Publié par : pascal bazile | 6 juin 2012

Etat écologique de l’étang : proposition au GIPREB d’une expérience de science collaborative

(article modifié le 14 juin suite à notre découverte sur le site du GIPREB des vidéos de « lagun’R »)

Ce 1er juin dernier M Raphaël Grisel, directeur du GIPREB, a tenu une conférence intitulée « Etang de Berre : une lagune sous pression ». J’aurais dû y assister. Je n’ai pas pu (je ne sais même pas si elle a vraiment eu lieu) et c’est dommage, voici pourquoi, ainsi qu’une main tendue à cet organisme avec lequel nous avons des rapports à la fois rares et délicats.

Les relations anciennes et difficiles entre L’Etang Nouveau et le GIPREB

Notre association L’Etang Nouveau a été tenue à l’écart lors de la formation du GIPREB en 2000, et encore en 2006 lors de la formation du Comité d’Etang. Créée en 1988 et encore « félicitée pour son action » par M Andréoni en 1995 ou 1996 (des cartes de vœux l’attestent) alors futur président du GIPREB, notre association a pourtant eu une activité et une longévité rares (voir ce blog ou la rubrique « actualités » du « site Internet historique » en lien pour vous en convaincre) mais nous sommes indépendants…

Du fait de cette non admission non ou mal justifiée, nos rapports avec cet organisme officiel sont emprunts de méfiance. Il arrive même que nous nous demandions s’il compte bien résoudre le problème pour lequel il a été formé. Imaginons en effet que les problèmes de l’Etang de Berre soient résolus, cet organisme n’aurait plus de raison d’être et devrait logiquement être dissout. Perte de pouvoir pour les élus, perte d’emploi pour les employés… Ne vaut il pas mieux pour le GIPREB faire « durer »? Les associations comme la notre, qui se considèrent force de proposition mais aussi contre-pouvoir ou moyen de contrôle des élus, doivent toujours imaginer cette possibilité. Rappelons quand même qu’une des missions essentielles de ce comité était d’écrire un « Contrat d’Etang ». Des versions provisoires sont sorties mais rien n’est encore signé après 6 ans…

Il faut dire que, longtemps, les projets de contrat incluaient les interminables « études de dérivation » (des eaux du canal EDF, par construction d’un nouveau canal à travers la Crau), qui constituaient le vrai point de discorde entre nous et M Andréoni, éternel président du GIPREB et plus ardent défenseur de cette pseudo-solution et des études associées (18, 19 en tout?). Notre opposition à ce projet dès les années 90 est la vraie raison de notre éviction. Mais cette solution « bloque » surtout  » au niveau de l’état supposé apporter l’essentiel du financement. Les projets de dérivation, quelque tracé qu’elle emprunte, sont chiffrés en milliards d’euros, argent introuvable depuis le début (1993) ce qui permet à M Andréoni de dire : « on a trouvé la solution, mais l’état ne veut pas mettre les moyens ». Le blocage du Contrat d’Etang est sans doute là.

Dans cette optique, la réduction « expérimentale » des rejets EDF de 2,1 à 1,2 milliards de m3 par an, négociée en 2004/2005 entre l’Europe et la France après la victoire juridique (condamnation de la France au niveau européen) de la coordination des pêcheurs soutenue par L’Etang Nouveau, pourra t’elle jamais être considérée comme suffisante par le GIPREB? Difficile de l’imaginer tant que M Andréoni en sera président… Dès le début de l’expérience, des discours de M Andréoni assuraient que ce ne pourrait être suffisant…

Rappelons que l’idée d’une telle réduction des rejets venait de l’expérience involontaire et grandeur nature des années 1989 à 1991 qui avaient été des années d’hivers très secs (sans neige en montagne) pendant lesquelles EDF n’avait pu rejeter dans l’Etang que 1,2 milliards de m3 par an env. L’Etang s’était visiblement amélioré, avec notamment le retour en grand nombre des poissons marins, à la grande satisfaction des pêcheurs amateurs et professionnels. On pouvait imaginer qu’une telle réduction pouvait être suffisante. L’expérience de 4 ans décidée en 2006 (et prolongée depuis) vient de là.

Des études officielles pleines d’informations mais aux conclusions à questionner

Pour autant que nous puissions juger, le GIPREB emploie ou collabore avec de bons scientifiques et nous lisons leur rapports avec intérêt.

