Pourquoi le projet de dérivation du GIPREB est inutile (et inepte)

Depuis un peu plus de 2 ans et 60 articles que le présent blog de l’association L’Etang Nouveau existe, le GIPREB a rarement été le sujet de nos articles. Petit rattrapage et démontage en règle de l’éternel projet de dérivation des eaux EDF à travers la Crau que cet organisme ne cesse de présenter comme unique solution pour « sauver » l’étang de Berre…

La raison du présent article est la publication par le GIPREB du n°5 de « Visions d’étang » daté de mai 2013. Ce numéro a été émis à l’occasion de la signature du contrat d’étang. Nous en reproduisons ci-dessous la couverture, l’éditorial (lire surtout le 4ème paragraphe) et la page 14, première page d’un long délire de 8 pages sur l' »étude socio-économique » justifiant la dérivation. Nous ne reproduisons pas entièrement ce document (il ne le mérite pas), mais ce monument de n’importe quoi méritait une réponse. Et trop souvent nous rencontrons des militants, souvent sincères, qui « vendent » la dérivation sans bien y avoir réfléchi (à notre sens). Leurs commentaires s’ils ne sont pas convaincus par cet article, seront les bienvenus.

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Le GIPREB et L’Etang Nouveau:

Pour ceux qui ne le sauraient pas, un précédent article traite de nos rapports. Pour résumer, L’Étang Nouveau est L’association écologiste historique qui a été tenue hors du GIPREB lors de la création de ce dernier en 2000. Il a jusqu’en 2005 été notre problème n°1 (avec EDF). Aujourd’hui il n’est plus dangereux, mais simplement pompeux (parfois ridicule, cet article est sensé le montrer) et peu efficace. Cette critique s’adresse évidemment plus à la tête politique qu’aux employés.

A noter que notre association a fait plusieurs demandes d’intégration du GIPREB (encore récemment). Toutes refusées. Si le GIPREB avait été plus démocratique, il aurait sans doute été plus efficace. Et cela nous aurait évité d’écrire de tels articles et de porter le débat sur le net, avec des mots que nous n’aimons guère nous même.

Les rejets EDF dans l’étang de Berre:

Pour ceux qui ne le sauraient pas non plus, l’état écologique de L’étang de Berre, déjà soumis à une forte pollution industrielle, a été sérieusement dégradé à partir de 1966 par les rejets par EDF des eaux dérivées de la Durance (qui normalement se jette dans le Rhône…). Les pollutions industrielles ont été fortement réduites à partir de 1971, et ne sont plus un problème. Les effluents urbains, autour de l’étang et sur le bassin versant ont été réduits petit à petit et nous les considérons comme sans doute supportables. Restaient les rejets EDF…

Les chiffres sont importants : l’étang de Berre fait 900 millions de m3, et l’eau de la Durance déversée par EDF au niveau de l’usine de Saint-Chamas a été en moyenne entre 1966 et 1992 de 3,6 milliards de m3/an, avec une pointe en 1977 à près de 7 milliards de m3. A ce niveau, l’eau douce est un polluant pour un étang saumâtre, surtout si l’irrégularité des déversements provoque des sauts violents de la salinité.

La centrale de Saint-Chamas qui rejette dans l’étang de Berre est la dernière d’une chaîne qui part de Serre-Ponçon. La chaîne fait environ 2GW (l’équivalent en puissance de 2 tranches de centrales nucléaire). Après la centrale de Mallemort, il aurait été possible de rendre son eau à la Durance (qui elle, a l’habitude de recevoir cette eau) mais il a été décidé de tirer vers l’étang de Berre et de construire 2 dernières centrales à Salon de Provence (100MW) et St-Chamas (150 MW). Dans les années 50 les études d’impact sur l’environnement (aujourd’hui demandées pour toute nouvelle usine) n’existaient pas encore…02a Centrales EDF

Les réductions des rejets EDF du Plan Barnier et le déversoir de Mallemort

En 1993, puis en 1995 (donc longtemps avant la création du GIPREB en 2000) deux limitations successives des rejets d’eau EDF dans l’étang de Berre ont été décidées, à 2,7 puis 2,1 milliards de m3/an.

Ces réductions ont été rendues possibles par le déversoir de Mallemort, qui permet de rendre son eau à la Durance après la centrale de Mallemort.

déversoir054

L’utilisation du déversoir de Mallemort pour limiter les rejets dans l’étang de Berre limite donc la production électrique des seules centrales de Salon de Provence et de Saint-Chamas, soit 250 MW. Pour les autres centrales de la Chaîne, EDF est aussi libre qu’avant.

La création du GIPREB en 2000 et le(s) projet(s) de dérivation.

