Publié par : pascal bazile | 30 août 2013

Le projet « Graines de mer » et la restauration écologique de l’anse de Ferrières

L’anse de Ferrières, plage du centre de Martigues sur l’étang de Berre, est belle, nous en avons suffisamment parlé (ici, ici, et par exemple), mais dans un état inacceptable écologiquement et pour les habitants. On en a tellement parlé que La Provence en a fait un bon article de son édition du 20 août dernier (cliquer pour agrandir).

article anse la provence001Toute la page du journal en PDF est ici: LD-anse

Vue la dégradation du fond de cette anse, actuellement et surtout après les travaux nécessaires pour la restaurer, on pourra parler de « terre vierge ». En effet il faudra vraisemblablement retirer « en profondeur » les ancrages existants car en certains points des creux se sont formés mettant ces fers profondément à nu. La sécurité voudrait donc qu’on ne se contente pas de les couper au ras du sable mais beaucoup plus profond pour éviter de nouvelles mises à nu.
La colonisation de cette « terre vierge » résultat de ce chantier pourra être laissée à la nature, ou bien faire l’objet d’une restauration écologique « active ». Cette dernière voie est l’objet de technologies qui sont peu à peu mises au point. par des scientifiques et des sociétés spécialisées.

Le GIPREB connait ce type de techniques, puisqu’il avait invité à son colloque « Lagun’R » de 2011, M James Aronson, acteur reconnu dans le domaine (le début de son intervention ici, et la suite ici, et un livre ici). On peut aussi considérer que les plantations de zostères de juin 2009 étaient de la restauration écologique. Ces techniques, ou peut-être leur évaluation, semblent laisser à désirer puisque des plantations de zostères ont été considérées par les acteurs comme des échecs (Saint Chamas ou Vitrolles par ex) dès 2010 et alors qu’on y trouve désormais de beaux herbiers (voir nos observations ici et ici) .

Le projet « Graines de mer – semer pour la méditerranée »

Ce projet de restauration écologique est soutenu par la ville de La Grande Motte. Il est surtout destiné à restaurer les herbiers de posidonies de cette commune, mais il s’intéresse aussi aux zostères car un étang y est intégré (l’étang de Ponant). C’est un projet ambitieux (350 000 euros sur 3 ans) qui inclut la création d’un banque de graines de phanérogames marines (zostères, posidonies…) issues de 5 pays méditerranéens afin de favoriser et conserver la diversité écologique.

Restaurer écologiquement l’anse de Ferrières serait il une bonne idée?

L’étang de Berre évolue vite (on en reparlera). En cette fin août 2013, pour la première fois à ma connaissance en fin d’été, l’eau est claire. J’attribue cette nouveauté à une concentration beaucoup plus faible en phytoplancton, peut-être liée à la fin du stock de nutriments des sédiments des fonds, ce qui serait une excellente nouvelle. Nous assistions déjà à une reprise des herbiers de zostères, un accroissement de la transparence de l’eau ne peut qu’accélérer le phénomène, voir pousser les zostères à coloniser des fonds plus profond (1,2m maxi env en ce moment).

Donc, même si on retire « violemment » ce qui se trouve au fond de l’anse, la nature recolonisera peut-être « assez vite » cette surface « vierge ».

Néanmoins cette anse pourrait être le lieu d’exploration de techniques de restauration écologique:

  • l’anse est (très) facile d’accès,
  • ce fut un lieu d’un herbier de zostères (Z. noltii) donc une replantation faire partie d’une restauration, avec éventuellement collaboration avec le projet Graines de mer,
  • ce serait bien d’aller vite (plus vite que la nature dans le reste de l’étang? ce serait justement à mesurer…),
  • on pourrait associer les enfants des écoles à la replantation comme pour le projet Graines de Mer,
  • ça développerait une connaissance locale de l’ingénierie écologique marine en général et de la restauration en particulier

Personnellement je serais assez pour. A discuter au sein de l’association et… avec les élus…

A noter que le GPMM a aussi un projet de restauration écologique, beaucoup plus modeste que « Graines de mer » (le budget n’est « que » de 5 millions d’euros), mais qui concerne entre autre l’étang de Berre et a un volet de transplantations d’algues (genre Cystoseira) : le GIREL,

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