Certains sont disponibles en ligne (nous ne les recevons pas et ne sommes pas invités aux présentations…):

On trouve aussi en ligne des exposés intéressants, comme ceux tirés des rencontres scientifiques « Lagun’R » organisées par le GIPREB en avril 2011 et qu’il a eu la bonne idée de mettre en ligne:

Mais trop souvent à notre sens, les conclusions des études (ou les discours politiques ou techniques qui se basent sur ces études) sont les suivantes : « on constate des améliorations, mais elles stagnent, on ne se dirige pas vers une lagune stable et saine »… Nous lisons entre les lignes (et parfois dans les lignes) : « il faut donc arrêter les rejets EDF et donc il faut une dérivation ».

Que faire ? Les expériences de science collaborative

La position de L’Etang Nouveau n’est pas non plus très simple: sommes nous si neutres? Nous avons demandé la réduction des rejets au niveau actuel et parfois dit que nous la supposions suffisante… Qui peut se prétendre objectif ?

Comment sortir de cette opposition?

Dans le domaine de l’écologie et notamment des suivis de la nature, les expériences de mise à contribution des amateurs se multiplient. On peut citer les exemple suivants, qui impliquent tous rien moins que le Muséum National d’Histoire Naturelle:

Dès le début de ce blog il y a un an, nous invitions les plongeurs amateurs à plonger dans l’étang pour évaluer eux-mêmes l’évolution de l’Etang (https://letangnouveau.wordpress.com/2011/06/17/plonger-pour-suivre-lamelioration-biologique-de-letang/ ). Cette invitation a été peu suivie, même si des commentaires peuvent se lire qui nous ont parfois amener à reprendre des articles de la catégorie « biologie ».

Nous invitons par contre le GIPREB à lancer auprès des plongeurs-naturalistes-photographes amateurs une opération de science collaborative du type de celles ci-dessus. Ce serait peut-être une façon de dépasser les méfiances pour les amateurs et de décupler les moyens pour les scientifiques du GIPREB.

C’est la suggestion que nous faisons au GIPREB.

Pour illustrer ce point, j’illustre (il est temps!) mon article de 2 photos prises le 1er juin dans l’Etang (côte rocheuses des Heures Claires à Istres) et d’une 3ème:

  • la première concerne un gastéropode du type qui semble s’être multiplié au milieu des moules. Ils sont différents (plus grands) que ceux que j’ai pu voir au milieu des coques à Figuerolles (Martigues) en 2010 et 2011

  • la seconde concerne des petites anémones que l’on peut voir chaque année sur les moules surtout à partir de 3 m de profondeur. L’an dernier je n’en ai plus trouvé à la fin de l’été alors qu’elles étaient nombreuses au début.

  • enfin une photo un peu plus ancienne, mais une rencontre avec une anguille est toujours un plaisir et la photo est belle (plage de Ferrières à Martigues, avril 2012)

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Responses

  1. Félicitations à Pascal Bazile pour son effort d’aller au fond des choses. Je rejoins en bien des points son analyse.

    Qu’il me permette cependant une petite rectification. Fut regardée comme « expérimentale » la réduction des rejets duranciens mise en place dans le cadre du plan Barnier, à savoir rejets solides dans la première phase, liquides et solides dans la seconde phase. En vérité, elle n’avait rien d’expérimental : la réduction des rejets solides s’imposait au concessionnaire en raison d’une usure inquiétante des pales des turbines qui n’appréciaient guère l’eau boueuse venue du Queyras. Le gouvernement avait benoitement laissé les populations riveraines penser que ces mesures, qui allaient dans le bon sens, traduisaient sinon le souci de se plier à la volonté exprimée dans le référendum de 1991, du moins le souci de vérifier l’effet éventuel sur le milieu aquatique.

    L’illusion fut renforcée par la mise en place d’un suivi « expérimental » confié à la Mission de reconquête. Il était en fait étroitement supervisé par les services de l’Etat, le sous préfet d’arrondissement étant chargé de rédiger un rapport annuel. L’infortuné responsable sur le terrain était un jeune scientifique issu du Centre d’Océanologie de Marseille, qui ne disposait d’aucune liberté d’action mais qui fit de son mieux dans ce simulacre d’approche scientifique. Je le recevais régulièrement et l’appréciais beaucoup. On le congédia, mais ses capacités ayant été reconnues, il trouva plus tard un poste qui répondait mieux à ses aspirations légitimes.

    La réduction actuelle des rejets liquides à 1,2 milliard de mètres cubes par an n’est pas non plus « expérimentale ». Elle se fait en vertu d’une décision de justice, spécifiquement l’arrêt rendu le 7 octobre 2004 par la Cour des justice des communautés européennes, à la suite d’une plainte de la Coordination des pêcheurs de l’étang de Berre et de la région, auprès de la DG environnement de la Commission européenne. Le niveau de 1,2 milliard de m3/an a été choisi non pas par le biais de tatonnements successifs, mais en référence aux débits de turbinage de 1989 et 1990, débits exceptionnellement bas en raison des précipitations extrêment faibles observées sur les Alpes du sud au cours de ces deux années consécutives.

