Publié par : pascal bazile | 14 juillet 2015

Le Big Jump Durance 2015 a inquiété EDF

Le Big Jump Durance fut bien particulier cette année 2015.

Nous l’avions moins bien préparé, en n’indiquant pas d’heure précise (au début) pour le rassemblement en bord de rivière, et de ce fait les participants sont arrivés en ordre dispersé. Par oubli, nous n’avions pas non plus écrit au maire ou au préfet pour les informer (ce qui avait été fait en 2013, et pour le maire seul en 2014), ce qui a pu inquiéter les autorités plus que de raison. Mais finalement ce fut très intéressant.

Nous avons fait face en effet pour la première fois à 2 arrêtés d’interdiction, l’un municipal d’interdiction générale de baignade, l’autre inter-préfectoral (Bouches du Rhône + Vaucluse) spécifique au Big Jump. Nous publions l’arrêté inter-préfectoral ci-dessous. Celui-ci nous interdisait même l’accès au parking en bord de Durance et une dizaine de gendarmes étaient là avant 15h derrière des barrières pour le faire respecter.

20150712mérindol2 anonyméeIMG_3046IMG_3048IMG_3049IMG_3044nota: sur la carte de l’arrêté inter-préfectoral, la zone hachurée est décalée par rapport à la Durance. erreur de logiciel de dessin, qui montre la précipitation dans laquelle il a été émis…

Nous avons installé notre stand de l’autre coté de la route en plein soleil et le Big Jump Durance 2015 s’est malheureusement (?) largement résumé à ce face à face, la plupart des participants n’en revenant pas de cette interdiction, alors que des baigneurs « hors Big Jump » étaient parfaitement visibles depuis le pont (voir photo un peu plus bas) et n’ont pas été abordés et surtout verbalisés (ce qui nous était promis si nous tentions de faire de même).

IMG_3051 anonymée.JPGphoto stand B Guiraud

Finalement vers 17h30, nous avons plié le stand et une petite troupe de 15 personnes est allée en bord de rivière, coté Mérindol, en amont du pont et donc en amont du point de baignade prévu, mais surtout en face des baigneurs « sauvages » (hors Big Jump) qui sont visibles à l’arrière plan de la 1ère photo ci-dessous.

IMG_3056

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Les gendarmes à ce moment n’étaient plus que 3. Ils n’ont pas appliqué les menaces de verbalisation que l’arrêté permettait et qu’ils avaient parfois proféré lors des échanges pendant le « face à face ».

Que retenir du Big Jump Durance 2015?

  • Nous avons la confirmation que la rivière est très fréquentée par les baigneurs, surtout les chaudes journées d’été. Près du pont de Mallemort, une bonne vingtaine se sont succédé pendant 3 heures de présence en stand (sans compter le gendarme déguisé en baigneur, qui avait placé son beau parasol « bleu réglementaire » à notre lieu de Big Jump et qui a parfois traversé la rivière…)
    De manière générale, les fortes chaleurs de ce début d’été 2015 (depuis début juin) ont, nous semble t-il, fortement augmenté le nombre de baigneurs tout au long de la Durance (il y en avait par exemple la veille un peu au nord de Mirabeau, dans un endroit assez inhabituel)
  • Les baigneurs de Mallemort sont parfaitement conscients du risque que représente le déversoir, comme nous l’ont confirmé des jeunes (au départ des jeunes en scooter arrêtés par les gendarmes juste devant nous…) qui se baignent régulièrement en Durance, et considéraient le risque gérable (déversements rares, bons nageurs, eau déversée pas si froide…). Le risque est logiquement plus grand en hiver pour des chasseurs/promeneurs s’ils s’aventurent sur des iscles quand l’eau est glacée.
  • EDF a eu connaissance de notre Big Jump sans démarche particulière de notre part
  • EDF considère qu’il est très dangereux de se baigner en aval du déversoir de Mallemort et il est bien loin le temps où EDF (et les maires qui en profitaient pour construire dans le lit majeur) communiquaient sur la « Durance domptée »!
  • Les maires de Mérindol et Mallemort considèrent également officiellement ces baignades comme dangereuses, puisqu’ils ont publié un arrêté d’interdiction définitif de baignade sur leur commune
  • Malgré cet arrêté municipal d’interdiction de baignade tout juste publié, et malgré la présence importante de force de l’ordre qui étaient là pour faire respecter l’arrêté préfectoral connexe (spécifique au Big Jump), les baigneurs isolés n’ont pas été verbalisés (sur une troupe de 10 gendarmes, il aurait été aisé et logique d’en détacher 1 pour cela…), et nous serions bien surpris d’entendre qu’un baigneur isolé soit verbalisé cet été ou les prochaines années. Comme à La Roque d’Anthéron, cet arrêté d’interdiction ne sera pas appliqué et n’est là que pour retirer toute responsabilité juridique au maire.

Quelle suite pour L’Étang Nouveau?

Si l’an prochain (et les années suivantes) on veut appuyer sur les contradictions de l’aménagement EDF et des responsabilités actuelles, on n’aura qu’à refaire le Big Jump au même endroit!

D’ici là, nous pouvons (et devons) demander à rencontrer EDF, et notamment son directeur régional qui a signé le courrier à destination de la préfecture qui a motivé l’arrêté inter-préfectoral.

Nous pouvons également demander à rencontrer le maire de Mallemort Mme Hélène Gente-Ceaglio. En effet celle-ci a succédé à M Daniel Conte qui fut maire de 1971 à 2014 et qui reste président du SMAVD. Comme Serge Andréoni pour le GIPREB, Daniel Conte finira par quitter le SMAVD (l’espèce humaine est heureusement à obsolescence programmée…) et les remplacements de présidence sont des bons moments pour lever des blocage qui n’ont que trop duré.

La politique du SMAVD, qui considère que les déversement actuels à Mallemort sont provisoires en attendant la dérivation des eaux EDF vers le Rhône (voir ici sur le site du GIPREB), n’est plus tenable. L’amélioration de l’état écologique (et pas seulement sanitaire) de l’étang de Berre est rapide et même le GIPREB finira par le reconnaître (après le départ d’Andréoni?). Il est évident pour tout autre qu’eux que la dérivation ne se fera jamais.
Les autorités, et notamment le SMAVD même si ce n’est pas explicitement son rôle, doivent réfléchir à comment faire atteindre à la rivière le bon état écologique de la DCE et la rendre parallèlement moins dangereuse hors dérivation EDF.
A long terme nous pensons que la transformation en STEP (Pourquoi étudier la faisabilité d’une STEP Durance rev21), malgré toutes ses incertitudes, doit être étudiée. Que cette hypothèse ait été écartée par le « Plan Durance Multi-usages » (étude locale de 2002) alors qu’elle « méritait un examen approfondi » selon le rapport interministériel « Balland » de 2001 n’est pas acceptable pour nous. Le Plan Durance Multi-Usage est pour nous un rapport bidon fait dans l’urgence pour éviter aux autorités de citer le rapport Balland dont ils appréciaient peu les suggestions. Un bel exemple de dysfonctionnement comme notre belle région en connaît parfois…
A court terme et coût plus réduit, on peut rendre la Durance plus sûre (voir cet article) pour la rendre à ses riverains, qui nous l’espérons pousseront nombreux avec nous pour l’amélioration de son état écologique.

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