu’ils ont rebaptisée « les Terres Promises ». Ils font du maraîchage, et au moins des tournesols (une première récolte de tournesol a eu lieu ce samedi 12 septembre 2015). Ils sont ainsi en première ligne dans ce combat.

Et Caravane Namasté a écrit et enregistré une chanson, « Fils de la terre », inspirée en partie par cette expérience. Le groupe a besoin de 2800 euros pour en réaliser le clip. Ce projet est déposé en financement participatif sur le site Kisskissbankbank. Nous ne pouvons qu’inviter nos visiteurs à le soutenir, même avec des sommes modiques.

pochette fils de la terre

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