En 2000 a été créé le Groupement d’Intérêt Public pour la Réhabilitation de l’Etang de Berre (GIPREB, devenu récemment un syndicat mixte) avec pour crédo « zéro rejet dans l’étang et zéro contrainte pour EDF ». Les associations qui n’étaient pas d’accord avec ce crédo n’ont simplement pas été admises en son sein.

C’est donc pour sauver ces seuls 250 MW que le GIPREB a proposé comme solution la dérivation des eaux EDF à travers la Crau (jusqu’au Rhône). Nous proposons ci-dessous les projets sortis entre 2000 et 2003:

dérivations

Le GIPREB a au moins étudié 18 scénarios de dérivations, dont les 3 derniers sont fièrement exhibés sur son site Internet (voir ici)

Notre association a toujours combattu ces solutions. C’est d’ailleurs la vraie raison de notre maintien hors du GIPREB. Outre leur prix exorbitant (2 milliards d’euros selon le dernier chiffrage GIPREB, voir la page « imaginons » scannée en début d’article) et leur délai se chiffrant en dizaine d’années, ces solutions avaient l’énorme défaut, soit de défigurer la Crau  (voir ci-dessous la taille des canaux) et de remettre en cause le réseau d’irrigation à l’origine de l’énorme nappe phréatique de Crau dans laquelle nous sommes nombreux à puiser, soit d’être techniquement risquée (siphon sous l’étang).

travaux EDF sur le canal de dérivation au niveau de Curbans

Comment le GIPREB justifiait il un investissement d’1 ou 2 milliard d’euros pour sauver 250 MW? Le raisonnement, rarement évoqué, est le suivant: EDF a pour ses 2 dernières centrales de Salon et St-Chamas (et les autres de la chaîne de Durance) des concessions de 75 ans. Elles ont dû commencer vers 1966, donc vers 2001 il restait 40 ans de concession. EDF devenu une SA et, raisonnant désormais comme telle, disait: « si l’état veut arrêter ces 2 centrales, il doit me dédommager du manque à gagner », soit :

40 ans x 4000 h/an (en moyenne) x 250 000 kW x 0,05 euros/kWh
= 2 milliards d’euros

On appréciera le raisonnement sachant que c’est le contribuable qui a financé toute la chaîne hydroélectrique de Durance (comme plus tard les centrales nucléaires d’ailleurs) pour le compte d’EDF qui était à l’époque un « service national » et pas encore une SA. Mais ainsi la dérivation à 1 milliard se « justifiait » elle (plus ou moins) : plutôt que de payer 2 milliards à EDF, autant construire la dérivation, un beau grand chantier comme certains élus les aiment tant.

2005 : la condamnation de la France et la nouvelle réduction des rejets

Suite à la plainte de la Coordination des Pêcheurs, une association professionnelle qui ne faisait pas plus partie du GIPREB que la nôtre et avec laquelle nous avons beaucoup travaillé lors de ce combat, la France est condamnée pour le non-respect du caractère marin de l’étang de Berre. Il faut encore rappeler ici que le GIPREB n’est pour rien dans cette condamnation, qui a mené à l’avancée énorme et peut-être déterminante qui suit.

En effet lors des négociations entre la France et la Communauté Européenne qui a suivi la condamnation, il a été décidé d’une expérimentation de 4 ans avec limitation des rejets EDF à 1,2 milliards de m3/an (entre autres contraintes).

Cette nouvelle limitation a été appliquée sans délai et sans investissement… par ouverture (plus souvent et plus grand) du déversoir de Mallemort. EDF s’est assis sur ces prétentions à être indemnisé, mais le GIPREB a continué à « vendre » son projet de dérivation dont la justification financière initiale avait pourtant disparu.

4 ans c’est peu pour un biotope de la taille de l’étang de Berre, et qui a été dégradé si longtemps et si profondément, pour se remettre (et si on arrêtait totalement les rejets EDF, l’étang se remettrait-il plus vite? Sans doute, mais pas prouvé). En 2009 il a été décidé de prolonger l’expérience. Et en cette année 2013 nous en sommes toujours là.

La limitation actuelle des rejets EDF est elle suffisante?

Le GIPREB, ou au moins son président de toujours Serge Andréoni, est convaincu que non (voir plus haut l’éditorial scanné).

Notre association est en général plus optimiste. Et au sein de celle-ci, le rédacteur de cet article est sans doute l’un des plus optimistes. Je suis aussi le seul qui plonge dans l’étang, et qui y plonge souvent. Les articles de la catégorie « biologie » du présent blog sont là pour tempérer, ou au moins relativiser, les publications plus pessimistes du GIPREB, ainsi que pour apporter aux biologistes missionnés par le GIPREB (qui n’ont parfois guère de temps pour faire du terrain) les infos que nous avons et que parfois ils n’ont pas.

