Publié par : pascal bazile | 31 décembre 2011

Poissons morts et écologie de l’étang

Mercredi 28 décembre, des centaines d’ Allaches ont été trouvés morts sur des plages de Martigues, St Mitre les remparts et Istres (Ranquet, Varage), au moins.

Il est difficile pour une association comme la notre de mettre en cause l’explication officielle: les allaches, poissons de mer, seraient rentrés dans l’Etang à l’occasion d’un coup de mistral. L’eau se serait ensuite adoucie et refroidie, ce qui leur aurait été fatal (voir par exemple l’article de Maritima : http://www.maritima.info/actualites/societe/martigues/1981/le-mystere-des-poissons-morts.html)

Après l’affaire des loups morts en septembre (voir l’article « Suspicion de malaigue ») où quelques adhérents avaient douté de l’explication officielle, peut-être notre association devrait elle renforcer ses compétences en moyens d’investigation? Nous discuterons de cette possibilité avec les toxicologues P Souvet et L Belzunces lors des journées pour l’agroécologie.

Une suspicion est par exemple venue des travaux actuellement en cours au Ranquet à Istres. Aucun panneau de chantier n’explique ce que sont ces travaux, mais on peut supposer qu’on y travaille sur un des pipes situés au fond de l’étang (question posée, en attente de réponse). La barge est protégée de la houle par des boudins flottants qui peuvent sans doute aussi servir en cas de fuite de produit plus léger que l’eau. On remarquera que ce barrage flottant est ouvert, mais personne ne nous a remonté de problème sur ce chantier. A suivre, néanmoins. Si quelqu’un possède une carte des pipes passant sous l’étang, ça nous intéresse (Nota : depuis l’écriture de cet article, nous avons récupéré cette carte!)

En ce qui concerne les méduses présentes en été dans l’étang, un bon article a été publié il y a quelques jours par la Provence: http://www.laprovence.com/article/web/le-poumon-de-la-mer-sous-haute-surveillance, nous en reproduisons ci-après le passage concernant les méduses de l’étang:

« Vous ne connaissez certainement pas le cténaire. Pourtant, si vous allez du côté de l’étang de Berre, et si vous y regardez de près, vous l’apercevrez. Vous « les » apercevrez, par dizaines certains jours. Ce sont des invertébrés marins, des gélatineux de 5 à 10 centimètres de long, en fait de petites méduses. Et Delphine Botha, maître de conférences au centre d’océanologie de Marseille, en est une des spécialistes reconnues. « C’est une espèce invasive de la Côte Est des États-Unis venue en Europe via la mer Noire, explique- t-elle. Elle a envahi l’étang de Berre depuis 6 ans. Le cténaire est un gros prédateur d’oeufs, de larves et de poissons ; comme il n’a pas d’estomac, il mange quasiment constamment. Il a ainsi mis à mal les pêcheries en mer Noire. Son taux de reproduction est fort. Il peut en plus résister à des périodes de jeune de plusieurs semaines. Et comme il n’y a pas de moyen mécanique pour le retirer de l’étang, le cténaire ne peut qu’y prospérer ». Cténaire, mais aussi pelagia (la méduse urticante qui envahit parfois nos plages l’été), cotylorhiza (en forme d’oeuf au plat) et autre rhopilema (sorte de gros champignon gélatineux pouvant atteindre 80 centimètres de haut), les méduses ont de moins en moins de secrets pour Delphine Botha. « Elles se déplacent selon les vents et les courants. Dans notre région, l’absence de mistral ou au contraire la présence du vent d’Est amènent les méduses sur le littoral ». Une influence plus durable du changement climatique sur la prolifération des méduses n’est pas certain. « Par contre, insiste Delphine Botha, certaines activités humaines, oui, comme la surpêche d’espèces concurrentes des méduses. Car s’il y a de moins en moins de thons, de sardines et d’anchois en Méditerranée, les méduses auront de plus en plus d’aliments, et proliféreront ». Même si la méduse à un rôle dans la chaîne alimentaire, et si certaines de ses substances commencent à être utilisées en médecine, il convient donc de ne pas surexploiter le milieu marin. »


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Responses

  1. Merci Pascal pour ces informations précieuses ! Le doute est en effet plus que permis ?
    Le GIPREB n’a pas fait d’analyses cette fois-ci ? De toute façon comment leur faire confiance vu qu’ils n’ont toujours rien fait d’autre qu’observer depuis qu’ils se sont créés !
    Ils auraient tort de se gêner, vu « l’apathie » de la grande majorité de nos contemporains; comme l’Autruche la tête dans le sable, ils ne veulent même pas voir le danger qui nous menacent tous !
    Si nous en avons la possibilité, oui pour trouver un laboratoire indépendant (ça existe encore aujourd’hui ?) pour faire nos propres analyses. Peut-être avec l’aide de Greenpeace ou du neveu de Cousteau ? A bientôt.
    Bruno

  2. bonsoir,
    Ce que je lis ici ou là me laisse dubitatif.
    – ces sardinelles ne sont pas des poissons volants qui auraient pu être emportés par le mistral dans l »EDB.
    – le canal est quasiment perpendiculaire au sens principal du Mistral donc à priori le vent venant du nord repousse des masses d’eau vers le sud ; nous aurions donc plutôt eu un courant superficiel de l’eau vers la mer, pas le contraire.

    – le dernier paragraphe de l’article de La Provence montre bien que le journaliste Stephane Rossi fait la part des choses et ne prend pas comme argent comptant les conclusions du gipreb nouvelle mouture. Et pour cela il cite justement des chiffres et des constats plutôt contradictoires.
    Donc quelle est la version officielle? Qui la détient?
    Il faut bien reconnaitre que les propositions du gipreb ancienne mouture avec ses dérivations hors bon sens, ne prêtent pas à lui accorder une grande confiance.

    Ceci étant, je n’ai pas du tout la prétention de connaître la raison de cette hécatombe mais l’état visuel d’une eau (ou de l’air) n’est pas une garantie de non nocivité. Exemple: à Lavéra j’ai vu aux rejets aqueux de NC, une zone demi-circulaire (on le voit bien du haut d’une tour) une eau très limpide, des rochers splendides, blancs, pas une plante, pas une algue. pas une tache d’hydrocarbure…Le Cl ne colore pas l’eau c’est un agent blanchissant qui tue.
    A l’inverse des poissons se nourrissent dans la vase (si pas toxique). Donc l’état visuel d’une eau n’est pas un gage de salubrité.

    Quant au froid j’ai des doutes.
    Tous les animaux, comme l’homme, cherche instinctivement un lieu approprié à sa vie ou survie et pour cela ils se déplacent.
    En hiver 1983 (pour ne citer que cette année là car j’ai des photos) le Vieux Port à Marseille, le port de Lavéra, l’EDB ont gelé et à ma connaissance un tel phénomène n’a pas été signalé.

  3. Suite à cette affaire j’ai ressorti un rapport-bilan de 2009. (184 pages)
    On y trouve un schéma montrant que par vent du nord il y a accumulation d’eau au sud qui s’évacue vers la mer par Caronte (pb des vases communicants); ce qui conforte un des mes points de vue.

    En complément au post de Bruno: J’ai constaté (ce que j’avais oublié) que ce rapport de 2009 est cosigné gipreb-edf.
    Quand on sait, et c’est écrit dans notre premier fascicule, que toute solution pour un « zéro rejet dans l’étang » doit passer par une « zéro contrainte pour edf » on voit bien que l’indépendance du gibreb est plus que douteuse.


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