    J’ai eu le privilège de servir de conseiller scientifique de la Coordination des pêcheurs, présidée par Jean-Claude Bourgault, successeur de Daniel Campiano qui quelques jours avant de mourir et à bout de forces, avait introduit la plainte auprès de la DG environnement. J’ai donc été en mesure de communiquer avec les instances européennes, de façon indirecte, par le truchement des avocats des pêcheurs. Je travaillais sous la protection discrète d’une personnalité scientifique de haut rang, correspondant de l’Académie des Sciences et mon supérieur direct. Il s’agissait du regretté Professeur Lucien Laubier qui présidait par ailleurs le Comité scientifique chargé d’évaluer le programme de réhabilitation de l’étang de Berre.

    La limite annuelle de 1,2 milliard de m3 a été choisie en octobre 2006. Dans une lettre datée du 26, le responsable des services juridiques de la DG Environnement de la Commission européenne (DG dont le haut commissaire était déjà Georges Dimas) avait exprimé les choses ainsi :

    October 26, 2006

    Dear Professor Imbert,

    Thank you very much for your email addressed to Commissioner Dimas who asked me to answer on his behalf.

    I would like to thank you for the valuable information you provided. This information is very useful in the context of the assessment of the case and we definitely need to rely on scientific expertise in such a complex environmental situation.

    As you know the European Commission is following this case with particular attention and we consider that the judgement of the Court of 7 October 2004 needs to be fully implemented with a significant reduction of freshwater flows in the Etang de Berre. In your email you refered to the levels from 1.23 to 1.43 billions m3/yr during the two consecutive years of drought 1989-1990. Although scientific evidence remains fragile, we do agree that it seems that these levels give a good indication of hydroelectric plant output flows which would be compatible with ecological recovery of the marsh.

    We are currently in close contact with the French authorities and I can ensure you that the Commission will demand that France fulfills all its obligations.

    Yours sincerely,

    Julio Garcia-Burgues
    Head of Unit A2 – Infringements
    DG Environment
    European Commission
    Brussels

    En clair, cette réduction répond à la volonter de forcer les autorités françaises à respecter les obligations que la République française a souscrites en 1976 en signant la Convention de Barcelone et en signant plus tard le Protocole d’Athènes. Ce n’est pas une expérimentation mais bien la conséquence d’une mesure de justice et la décision a été quelque peu hasardeuse, Garcia-Burgues qualifiant de « fragile » son évidence scientifique. Néanmoins, c’est ce qui fut exigé par ceux qu’on appelle avec condescendance les technocrates de Bruxelles. Disons leur merci.

    Il serait illusoire de penser obtenir de la DG Environnement qu’elle aille plus loin et fasse cesser totalement les rejets, comme quelques élus locaux se piquent de vouloir le faire. Le protocole d’Athènes estime en effet que la Convention de Barcelone est respectée si le milieu marin tolère les rejets en dépit de leur nocivité. Or le cas des rejets d’eau douce est très particuier, puisque l’eau douce en soi n’est pas une substance toxique, mais peut seulement nuire par les quantités rejetées en cas d’excès. Il est donc stupide de prétendre interdire le moindre apport d’eau, en se fondant sur la Convention de Barcelone. C’est parler sans savoir, ou vouloir jeter de la poudre aux yeux pour plastronner et impressionner ses électeurs. Passons…

    Est-ce dire qu’il faille en rester là et se contenter de ce qui a été acquis par cette décision de justice ? Ne reste-t-il qu’à distribuer des médailles d’anciens combattants, en veillant à ce que nos mérites soient bien reconnus et claironnés ?

    MA RÉPONSE EST NON.

    Il faut aller plus loin et c’est à l’évidence au GIPREB de le faire, par des approches scientifiques et techniques et si possible enfin par des « démarches participatives ». Très prisées aux Etats-Unis, elles commencent à devenir à la mode de ce côté de l’Atlantique. Pierre-Yves Cousteau, le plus jeune fils du Commandant Cousteau, récemment nommé ambassadeur de l’Union internationale de conservation de la nature, fait de ces méthodes un outil privilégié. Par le biais de son association « Cousteau divers », il propose de les mettre au service des sciences de la mer à l’échelle de la planéte. Alors pourquoi pas à l’échelle de l’étang, autour duquel toutes les conditions semblent réunies ? Il ne tient qu’aux associations riveraines.

    La logique voudrait que soient totalement effacés les inconvénients de la loi n°55-6 du 5 janvier 1955 relative à l’aménagement de la Durance, laquelle déclarait d’intérêt publique les ouvrages destinés à l’irrigation et à « la production d’énergie électrique, une dérivation de la Durance étant établie entre le confluent du Verdon et l’étang de Berre » (TITRE Ier, Art. 1er).