Ainsi plusieurs d’entre nous pensent-ils que la limite actuelle des rejets EDF peut permette à l’étang de Berre de redevenir un système sain, avec une grosse diversité et stabilité biologique, une eau limpide, des fonds recouverts de végétaux etc… En tout cas pour nous l’état écologique ne cesse, année après année, de s’améliorer.

Et si elle n’est pas suffisante?

Une dérivation au sens du GIPREB ne serait pas plus nécessaire qu’elle ne l’était pour les réduction de 1993, 1995 ou 2005 : il suffirait d’ouvrir encore plus souvent ou plus grand le déversoir de Mallemort, prévu pour de débit maximal du canal (250 m3/s). Délai et investissement nuls.

La basse Durance peut elle supporter les rejets de Mallemort?

Si on écoute le GIPREB, voire le SMAVD, la réponse est non. La basse Durance ne serait ainsi plus capable de recevoir un débit de … 250 m3/s.

Là encore, le GIPREB n’a pas peur du ridicule en sortant de tels « arguments »: quand la Durance est en crue (3000 m3/s en 1994, voir photo ci-dessous, mais 1500 m3/s assez régulièrement depuis) ça passe par le lit historique de la Durance sans qu’on se pose tant de questions…

la Durance en crue en 1994 : 3000 m3/s
la Durance en crue en 1994 : 3000 m3/s

Ce qui est sûr, c’est que les élus ne sont guère enthousiastes envers tout projet qui prétend remettre de l’eau dans la Durance pour au moins 2 raisons:

  • ils ont laissé parfois largement construire dans le lit majeur, comme ci-dessous la zone industriello-commerciale de Pertuis
    ZI pertuis lit majeur
  • la Durance a été « adaptée » aux faibles débits qu’elle reçoit depuis 1966 : par exemple on a construit 68 seuils (petits barrages qui font des retenues mais qui sont prévus pour être submergés). Ces seuils ont pour but de remonter artificiellement et très localement la nappe phréatique qui sans cela aurait été beaucoup plus basse (alors même que la loi de 1955 disait que si les nappes baissaient, il faudrait remettre de l’eau dans la rivière…) ou permettre des prises d’eau en surface (irrigation…).
    En 2008, le seuil 68 (seuil de Callet, le dernier avant le confluent avec le Rhône) a cédé (vidéo ici) semble t’il à cause de l’augmentation du débit rejeté à Mallemort pour lequel il n’était pas dimensionné. En quelques jours la nappe locale (dans laquelle on pompe pour alimenter semble t’il une partie de l’agglomération d’Avignon) avait perdu quelques mètres. L’ouvrage a été réparé d’urgence, EDF avait été autorisé (par dérogation le temps des travaux ) à rejeter dans l’étang de Berre. Ce seuil est connu des pêcheurs car il est le premier que les poissons migrateurs rencontrent (en butant d’ailleurs dessus) quand ils choisissent de remonter la Durance (source : forum du site de pêche Gobages). Tous ces seuils devront être revus si on augmente le débit en Durance, mais ils devaient de toutes façons être revus pour permettre la migration des poissons…

2 milliards d’euros pour 250MW, c’est rentable?

Dernière question : si la dérivation est inutile pour sauver l’étang de Berre (le déversoir de Mallemort est là), se justifie t’elle comme production d’énergie?

Non, évidemment! Pour comparaison, le revamping de la centrale thermique de Martigues-Ponteau (passage du fuel lourd au gaz) a coûté 500 millions d’euros pour 930 MW. Ce revamping est une bonne comparaison car la centrale de Ponteau est locale et ne pouvait fonctionner parce qu’elle était polluante, ce qui est exactement le cas des centrales de Salon et St Chamas, même si on ne parle pas du même type de pollution. Notre association demandait l’adaptation de Ponteau (voir notre plaquette de 2005 entre autre) et s’en réjouit. EDF a mis le temps mais en a bien vu la rentabilité et a investi (rappelons que c’est désormais une SA) sans rien demander au contribuable.

Manifestement EDF ne considère pas la dérivation rentable (ils ont bien raison!) et demander au contribuable de payer est une gestion de l’argent public très discutable de la part du GIPREB. Surtout que les 250 MW de la dérivation dépendront de l’eau disponible à Serre-Ponçon: une année sèche limitera toujours la production d’une telle centrale, contrairement à une centrale thermique par ex…