    Au plan technique, la solution m’échappe. Néanmoins, je voudrais revenir sur les coûts avancés dans l’exposé de Pascal Bazile. Dans son jargon, le concessionnaire considère que la puissance cumulée des 23 centrales de la chaîne hydro-électriques est équivalente à celle de deux « tranches » nucléaires. Cela veut dire celle de deux des 58 réacteurs nucléaires électrogènes dont la France est équipée (octobre 2011). La puissance moyenne de ces réacteurs est réputée être 1,1 Gigawatt, leur production unitaire annuelle de 7000 millions de kWh en moyenne et leur coût actualisé de 1,5 milliard d’euros l’unité. Fermer Fessenheim, comme l’a promis le nouveau président de la République française est une mesure qui répond à un souci écologique, mais dont le prix est de 1,5 milliard d’euros. Alors pourquoi hésiter en ce qui concerne notre étang ? N’est-il pas aussi précieux que le Rhin.

    Autre valeur de référence : d’après une estimation effectuée par des experts du génie civil pour le compte du Grand port maritime de Marseille, le coût actualisé d’un ouvrage comme le tunnel du Rove serait de l’ordre d’un milliard d’euros. Alors pourquoi ne pas le rouvrir à la circulation d’eau en faisant le travail proprement au lieu de laisser croupir l’eau infecte de ce canal ? Pourquoi ne pas mettre la dizaine de millions d’euros nécessaire pour requalifier le sédiment bourré d’hydrocarbures, d’organochlorés et de métaux lourds, comme l’a montré une récente étude de risques (IDRA, février 2011) ? Au lieu de cela, on nous propose une approche ultraprudente pour ne pas entraîner la vase, alors qu’il faudrait impérativement draguer et traiter les sédiments pollués pour éviter les transferts via les chaines alimentaires.

    Enfin, selon M. Olivier Ferrand, candidat PS au législatives dans la 8ème circonscription du département il suffirait de 0,5 milliard d’euros pour dériver vers le Rhône les rejets duranciens et rétablir au niveau antérieur la production des centrales de Salon et de Saint-Chamas qui produisaient à elles deux 970 millions de kWh par an, au lieu de 320 depuis les mesures de réduction. On récupèrerait ainsi les 650 millions de kWh perdus par an. Il est vrai que le coût serait équivalent au tiers de celui d’un réacteur nucléaire, pour un gain qui ne serait que le dixième de la production d’un tel réacteur.

    La remise à niveau serait plus de trois fois plus chère en terme de rapport coût-efficacité que dans la filière nucléaire laquelle est pourtant réputée onéreuse. Mais l’étang serait enfin totalement épargné.

    Les riverains de l’étang seraient-ils prêts à recevoir une facture d’électricité trois fois plus coûteuse ?

    Ou bien à accepter une démarche purement mercantile, dans un contexte d’économie ultralibérale ? Tolérer qu’on fasse appel à des investisseurs étrangers qui disposeraient à leur gré de ce nouveau paradis au coeur de la Provence et seraient plus adroits à le rentabiliser ?

    Car, à condition d’offrir un régime fiscal allégé, il n’y aurait certainement pas grande difficulté pour nos édiles à trouver 500 millions d’euros planqués dans un coffre du Lichenstein, de Suisse, voire du Luxembourg…

    À vrai dire une bagatelle… Au fait, combien s’est vendu le domaine Monteau qui domine si majestueusement l’entrée de la baie de St-Chamas ? La référence est intéressante et dans le contexte actuel, l’acquéreur a fait une bonne affaire.

    Et qui est ce veinard probablement très argenté ?

    J’en suis là de mes réflexions et j’avoue ne pas avoir trouvé la réponse aux dernières questions que je viens d’évoquer.

    Merci encore une fois à Pascal et à L’Etang Nouveau.

    Guy Imbert,
    directeur de recherche au CNRS (à la retraite)
    ancien vice-président du syndicat intercommunal de sauvegarde de l’étang de Berre
    membre de l’association L’Etang Nouveau

    dont le logo est un dauphin bondissant dans l’étang, emblème d’une nature retrouvée…

  2. Simple riverain de l’etang mais aussi amoureux de ma région je souhaite vous transmettre un constaT que j’ai fait à l’interieur du tunnel du Rove.Je suis vértitablement mécontent d’observerla tournure que prend le retour à la courantologie du canal du Rove,il est fait des travaux trés honéreux ,inutiles contre nature.Le probléme du Rove doit etre traité comme une marée noir:évacuation des eaux poluées par bateau pompe ensuite ouverture naturelle de la courantologie et rien d’autre


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