D’un point de vue comptable, le débat est donc :  quelle quantité d’eau venant d’EDF l’étang peut il biologiquement admettre? 1,2 milliard de m3/an? 600 millions? 300 millions? 300 millions était la limite donnée par le Conseil Supérieur des Ponts et Chaussée en considérant la seule sécurité électrique (stabilité du réseau en cas d’arrêt brutal d’une tranche de centrale nucléaire quelque part en vallée du Rhône). En tant que contribuable, il faut savoir que réduire encore coûterait de plus en plus cher. En effet il y a des heures (de pointe) où EDF manque de sites de production et doit acheter (fort cher sans doute) les kW manquants à nos voisins (allemands ou suisses en général). Limité à 1,2 milliards de m3 par an, EDF choisit sans doute de turbiner aux moments cruciaux pour lui : les moments où le prix du kWh est maximum, les heures dites « pleines ». La limitation précédente de 2,1 milliards à 1,2 milliards avait coûté moins cher, car elle correspondait à des heures où les kWh étaient vendus moins chers. Si on veut encore réduire les rejets, on attaquera le dur pour EDF et il faut le savoir. Mais l’étang de Berre peut sans doute admettre le turbinage des heures les plus pleines, les plus rentables pour EDF.

Les problèmes de production électrique ne sont pas négligeables, surtout en PACA qui est une région déficitaire. L’Étang Nouveau en est conscient et souhaiterait voir étudier la révision complète de la chaîne hydroélectrique de Durance (voir les articles à ce sujet, par ex ici, ou le diaporama en conclusion). EDF est difficile a convaincre. Sans doute cette société l’a t’elle toujours été mais les incertitudes liées au marché de l’énergie et notamment aux concessions des barrages semblent la rendre encore plus frileuse et autiste.

Conclusion: la dérivation du GIPREB est inutile et inepte, et la Durance est le cœur du problème

Si on doit encore réduire les rejets dans l’étang de Berre, ce qui est loin d’être prouvé, on peut le faire immédiatement et sans investissement par le déversoir de Mallemort.

Néanmoins, contrairement à ce que prétend le GIPREB, l’arrêt des rejets ne provoquerait pas forcément une accélération de l’amélioration actuellement en cours et qui est loin de montrer ses limites à notre avis. De plus, à ce niveau de débit les rejets EDF deviendraient comparables à ceux des rivières (Arc et Touloubre), voire aux déversement des canaux d’irrigation ou aux débordements des stations d’épuration…

Dépenser 2 milliards d’euros pour turbiner 250 MW en heures creuses (puisque actuellement le turbinage en heure pleine est encore possible), de manière de plus aléatoire selon qu’il y aura de l’eau ou pas à Serre-Ponçon est une ineptie, le terme n’est pas trop fort. Croient-ils eux-même à ce projet? On peut en douter, mais il est tellement pratique, et depuis si longtemps, pour dire que « c’est la faute de l’état qui ne veut pas financer »…

Sauver l’étang de Berre est le but historique de l’association, mais nous sommes moins extrémistes que les autres : en 2005 nous ne demandions que la limitation à 1,2 milliards de m3/an et nous ne pensons pas qu’il soit aujourd’hui démontré qu’elle ne soit pas suffisante.

Le plus gros problème écologique et de production électrique de la région est désormais pour nous la Durance (montée dans nos statuts au même niveau d’objet que l’étang de Berre dès 2008), dont le destin est si lié avec l’étang de Berre et pour laquelle beaucoup moins a été fait.

Une amélioration nous semble possible pour la Durance avec amélioration annexe pour l’étang de Berre : la transformation en chaîne à pompage-turbinage de la chaîne de Durance dont nous avons déjà parlé dans ce blog. Outre le fait de remettre de l’eau dans la Durance, elle permettrait pensons nous de pérenniser, de faciliter et peut-être d’augmenter la production électrique régionale (et verte) qui est effectivement un point important. Sur ce thème, nous invitons nos lecteurs à télécharger notre diaporama : Pourquoi étudier la faisabilité d’une STEP Durance rev21. Pour ambitieux et techniquement osé qu’il soit, nous pensons ce projet largement meilleur que les piteux projets de dérivation du GIPREB.

Nous espérons vous en convaincre. Les commentaires à cet article, les followers au blog et les adhérents à l’association sont tous les bienvenus!!!

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5 commentaires

  1. merci Pascal, pour cet exposé limpide, une petite piqure de rappel, ça fait pas de mal, bien que j’ai la plus grande peine à imaginer qu’aujourd’hui, ces projets pharaoniques puissent encore être à l’ordre du jour, ou même seulement dans la tête de certains !

  2. Félicitations pour cet excellentissime article ! Un des plus complet et riche de ce Blog. Celles et ceux qui prendrons le temps de le lire ne seront plus dupés par le discours officiel de dérivation, qui n’est que de la propagande intéressée, éloignée du bon sens écologique, mais aussi économique.

  3. Merci Pascal pour cet article instructif et bien construit qui éclaire les personnes peu informées et celles qui n’ont pas forcément le temps de le faire !!!

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